Fils d’un éleveur-agriculteur, Bocar Samba Dièye était bien parti pour prendre la relève de ses parents. Mais le jeune aventurier va tourner le dos à son héritage pour se lancer dans le commerce à la veille de l’indépendance du Sénégal.

Par Diaba TANDIA

Plus de 50 années d’expérience dans le domaine du commerce, ce n’est pas donné à tout le monde. Alors jeune employé dans une entreprise française, il perd son travail en 1957. Alors lui vient l’idée de monter sa propre affaire. «J’ai démarré à Sandaga, avec 1500 francs qui m’ont été donnés comme prêt. En 1958, on nous avait offert des étals dans le marché et, en dépit de ce que semble être une somme modique, j’ai pu m’en sortir», raconte-t-il. Mais il faut dire que ce fut laborieux. Bocar Samba Dièye, les 1500 en poche, s’est rendu à son village natal pour une visite à sa famille. Il y a tout laissé pour rentrer les poches vides. «Et reprendre à zéro», se remémore-t-il dans un entretien accordé à Lii Quotidien.

De l’immobilier…

A son retour à Dakar, Bocar Samba Dièye se lance dans la vente de sous-vêtements en attendant de trouver une autre place. La chance étant de son côté, un ami lui soufle qu’il y avait de la place à Grand-Dakar. «C’était en Juillet. J’ai travaillé là-bas pendant un mois, avant qu’on vienne nous déguerpir et nous proposer l’offre d’une maison». Une offre qu’il a déclinée.

Quelques temps après, il loue une boutique à 4000 F français. «Je suis passé à une location quatre fois plus cher que ce que je payais auparavant. Mes affaires commençais cependant à être florissantes», raconte-t-il. Après avoir amassé assez d’argent, le vieux aventurier se lance dans l’immobilier en s’achetant une maison qu’il revendra plus tard trois fois plus cher. «Le virus m’a piqué et j’ai continué à acheter et à revendre des maisons. Avec le temps, j’ai acquis beaucoup d’expérience dans le domaine et, par la grâce de Dieu, je n’ai jamais eu de problème», se réjouit l’opérateur économique.

… Au commerce du riz

Après plusieurs années de dur labeur, il se lance dans l’importation de céréales; répondant ainsi à l’appel du chef de l’État d’alors, Abdou Diouf qui, en 1985, a encouragé les commerçants sénégalais à l’importation. «Je suis le premier à importer le mil au Sénégal», rappelle-t-il avec fierté.

C’est en 1987 que Bocar Samba Dièye s’est lancé dans l’importation de riz, un domaine dans lequel il a toujours été là référence.

Tout se passe bien pendant plus de trois décennies jusqu’à ce que le vieux opérateur économique soit confronté à des problèmes avec les banquiers. Dans l’affaire qui l’oppose à la Cbao, Bocar Samba Dièye gagne le procès en première instance. Mais des «manœuvres dilatoires» l’obligent à repasser devant le juge d’autre autre instance. Il regagne le procès. Mieux : la Cbao est condamnée à lui verser plus de 7 milliards Cfa.

Une mésaventure dans le long parcours de l’homme au sens des affaires, une vertu qu’il dit avoir enseigné à sa progéniture. Mais une mésaventure qui a failli menacer un patrimoine qu’il s’est patiemment mis à bâtir pendant plus d’un demi-siècle.

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