«Il y a un fossé entre l’offre de travail et la demande de travail. Les emplois décents auxquels tout le monde aspire ne font pas 5% de la totalité.  Et pendant ce temps, la demande de travail constitue une proportion extrêmement importante de la population. La population en âge de travailler augmente à une vitesse exponentielle. Et ce qui est inquiétant, c’est que cette augmentation se fait à un taux croissant. Il y’a quelques décennies, la population en âge de travailler augmentait environ à 150 000, après 200 000, à 250 000. Et si les tendances actuelles se maintiennent, la croissance s’élèvera à 400 000 ou 500 000 personnes. Dans le même temps, la capacité de l’économie à générer des emplois décents reste limitée. Pour dire que l’approche que le président de la République a prise de s’adresser à la question de l’emploi est une approche d’actualité.

Dans notre pays, il y a plus d’emplois à consolider que d’emplois à créer.  Je pense que les statistiques ont été conçues pour permettre des données comparables; mais cela ne rend pas  compte fidèlement de la situation de l’emploi dans le pays.  Au Sénégal, le taux de chômage officiel tourne autour de 12,7%. Dans certains pays, il tourne autour de 3%. Ce qui ne veut rien dire car les gens qu’on considère comme des employés ne se considèrent pas comme tels. La proportion des emplois vulnérables est autour de 75% dans notre pays ; là il s’agit des emplois à consolider.

L’économie a besoin de tous les secteurs. Et booster ces secteurs signifie créer de la  richesse, des emplois, mais aussi faire le constat que les secteurs n’ont pas les mêmes potentialités à générer des emplois.  Les secteurs qui peuvent générer des emplois, on les connaît : l’industrie légère, mais également certains services comme le tourisme. De plus en plus, les Ntic permettent une organisation qui touche tous les secteurs. Dans beaucoup de pays, le métier de taxi est complètement révolutionné par les Ntic, (pays occidentaux, Chine…). La politique industrielle est fondamentale.

Les interventions ciblant des individus doivent progressivement céder le pas aux interventions qui ciblent l’écosystème.  Il faut qu’à chaque intervention,  on vise à quelques 10 000 personnes ou plus. Il y a des écosystèmes sous forme d’entreprenariat social à favoriser et à  encourager».