La capitale sénégalaise, Dakar, accueille du 20 au 22 janvier 2026, une réunion d’experts sur l’accès à une éducation de la petite enfance de qualité. Sous l’initiative de l’Unesco, de l’Afecn, des Organisations onusiennes, de la Cedeao et la Ceeac, en collaboration avec l’Ooas, cette rencontre internationale axée sur le thème : « Accélérer l’éducation et le développement de la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre à l’horizon 2030 et au-delà », se tient sous l’égide du ministère de l’Éducation Nationale du Sénégal.
L’éducation de la petite enfance, considérée comme le socle de tout apprentissage durable, reste l’un des maillons les plus fragiles des systèmes éducatifs en Afrique de l’Ouest et du Centre. Dans cette région, seuls 22 % des enseignants intervenant auprès des jeunes enfants disposent des qualifications requises, selon des données issues d’organisations internationales spécialisées dans l’éducation. Ce chiffre alarmant met en lumière un déficit structurel qui compromet les efforts visant à améliorer la qualité de l’enseignement et à réduire la pauvreté d’apprentissage. Or, les premières années de vie, de 0 à 6 ans, sont déterminantes pour le développement cognitif, social et émotionnel de l’enfant. Une prise en charge éducative inadéquate à ce stade peut avoir des répercussions durables sur l’ensemble du parcours scolaire.
C’est pourquoi, pour investir suffisamment dans la petite enfance, afin d’avoir des encadreurs, des éducateurs de qualité pour cette tranche d’âge, une réunion d’un groupe d’experts se tient dans la capitale sénégalaise, Dakar, du 20 au 22 janvier 2026, pour réfléchir sur les voies et moyens à mettre en place pour atteindre cet investissement. Selon le Directeur régional de l’Unesco pour l’Afrique de l’Ouest, Dimitri Sanga, « si nous parvenons à investir suffisamment dans la petite enfance, pour que nous puissions avoir des encadreurs, des éducateurs de qualité à la petite enfance, cela nous permettra d’avoir, par ricochet, à l’école primaire, secondaire, et à l’Université des étudiants de qualité ».
Pour lui, la petite enfance est « la fondation de tout pays », même si en Afrique de l’Ouest et du Centre, la situation de l’éducation des enfants est particulièrement alarmante, du fait que la région est confrontée aux taux de survie des enfants de moins de cinq (5) ans les plus bas du monde.
En 2020, 32,5 % des enfants souffraient d’un retard de croissance et 72 % risquaient un développement insuffisant en Afrique centrale et 59 % en Afrique de l’Ouest en 2015. « Nous devons faire en sorte que la petite enfance puisse être solide, de telle sorte que les autres niveaux d’éducation puissent bénéficier de cette qualité », a-t-il insisté lors de la cérémonie d’ouverture de cette réunion.
D’après lui, les pays africains font face à de nombreux défis, dont les plus importants sont la croissance de la population de plus en plus jeune, et les problèmes d’insécurité et de changement climatique qui font que les populations sont de plus en plus en mouvement.
Le projet « Accélérer l’éducation et le développement de la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre à l’horizon 2030 et au-delà » a été initié par l’Unesco, le Réseau africain de la petite enfance (Afecn), l’Oms, la Cedeao et la Ceeac, en collaboration avec l’Ooas et l’Unicef et tenu sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale du Sénégal. Il comprend deux segments interconnectés : segment technique englobant la réunion d’experts de Dakar ; et le segment politique qui va démarrer par une conférence ministérielle à la mi-2026 conviant les ministres des gouvernements d’Afrique de l’Ouest et du Centre et les représentants de haut niveau des organisations partenaires et de la société civile à réaffirmer leur engagement, à débattre et à approuver les contributions et les recommandations formulées lors de la réunion d’experts, et à adopter un document ministériel de politique alignée sur les engagements de Tachkent et sur les cadres régionaux.
Ces segments créeront ensuite, la dynamique et les mécanismes nécessaires pour passer du plaidoyer à l’action et à l’investissement afin de s’assurer que l’éducation à la petite enfance inclusive et de qualité devienne une réalité pour chaque enfant de la région, tout en mettant l’accent sur la nécessité d’accélérer les progrès vers 2030 et de façonner l’agenda post-2030.
Dr Lynette Okengo, Directrice exécutive de Afecn, prenant la parole, a appelé les deux régions à avoir un agenda commun afin de ne pas rater l’échéance 2030. « Face à cette situation, nous devons avoir un agenda commun dans les deux régions et faire le nécessaire en se focalisant sur notre stratégie continentale sur l’éducation, 2026-2035 », a-t-elle déclaré.
Venue présider la cérémonie d’ouverture de la réunion d’experts au nom du ministre de l’Éducation empêché, Khady Diop Mbodji, Directrice de cabinet du ministre de tutelle, a fait savoir que : « investir dans la petite enfance, c’est investir dans l’éternité de nos nations ». Pour elle, le Sénégal tend vers une société éducative inclusive et efficiente. « Nous voulons former à l’horizon 2035 un citoyen nouveau, solidement ancré dans ses valeurs africaines et spirituelles, tout en étant armé pour relever les défis du numérique et du développement durable », a-t-elle fait valoir.
Par Idrissa NIASSY































