Les rideaux de la réunion préparatoire de haut niveau de la conférence de l’Onu sur l’eau, qui s’est tenue les 26 et 27 janviers 2026, sont tombés hier. Cette rencontre qui s’est tenue à Diamniadio est un plein succès pour le gouvernement du Sénégal, co-organisateur de cet événement.
Par Idrissa NIASSY
Organisée conjointement par le Gouvernement du Sénégal et les Émirats arabes unis, en collaboration avec les Nations Unies et avec l’appui de nombreux partenaires internationaux, cette rencontre de deux jours a réuni près de 3 000 participants venus de toutes les régions du monde. Responsables politiques, représentants d’organisations internationales, institutions financières, secteur privé, chercheurs, société civile, femmes, jeunes et peuples autochtones ont répondu à l’appel, témoignant de l’urgence mais aussi de l’espoir qui entoure la cause de l’eau à l’échelle mondiale.
Dix ans après l’adoption de l’Agenda 2030, le constat demeure alarmant. Selon le Rapport 2025 des Nations Unies sur les Objectifs de développement durable, 2,2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à des services d’alimentation en eau potable gérés en toute sécurité, 3,4 milliards sont privées de services d’assainissement adéquats et 1,7 milliard ne disposent pas de services d’hygiène de base à domicile. Autant de chiffres qui rappellent l’ampleur du retard dans la réalisation de l’Objectif de développement durable n°6 (Odd 6). À l’approche des cinq dernières années de l’Agenda 2030, la communauté internationale est appelée à intensifier les investissements, l’innovation, la coopération et la volonté politique. C’est précisément l’ambition portée par la Conférence des Nations Unies sur l’Eau de 2026, qui se tiendra en décembre prochain à Abou Dhabi, sous la co-organisation des Émirats arabes unis et de la République du Sénégal.
Une préparation efficace et inclusive
Approuvée par l’Assemblée générale des Nations Unies, l’offre du Sénégal d’accueillir cette réunion préparatoire de haut niveau visait à garantir une préparation efficace et inclusive de la conférence de 2026. Organisée près d’un an avant l’échéance d’Abou Dhabi, la rencontre de Dakar a permis d’examiner les progrès réalisés, d’identifier les retards persistants et d’explorer des pistes concrètes pour accélérer la mise en œuvre des engagements internationaux relatifs à l’eau et à l’assainissement. Clôturant les travaux, le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Dr Cheikh Tidiane Dieye, a salué une réunion « fructueuse à tous points de vue », soulignant la qualité des échanges, la diversité des participants et le caractère inclusif et collaboratif des discussions.
Il a rappelé, par ailleurs, que « la réunion de Dakar mérite pleinement son qualificatif de réunion de haut niveau », tout en exprimant sa conviction que le travail engagé entre Dakar et Abou Dhabi conduira à « un succès historique ». Le ministre de l’Hydraulique a également rendu hommage au président de la République du Sénégal, son Excellence Bassirou Diomaye Faye, dont le message d’ouverture a donné « la hauteur politique nécessaire » aux travaux, en rappelant que « investir dans l’eau, c’est investir dans un bien public mondial ». « Le succès de la conférence de 2026 ne se mesurera pas à la longueur des discours, mais aux millions de vies améliorées, aux emplois créés, aux écosystèmes restaurés et aux financements mobilisés pour faire de l’eau un véritable levier de dignité humaine, de développement durable et de paix », a-t-il conclu.
Trois piliers stratégiques dégagés
Les échanges ont permis de dégager trois piliers stratégiques qui structureront l’action collective en vue de 2026. Il s’agit, premièrement, de l’élaboration d’un cadre cohérent et intégré pour l’eau, appuyé par des dialogues interactifs capables de relier engagements politiques et mise en œuvre concrète. Deuxièmement, les participants ont plaidé pour une plus grande régularité des conférences onusiennes sur l’eau afin d’ancrer durablement cette thématique au cœur de l’agenda international au-delà de 2030.
Enfin, un accent particulier a été mis sur le renforcement de la coordination, des partenariats et des mécanismes de coopération, notamment autour des cinq accélérateurs mondiaux de l’Odd 6 : financements, données, renforcement des capacités, science et innovation, et gouvernance, tout en garantissant l’inclusion des femmes et des jeunes. Au nom de la délégation émiratie, Abdullah Balalaa, ministre adjoint des Affaires Étrangères, a insisté sur la nécessité d’un leadership politique fort, d’un engagement constant et d’une grande capacité d’adaptation. Pour lui, la rencontre de Dakar marque un tournant : « Nous ne débattons plus de ce que ce processus devrait être, mais de la manière dont il doit être mis en œuvre. » Il a appelé à rompre avec le « business as usual » pour faire de la Conférence de 2026 un espace de rupture, d’innovation et de résultats tangibles.
Un esprit de collaboration
Prenant également la parole, Álvaro Lario, président d’Onu-Eau et du Fonds international de développement agricole (Fida), a salué le consensus et l’esprit de collaboration observés à Dakar. Il a rappelé l’importance de sortir d’une approche sectorielle pour intégrer l’eau aux enjeux de l’agriculture, de la santé, de l’industrie et du développement économique, tout en soulignant le rôle central d’Onu-Eau dans la coordination des efforts du système des Nations Unies et l’appui aux actions concrètes sur le terrain.
Au terme des travaux, les participants ont emporté avec eux l’esprit de solidarité, d’unité et d’action qui a animé ces deux journées. La Réunion préparatoire de haut niveau de Dakar ouvre ainsi une fenêtre stratégique d’opportunités, non seulement pour réussir la Conférence des Nations Unies sur l’Eau de 2026, mais aussi pour inscrire durablement l’eau et l’assainissement au cœur des politiques publiques mondiales.































