En prélude à la Conférence de l’Onu sur l’eau qui aura lieu du 02 au 04 décembre 2026 aux Émirats Arabes Unies, une réunion préparatoire de haut niveau se tient du 26 au 27 janvier de l’année courant au Centre international de conférence de Diamniadio, banlieue dakaroise. Cette rencontre de deux jours, est une occasion pour mieux préparer ce colloque.
Par Idrissa NIASSY
Dans un contexte marqué par le changement climatique, la raréfaction des ressources hydriques et la pression démographique, la question de l’eau s’impose comme l’un des défis majeurs du 21ème siècle.
Pour le Sénégal, pays sahélien fortement exposé aux effets du stress hydrique, l’eau n’est plus seulement un enjeu environnemental ou économique : elle est devenue un enjeu diplomatique et géostratégique. C’est dans cette dynamique que le pays s’est résolument engagé sur la voie de l’hydrodiplomatie. Elle repose sur un principe simple : faire de l’eau un outil de coopération plutôt qu’un facteur de conflit.
Le Sénégal a compris très tôt que les défis hydriques dépassent les frontières nationales. Les grands bassins fluviaux partagés, notamment ceux du fleuve Sénégal et du fleuve Gambie, imposent une gestion collective, concertée et solidaire. À travers des organisations comme l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) et l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (Omvg), le pays participe à une gouvernance régionale de l’eau fondée sur : la mutualisation des ressources, le partage équitable des bénéfices, la prévention des conflits hydriques, la solidarité entre États riverains.
Selon le président de la république du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, cette ambition traduit une volonté de faire de l’eau non seulement « un levier stratégique » de transformation sociale, économique et environnementale au service de l’agenda 2063 de l’Union africaine, mais aussi d’en faire une source de paix et de développement et non pas une source de conflit. « L’approche sénégalaise dépasse la simple gestion technique. Elle inscrit l’eau dans une vision de paix durable, de développement partagé et de résilience climatique », a-t-il déclaré.
Pour lui, la variabilité climatique, l’irrégularité des pluies, la salinisation des nappes phréatiques et la dégradation des bassins versants fragilisent l’accès durable à l’eau potable, à l’irrigation agricole et à l’hydroélectricité. Dans les zones rurales comme urbaines, la pression sur la ressource devient structurelle. Face à cette situation, dit-il, « l’eau est désormais perçue comme un facteur de stabilité ou de conflit, capable d’alimenter tensions sociales, migrations environnementales et vulnérabilités économiques ».
Le président de la république présidait hier la cérémonie d’ouverture de la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence de l’Onu sur l’eau qui aura du 02 au 04 décembre 2026, à Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unies. Cette rencontre de deux jours (les 26 et 27 janvier 2026) co-organisée par le Sénégal et les Émirats Arabes Unis, en collaboration avec les Nations Unies, a pour thème : « Accélérer la réalisation de l’Objectif de développement durable numéro 6 : garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable ».
Il a fait part, par ailleurs, que la Conférence de 2026 ne doit pas être une rencontre de plus. « Il doit être un moment de bascule par lequel la communauté internationale agira pour bâtir des réponses inclusives et durables face aux défis de l’eau, du climat, en mobilisant États, collectivités territoriales, secteurs privés, sociétés civiles, scientifiques, communautés locales, jeunes et femmes dans un bel élan de solidarité et de compréhension », a-t-il fait valoir. Et de poursuivre : « elle devra aussi apporter des solutions innovantes, adaptées aux réalités africaines, tout apportant des engagements concrets, mesurables et suivis dans le temps ».
Dans son discours inaugural, le chef de l’État a invité les jeunes à être au cœur des solutions, tout en devenant des porteurs d’innovation, d’énergie et d’espoir. Pour les femmes qui sont en première ligne de la gestion quotidienne de l’eau, il appelle à faire d’elles des actrices du changement.
Abdulla Balalaa, ministre des Affaires Étrangères, Chargé de l’Énergie et de la Durabilité des Émirats Arabes Unis, dans sa prise de parole, a d’abord félicité le Sénégal pour avoir remporté la coupe d’Afrique des nations et de son hospitalité légendaire, avant de faire savoir que « l’eau a toujours été une priorité nationale pour notre leadership au plus haut niveau ». Pour lui, le monde doit s’unir pour soutenir, coordonner et accélérer l’action de l’eau mondiale, pour ne pas risquer de perdre non seulement l’Objectif de développement durable numéro 6, mais aussi de nombreuses priorités mondiales. Il a aussi indiqué que la Conférence des Nations Unies sur l’eau n’est pas un événement. « C’est un processus que nous sommes fiers de travailler avec le Sénégal », a-t-il conclu.































