Le gouvernement du Sénégal, à travers le Millennium Challenge Account-Sénégal II ( MCA-Sénégal II), en collaboration avec la Senelec, a organisé ce mercredi 4 février 2026 une visite de presse sur plusieurs sites stratégiques (postes de Diass, de l’aéroport Léopold Sédar Senghor (Yoff), de Hann et de Kounoune) du Projet de modernisation et de renforcement du réseau de transport d’électricité (Projet Transport).Le projet, d’un montant global de plus de 220 milliards de F CFA, est mis en œuvre dans le cadre du Sénégal Power Compact avec l’appui du peuple américain à travers la Millennium Challenge Corporation (MCC). Les travaux dudit projet sont réalisés à 95%.
La visite a permis de constater de visu l’état d’avancement des travaux réalisés, ainsi que la mise en service progressive de nouvelles infrastructures électriques aux postes de Diass, de l’aéroport Leopold Sedar Senghor (Yoff), de Hann et de Kounoune.
« Les infrastructures mises en service intègrent des équipements de dernière génération incluant des transformateurs de forte puissance, des tableaux électriques 30 KV, des postes 225 KV et des lignes souterraines, permettant d’augmenter significativement les capacités de transit et d’améliorer la stabilité du réseau interconnecté. La mise en service de ces nouvelles infrastructures constitue une étape majeure du Sénégal Power Compact en ce qu’elle permet : d’améliorer immédiatement la disponibilité et la fiabilité de l’électricité, de réduire les interruptions de service ; de sécuriser l’alimentation de zones stratégiques, notamment les plateformes aéroportuaires, les zones industrielles et les zones urbaines à forte demande ;d’anticiper l’évolution de la demande en électricité sur les dix prochaines années ; de soutenir durablement la compétitivité des entreprises ainsi que la fourniture des services sociaux », précise-t-on dans le communiqué remis à la presse.
M. Oumar Diop, directeur général du Millennium Challenge Account Sénégal II, avance : « Aujourd’hui, en termes d’avancement des travaux, nous avons atteint une performance assez remarquable parce qu’on avait cinq années pour mettre en œuvre ce Compact, il nous reste encore sept à huit mois et nous sommes déjà à 95% en termes de réalisation physique ».
Il estime que les postes visités rentrent dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’électricité du Sénégal, le MCC Power Compact, cofinancé par le gouvernement américain et par le gouvernement du Sénégal.
Renforcer la capacité du réseau de Senelec
« Ces postes, aujourd’hui déjà mis en service, donc en exploitation au niveau de Senelec, vont permettre de renforcer aujourd’hui la capacité du réseau de Senelec, mais ce sont des postes également qui amènent une amélioration soutenue en termes de nouvelles technologies, en termes de savoir-faire, en termes d’expertise. Et donc, ce sont des postes qui vont apporter énormément au Sénégal en termes de développement économique. Alors, en termes d’impact d’abord, il faut se dire qu’à un moment donné, le développement économique du Sénégal a exigé que la quantité et la qualité de l’électricité qui est apportée aux industriels et aux ménages soit, disons, apportée à un certain niveau », directeur général du Millennium Challenge Account Sénégal II.
Il a tenu à préciser qu’il y avait déjà moins de coupures. Selon lui, avec ces réseaux et ces postes, les coupures ne seront qu’un vieux souvenir. Et au-delà de ça également, pour les industriels, c’est une meilleure qualité de l’énergie qui est distribuée.
Un investissement de 330 milliards de francs CFA
« Il faut augmenter la production, mais également s’assurer qu’on a le réseau, les postes qu’il faut pour transporter l’énergie, distribuer l’énergie jusqu’au niveau des ménages. Et donc, l’impact du Compact, aujourd’hui un investissement de 330 milliards de francs CFA devrait permettre au gouvernement du Sénégal d’arriver à cet objectif qui est très, très ambitieux mais qui est aujourd’hui en cours de réalisation », souligne M. Diop.
Il poursuit : « Plus particulièrement sur le projet de transport, le coût total du projet est de 220 milliards et à date, nous avons engagé et décaissé 180 milliards de francs CFA. Donc vraiment, en termes de performance, nous allons bien sûr remercier et vraiment considérer Senelec, le ministère de l’énergie, les entrepreneurs, tous les partenaires du projet parce que le projet a connu beaucoup de soubresauts, mais aujourd’hui quand même, on est très en avance dans la réalisation et avant la fin du Compact, l’intégralité des travaux, l’intégralité des infrastructures devraient être mises en œuvre. Le projet a connu des soubresauts vous l’avez dit, le projet a failli, il a même été suspendu pour trois mois, qu’est-ce qui a fait que ce projet a été poursuivi ? Voilà, bien sûr, comme vous le savez tous, au mois de janvier de l’année dernière, l’administration américaine avait décidé à un moment donné de faire la revue de l’ensemble des projets qui sont financés par le gouvernement américain ».
L’intégralité des financements du Compact mise à la disposition du projet
« Donc naturellement, le Compact a fait l’objet de revue, mais la chance que nous avons eue au Sénégal, la suspension n’a duré en réalité que trois mois, parce qu’au mois de mars déjà, nous avons eu exceptionnellement, vraiment une exception de l’administration américaine, qui nous a permis de reprendre les travaux. Bien sûr, je pense que dans les deux mois qui suivent, suite à l’invitation du président du gouvernement américain, M. Donald Trump, une discussion a eu lieu avec le président Bassirou Diomaye Faye, et à la suite de cette discussion, le gouvernement américain a mis à notre disposition l’intégralité des financements du Compact. Et depuis lors, aujourd’hui, nous sommes en phase de réalisation, et c’est ça qui permet aujourd’hui d’avoir les résultats que nous avons », a souligné M. Diop.
Il rajoute : « En termes de perspectives, on va dire déjà la partie transport, dans les sept à huit mois, on va terminer. Maintenant, il y a deux autres projets qui sont extrêmement importants également. Le projet d’accès, c’est dans les zones rurales et dans les zones périurbaines. Nous avons déjà commencé, déjà le mois passé, les mises en service au niveau des villages. Également, nous avons commencé les travaux de mise en qualité, d’augmentation de la qualité du réseau au niveau national ».
Et M. Diop de conclure : « Et normalement, l’ensemble des villages devraient être électrifiés au plus tard le mois d’août de cette année-ci. Bien entendu, la troisième activité, qui est très importante également, qui correspond aux réformes institutionnelles dans le secteur de l’énergie, donc à date, plusieurs réalisations ont été faites. Le code de l’électricité, la loi sur le régulateur, le plan intégré à moindre coût. Nous avons également travaillé sur plusieurs décrets aujourd’hui qui nous permettent de mettre le cadre légal et réglementaire qu’il faut pour un développement harmonisé du secteur de l’énergie. Il y a aujourd’hui un déficit de ce qui se pose, qui est l’entretien ».
Quant à M. Mactar Ndiaye, conseiller technique du ministre de l’énergie, il avance : « Nous sommes vraiment aujourd’hui satisfaits d’avoir participé à cette visite avec les autres collègues aussi du ministère. Cette visite organisée effectivement par MCA-Sénégal II, en collaboration avec Senelec. Donc, les postes qui ont été visités depuis ce matin illustrent quand même des progrès que MCA-Sénégal II a réalisés pour la modernisation et le renforcement du réseau de transport. Comme vous le savez, le réseau de transport est un maillon essentiel pour la fourniture d’une électricité plus fiable, plus stable et avec aussi une meilleure qualité. Donc, comme vous le savez aussi, ces infrastructures qui ont été réalisées vont permettre de réduire la congestion, vont aussi participer, comme le DG l’a répondu tout à l’heure, au développement économique du pays. Mais autre chose aussi qui est importante, ces infrastructures vont permettre de contribuer ou bien de participer à la forte demande, à la demande croissante en énergie qu’on est en train d’observer ».
Il estime que l’État du Sénégal ambitionne d’atteindre l’accès universel à l’électricité en 2029. Et ça, si on y parvient, c’est de nouvelles charges, de nouveaux besoins en énergie. Et c’est là où, quand même, ce projet est intéressant.
Il conclut : « Ça nous permettra de produire beaucoup plus d’énergie, mais ça ne sert à rien d’avoir une énergie suffisante sans pouvoir l’évacuer. Donc le projet MCA, en tout cas le volet transport, permettra de faire transiter cette énergie qui sera produite à partir de cette stratégie gaz to power vers les localités qui ne sont pas pour le moment électrifiées et qui en auront besoin ».
Par Massaër DIA.





























