Chaque 11 février, la Journée internationale des femmes et des filles de science rappelle une réalité persistante : malgré des avancées notables, les femmes demeurent largement sous-représentées dans les domaines scientifiques, technologiques et de la recherche, en particulier aux postes de décision et de leadership.
Par Idrissa NIASSY
Selon l’Unesco, les femmes ne représentent qu’environ 33 % des chercheurs dans le monde, une proportion qui chute davantage lorsqu’il s’agit des sciences dites « dures » comme l’ingénierie, les mathématiques, l’intelligence artificielle ou encore les technologies numériques. Elles sont très peu nombreuses dans les domaines de pointe comme l’intelligence artificielle, où elles ne représentent qu’un cinquième des effectifs (22 %). En Afrique subsaharienne, les disparités sont encore plus marquées, en raison de facteurs structurels, socioculturels et économiques profondément enracinés. Dès le plus jeune âge, les filles font face à des stéréotypes de genre qui orientent leurs choix scolaires et professionnels.
Les sciences et la technologie restent perçues comme des domaines masculins, limitant l’accès des filles à des formations scientifiques de qualité et à des modèles féminins inspirants. À cela s’ajoutent les mariages précoces, les charges domestiques disproportionnées et l’insuffisance de politiques d’accompagnement adaptées.
Même lorsqu’elles accèdent aux carrières scientifiques, les femmes se heurtent à un plafond de verre persistant : faible accès aux financements de la recherche, sous-représentation dans les instances de gouvernance scientifique, précarité des statuts et difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale. Résultat : une perte de talents qui freine l’innovation et le développement. C’est pourquoi, la Journée internationale des femmes et des filles de science 2026, cherche à combler les écarts entre les genres en redéfinissant les Stem.
Cette édition fait évoluer la réflexion vers la mise en lumière de bonnes pratiques existantes et de solutions concrètes pour construire des écosystèmes Stem (science, technologie, ingénierie et mathématiques) plus inclusifs. Elle portera une attention particulière au rôle des technologies nouvelles et émergentes dans les Stem et à leur impact sur l’écart entre les genres. « Combler l’écart entre les genres est important non seulement pour l’équité, mais aussi pour la qualité, la pertinence et l’impact de la science, de la technologie et de l’innovation », a déclaré l’Unesco, dans un communiqué qui nous est parvenu.
Au Sénégal comme dans de nombreux pays africains, des initiatives émergent toutefois pour inverser la tendance. Programmes de mentorat, bourses ciblées, encouragement des filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) et promotion des femmes scientifiques dans l’espace public constituent des leviers essentiels. Mais ces efforts restent encore insuffisants face à l’ampleur des inégalités. En cette Journée internationale des femmes et des filles de science, les acteurs publics, les Universités, le secteur privé et la société civile sont appelés à passer des discours aux actes. Investir dans l’éducation scientifique des filles, garantir l’égalité des chances dans la recherche et valoriser les carrières féminines en science ne relèvent pas seulement de la justice sociale, mais aussi d’un impératif de développement durable.
Le thème de cette édition est axé sur : « De la division à l’impact : Combler les écarts entre les genres en redéfinissant les Stem ».































