Des grenades lacrymogènes, des chambres du campus social en feu, des étudiants malmenés par les Forces de l’Ordre. A l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ce lundi, un étudiant est encore tombé sous le coup de la violence.
Encore un étudiant mort pour une bourse d’étude. Comme le disait l’opposant Ousmane Sonko : les mêmes causes produisent les mêmes effets ». Aujourd’hui l’histoire lui donne raison. Abdoulaye Ba, étudiant en médecine, est mort ce lundi à cause d’une bourse d’étude.
Suite aux problèmes liés au paiement des rappels des Bourses d’études, les étudiants ont décidé de se servir dans les restaurants de l’université sans payer, ce aui avait poussé le COUD a fermer lesdits restaurants la semaine dernière. Les étudiants voulant mettre leurs menaces à exécution ce lundi après l’annonce, par le COUD, de la réouverture des restos ont été confrontés à une violente répression policière.
En effet, des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des tirs de gaz lacrymogène à l’intérieur même des pavillons, provoquant panique et confusion, ainsi que des incendies. Plusieurs vidéos font état de scènes de panique, avec notamment des étudiantes allongées à même le sol, visiblement en détresse.
D’autres images montrent également l’interpellation musclée d’un étudiant par des éléments des forces de l’ordre. La diffusion de ces vidéos a accentué le climat de tension, de colère et de peur sur le campus, où les heurts se sont poursuivis. Selon des informations, plusieurs étudiants ont été blessés et interpellés au cours de ces affrontements.
« La répression policière est la pire des réponses face aux revendications concernant le payement des bourses »
Réagissant à ces troubles, Dieguy Diop Fall qui fut déléguée de la Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL), estime que ces revendications sont non seulement fondées, mais relèvent d’un droit élémentaire. Selon elle, « vouloir réformer en raison de l’échelonnement des années académiques dû à la manipulation de l’ancienne opposition en sanctionnant de jeunes étudiants qui ont subi est aberrant et ahurissant », dénonce-t-il. Condamnant la méthode employée par les autorités face à la mobilisation des étudiants, Diégui Diop déclare que « la violence et la précipitation du ´Gatsa-Gatsa’ du régime envers nos jeunes étudiants doit cesser ».
Alioune Tine, le président du Think Tank Afrikajom Center est également monté au créneau et se dit préoccupé par la répression « sans nuance » qui s’abat sur les étudiants. « La répression policière est la pire des réponses face aux revendications concernant le payement des bourses. Cette situation risque de créer l’escalade de la violence et la généralisation de la crise », a-t-il signalé. Il a par ailleurs appelé « solennellement » à l’arrêt immédiat de la répression policière. « Nous invitons les forces de police à quitter immédiatement l’Université. Nous invitons également les étudiants à se garder de toute violence. Toutes les parties doivent regagner sans délai la table de négociations pour trouver une solution apaisée durable », a-t-il lancé.
Pour Alioune Tine, « il est temps que le Président de la République Bassirou Diomaye Faye prenne la parole pour expliquer les difficultés auxquelles le pays est confronté, rassurer, apaiser, initier rapidement des décisions concrètes de nature à recréer la confiance et l’espoir pour mettre un terme dans la durée au conflit et sauvegarder l’année universitaire ».
Les étudiants réclament le paiement de ce qu’ils appellent des « arriérés de bourses » à leurs camarades en Master 1, tandis que la direction des Bourses précise que l’allocation financière doit être alignée sur le calendrier académique s’étalant d’octobre à septembre. Par conséquent, soutient-elle, un étudiant en Master 1 dont l’inscription s’est faite en dehors de ce calendrier universitaire ne saurait prétendre à cette bourse. Les étudiants des universités Gaston Berger de Saint-Louis et ceux de Thiès observent également une grève à l’image de leurs camarades de Dakar.
Par Dieynaba TANDIANG































