Africa Sourcing and Fashion Week (ASFW), a organisé au Centre des Expositions de Diamniadio le vendredi 27 mars 2026 un salon de l’approvisionnement, du commerce et de l’industrie en Afrique de l’Ouest et du Nord, dédié au coton, aux textiles, à l’habillement, au cuir et à la mode. Près de 1 000 participants issus des secteurs public, privé et acheteur international ont participé.
Mme Aïcha Dione, directrice de l’entreprise « Aïcha de tissus », elle avance : « J’ai démarré l’éventure de cette entreprise qui produit du textile, il y a plus de 30 ans. L’entreprise est basée sur le tissage traditionnel Manjac, et au fil des années, elle a évolué lentement vers une position intermédiaire entre l’artisanat et l’industrie. Nous avons signé récemment un joint-venture avec Domitexka. En fait, nous souhaitons apporter nos compétences en tant designer textile pour aider à la relance de la filière textile, aider à produire des tissus qui puissent être revendus aux flashions designers, aux fabricants de mobiliers, tous les gens qui ont besoin d’avoir des tissus qui sont réalisés en Afrique. Notre but, c’est de pouvoir faire des offres, en fait se positionner par rapport aux exportations textiles, je cite la fabrication de draps, une question qui me préoccupe beaucoup parce que je ne peux pas concevoir qu’un pays qui produit quelques milliers de tonnes de coton, ne puisse pas réaliser assez de draps pour l’ensemble du pays, des hôpitaux, l’armée. Le drap, c’est un des produits textiles le plus facile à mettre en œuvre et le moins couteux. Si vous considérez que 500 millions d’individus portent chacun un drap en coton. Le fait de consommer ce drap suffit pour relancer l’ensemble de toute la filière textile en Afrique de l’Ouest ».
Quant à Mme Sophie Zinga Sy, directrice de l’Agence pour la promotion et le développement de l’artisanat, elle avance : « Je pense que notre présence n’est pas fortuite parce que c’est une agence qui fait la promotion et le développement des artisans du Sénégal. Donc, il était tout à fait normal qu’on puisse s’associer aujourd’hui à cet évènement-là qui est un événement d’une grande portée tant au Sénégal mais au niveau africain. C’est plusieurs éditions et aujourd’hui, on se retrouve au Sénégal. Ce sont des éditions qui ont commencé en Afrique de l’Ouest et qui se retrouvent aujourd’hui à Dakar ». Elle poursuit : « La Domitexka qui est l’usine qui est en train de renaître, elle est basée à Kaolack. Elle est en train d’être soutenue à travers d’une convention partenariale que nous avons signée avec eux en début d’année pour trouver des emplois pour les artisans sénégalais et soutenir cette dynamique d’industrialisation parce qu’in ne peut dissocier l’artisanat et l’industrie. Aujourd’hui, nous allons soutenir l’industrie cotonnière ».
« L’Afrique produit environ 15 % du coton brut mondial, mais n’en transforme que moins de 5 % localement, exportant la grande majorité de sa fibre brute à bas prix. Le coefficient multiplicateur de la transformation du coton en vêtements peut dépasser 10, ce qui signifie que le continent transfère systématiquement cette richesse vers des économies étrangères. Parallèlement, les textiles traditionnels africains emblématiques du Kente du Ghana au Mandjak du Sénégal (une identité culturelle partagée qui s’étend à la Gambie et à la Guinée-Bissau) en passant par l’Aso Oke du Nigeria, entre autres subissent une érosion accélérée due à l’imitation massive et à l’appropriation culturelle, les communautés productrices disposant de peu de recours juridiques », précise-t-on dans la note conceptuelle.
« Réunissant près de 1 000 participants issus des secteurs public, privé et acheteur international, le thème de cette année est Chaîne de valeur durable : du coton à la mode. Le programme de la conférence est structuré autour des impératifs abordés par ce panel : la valeur et le développement de la production cotonnière, la promotion du « Made in Africa », les droits de propriété intellectuelle et la gestion collective des droits relatifs aux textiles culturels autochtones, y compris les voies économiques permettant de passer de l’artisanat local aux marques internationales », note la source.
Le marché africain du textile et de l’habillement devrait atteindre 49 milliards de dollars américains d’ici 2030
« Le marché africain du textile et de l’habillement était évalué à environ 39 milliards de dollars américains en 2025 et devrait atteindre 49 milliards de dollars américains d’ici 2030. Pourtant, le continent reste structurellement positionné comme exportateur de matières premières plutôt que comme producteur de produits finis. L’ASFW 2026 est le plus important rassemblement de décideurs et d’acteurs du secteur textile et de la mode de la sous-région, capables de changer la donne. Ce panel a pour vocation d’être la session où la réponse continentale sera définie et officiellement présentée, par le biais d’AUDA-NEPAD », renseigne le document. Et le document de poursuivre : « Ce panel est organisé dans le cadre du programme ACSAR (Creative Africa Creative Creatives, Sports and Recreation) d’AUDA-NEPAD, un programme de développement du capital humain et des institutions. Ce programme s’apprête à lancer une étude sur la chaîne de valeur de l’industrie cotonnière africaine, en prenant le Ghana comme pays d’étude de cas. L’ASFW (African Sourcing Fashion Week) se positionne ainsi comme une plateforme idéale pour accueillir cette étude ».
Par Massaër DIA






























