La proximité du stade municipal, les violences récurrentes lors des matchs de navétanes et les interrogations sur les études d’impact soulèvent des inquiétudes chez le directeur de l’Aménagement Urbain et de la Restauration, président du parti ANSAR et candidat à la Ville de Dakar pour les prochaines échéances locales. Momar Ndiaye met également en cause les motivations des autorités municipales.
Le projet de construction d’un hôpital de niveau 3 à l’unité 17 des Parcelles Assainies continue de susciter des interrogations. Si la nécessité de renforcer l’offre de soins dans cette partie de Dakar ne semble pas contestée, le choix du site devant accueillir cette infrastructure sanitaire soulève des préoccupations majeures. Parmi les voix critiques, celle du directeur de l’Aménagement Urbain, ingénieur en gestion des travaux urbains, conseiller municipal et candidat déclaré à la Ville de Dakar. En sa qualité de technicien, il s’interroge sur la pertinence de l’emplacement retenu.
Au cœur de ses préoccupations figure notamment la proximité immédiate du site avec le stade municipal des Parcelles Assainies. Un voisinage que le responsable politique juge préoccupant au regard des incidents régulièrement enregistrés lors des matchs de navétanes, souvent marqués par des scènes de violence, des jets de projectiles et l’usage de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre.
La proximité du stade, du marché, du garage TATA, l’occupation anarchique et la pollution, sources d’inquiétudes
Pour le directeur de l’Aménagement Urbain, l’implantation d’un établissement hospitalier de cette envergure dans un environnement exposé à de tels incidents mérite une réflexion approfondie. Un hôpital doit offrir aux patients un cadre propice aux soins, à la tranquillité et à la sécurité, mais également garantir la continuité des services médicaux, y compris lors des événements susceptibles de provoquer des troubles à proximité. C’est d’autant plus préoccupant pour Momar Ndiaye que le site identifié pour l’érection de cet hôpital, abrite déjà des infrastructures incompatibles au voisinage avec un établissement sanitaire de niveau 3. En effet, le marché qui jouxte le site pose un véritable problème d’accès à cause des marchands ambulants qui occupent la voie publique de façon anarchique. Ce même problème est également posé par le garage des minibus TATA qui en rajoute à la pollution sonore qui marque le quotidien des riverains de l’unité 17 des Parcelles Assainies. Selon l’ingénieur en gestion des travaux urbains « il est temps que les administrés de nos communes fassent preuve de plus de rigueur dans le choix des hommes et femmes qui aspirent à la gouvernance locale ».
En termes plus clairs, Momar Ndiaye pointe « l’incompétence criarde et le manque de sérieux du maire de Dakar, Abass Fall et l’édile des Parcelles Assainies, Djamil Sané à travers le choix d’un site inadapté pour un hôpital ».
Pour Momar Ndiaye, la question est de savoir si les risques liés à l’environnement immédiat du site ont été suffisamment évalués avant la validation du projet.
Dans cette perspective, il interpelle les autorités municipales sur l’existence d’études d’impact environnemental et social sérieuses, réalisées en amont, ainsi que sur la prise en compte des contraintes liées à la sécurité, aux nuisances et à l’accessibilité de l’établissement.
Au-delà de la seule question environnementale, cette interrogation renvoie à un enjeu essentiel d’aménagement urbain : celui de la compatibilité entre les infrastructures publiques et les réalités du territoire dans lequel elles sont implantées.
Abass Fall et Djamil Sané dans le viseur
Sur le terrain politique, le candidat à la Ville de Dakar, Momar Ndiaye met particulièrement en cause l’attitude des autorités municipales de la Ville de Dakar, dirigée par Abass Fall, et de la commune des Parcelles Assainies, administrée par Djamil Sané.
Le responsable politique assimile ce qu’il considère comme un manque de vigilance à une préoccupation essentiellement politique. Selon son analyse, à l’approche de la fin de leur mandat, les deux responsables chercheraient à mettre en avant un bilan susceptible de favoriser leur maintien aux affaires lors des prochaines échéances électorales.
Momar Ndiaye se montre particulièrement sévère à l’égard de leur gestion, qu’il juge insuffisante et très loin de répondre aux attentes des populations. Il leur reproche, en substance, de privilégier les considérations politiques au détriment d’une réflexion approfondie sur les besoins réels de leurs administrés et sur les exigences d’un aménagement urbain cohérent.
Ces accusations relèvent de l’appréciation politique du président d’ANSAR par ailleurs candidat à la municipalité de Dakar et appellent, le cas échéant, des réponses de la part des autorités municipales mises en cause.
Au-delà de la controverse politique, le débat autour du futur hôpital de niveau 3 des Parcelles Assainies pose une question fondamentale. Notamment, comment concilier la nécessité d’améliorer l’accès aux soins avec les exigences de sécurité, de planification et de durabilité des infrastructures publiques ?
Selon toujours Momar Ndiaye, le soutien à un projet sanitaire ne saurait empêcher d’interroger la pertinence de son implantation. L’objectif, selon cette logique, n’est pas de remettre en cause le principe de la construction d’un hôpital, mais de s’assurer que le site choisi est adapté à sa vocation et aux besoins des futurs usagers.
L’enjeu dépasse ainsi la seule réalisation d’un équipement médical. Il engage la responsabilité des décideurs publics dans la conception d’une ville où les infrastructures sanitaires, sportives et sociales doivent pouvoir coexister sans compromettre la sécurité ni le bien-être des populations.
Ces questions qui risquent de rester sans réponses…
À l’attention des autorités municipales, Momar Ndiaye veut des réponses précises à ses interrogations soulevées : quelles études ont précédé le choix du site ? Les risques liés aux activités du stade municipal, à la problématique d’accessibilité, à la pollution sonore du marché, à l’occupation anarchique des marchands ambulants ont-ils été évalués ? Quelles sont les garanties prévues pour protéger les patients, le personnel médical et les riverains ?
Autant de questions auxquelles les autorités compétentes gagneraient à répondre en toute transparence, afin que le projet du futur hôpital de niveau 3 ne soit pas seulement une promesse sanitaire, mais aussi un exemple de planification urbaine réfléchie et durable.
Par Massaër DIA




































