Soupçonné d’avoir remis des téléphones au détenu Farba Ngom au Pavillon spécial, l’agent pénitentiaire S. A. A. Guèye a fait l’objet d’un deuxième retour de parquet ce jeudi 15 janvier 2026.
Le procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar envisagerait l’ouverture d’une information judiciaire et le suspect pourrait être fixé sur son sort ce vendredi. Ce dernier aurait reconnu avoir remis son appareil cellulaire au député-maire des Agnams.
Mercredi, Farba Ngom, qui devait être entendu par le parquet, n’a finalement fait l’objet d’aucune poursuite. Selon ses conseillers, le procureur de la République n’a retenu aucune charge à son encontre. Selon des sources proches de Farba Ngom, l’immunité parlementaire du député aurait pesé sur la décision du Parquet de n’avoir pas encore réglé le dossier.
Mardi, la ministre de la Justice Garde des Sceaux, Yassine Fall, a révélé qu’une fouille menée le 28 décembre 2025 dans la cellule du député inculpé pour blanchiment d’argent, entre autres aurait permis de découvrir qu’il avait en sa possession deux téléphones portables « détenus frauduleusement, en violation manifeste de la loi n° 87-15 relative au règlement intérieur des établissements pénitentiaires ». Selon elle, « ces appareils ont été utilisés pour des opérations financières nationales et internationales et le suivi de chantier en construction. Des échanges répétés avec plusieurs personnalités ont été identifiés dont des acteurs politiques : 55 interactions avec un acteur politique en liberté provisoire ; 400 échanges appels et messages WhatsApp avec un autre homme politique, avec ses avocats dont trois anciens ministres, dont 259 minutes de communication avec l’une d’entre eux. Il y a eu aussi des échanges avec des journalistes et hommes des médias », a-t-elle révélé.
Toujours d’après la Garde des Sceaux, Farba Ngom a aussi « entretenu 275 interactions téléphoniques et messages avec une journaliste, patronne de presse bien connue ; 60 interactions avec un journaliste en ligne, 158 échanges avec un directeur de publication d’un journal de groupe de presse bien connu aussi ». « Ces appareils ont aussi été utilisés pour la réception et la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels d’un codétenu sur deux dossiers. Ces appareils ont aussi été utilisés pour la réception et la partage de contenus à caractère pornographique, y compris un partage avec un de ses avocats, des échanges relatifs à des manœuvres et complots à caractère politique susceptibles de troubler l’ordre public », a-t-elle rajouté.
D. TANDIANG (avec seneweb)































