Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s’est encore offert le système judiciaire du Sénégal en critiquant une partie des magistrats. Lors d’une rencontre avec la communauté sénégalaise au Maroc ce mardi, Ousmane Sonko est sans équivoque : « Quand la justice ne marche pas, c’est tout le reste qui est anéanti. L’un des problèmes fondamentaux de ce pays, c’est la justice. Et rien n’est fait pour la changer », a-t-il déclaré devant ses compatriotes établis au royaume chérifien.
Le chef du gouvernement sénégalais a estimé que le dysfonctionnement de l’appareil judiciaire a des répercussions sur l’ensemble du pays.
Nuançant toutefois son propos, Ousmane Sonko a tenu à préciser que sa critique ne visait pas l’ensemble du corps des magistrats. « Ce n’est pas tous les magistrats », souligne le président du Pastef.
En revanche, le Premier ministre a pointé du doigt l’existence d’un groupe qu’il qualifie de « clergé » au sein de l’institution judiciaire, accusé de se livrer à des pratiques contestables. « Il y a un clergé qui passe son temps à faire le sale boulot dans cette justice », a-t-il affirmé sans plus de précisions.
Une sortie qui crée encore une vague de réactions. Selon Abdou Mbow, les critiques répétées du Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre de l’institution judiciaire relèvent plus d’un différend personnel que d’une volonté de réforme.
Dans une déclaration publiée ce mercredi 28 janvier 2026, le parlementaire affirme que ces attaques trouvent leur origine dans le refus de la justice de céder à des pressions politiques. « Les attaques contre la justice s’expliquent par le fait qu’elle refuse de se coucher pour exécuter des besognes politiques », écrit Abdou Mbow non sans évoquer le rejet de « la validation d’une candidature impossible pour 2029 ».
Le membre du groupe parlementaire Takku Wallu dénonce en ce sens la mise en cause globale des magistrats, qu’il juge contraire aux principes républicains. « Insulter des magistrats tenus au devoir de réserve est d’une irresponsabilité illimitée et manque de grandeur », soutient-il, appelant le PM à révéler des noms s’il estime que des fautes ont été commises.
S’inquiétant des conséquences économiques du discours de Sonko, Abdou Mbow estime que ce dernier fragilise l’attractivité du pays. « Comment peut-il convaincre des investisseurs de venir au Sénégal tout en affirmant que le pays est malade de sa justice ? », s’interroge-t-il, soulignant que la sécurité juridique demeure un critère essentiel pour les investisseurs. De ce point de vue, M. Mbow invite Ousmane Sonko à un changement de posture. « Il n’est plus dans l’opposition », affirme-t-il, estimant qu’« on ne devrait pas fragiliser l’institution judiciaire, garante de l’équilibre social », encore moins « en terre étrangère ».
Sources : médias































