Face à l’urgence du changement climatique et à la nécessité de transformer son modèle de développement, le Sénégal dispose d’un levier financier majeur encore sous-exploité par ses entreprises : le Fonds vert pour le climat.
La Directrice du Changement climatique, Transition Écologique et de la Finance Verte, Madeleine Diouf Sarr, a fait savoir que le Fonds vert pour le climat est une opportunité stratégique pour le secteur privé sénégalais. Ce fonds vert qui a des guichets pour le secteur privé, dit-elle, peut mettre en place des lignes de crédit, tout en faisant des garanties.
Ce mécanisme international, dédié au financement de projets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, représente aujourd’hui l’une des opportunités les plus prometteuses pour le secteur privé national. « Ce sont des instruments qui ne peuvent faire que ce qu’on appelle une participation au capital, ce qu’on appelle l’equity », a-t-elle expliqué. Et de poursuivre : « pour le cas du Sénégal, on a la chance d’avoir la banque agricole, qui a déjà levé avec le Fonds vert climat environ 40 millions d’euros ». Selon elle, il est en train de mettre en place une ligne de crédit pour surtout le secteur privé et le secteur privé primaire, dans les secteurs notamment de l’agriculture, pour booster la résilience de l’agriculture face au changement climatique, tout en générant une économie et des bénéfices financiers à ce secteur.
Madeleine Diouf Sarr s’exprimait hier en marge de la Matinée de l’innovation climatique du secteur privé organisé à Dakar. Cette rencontre co-organisée avec African Loop Consulting, avec le soutien de l’African Climate Foundation, entre dans le cadre de la mission de la mission de mise en œuvre des politiques climatiques nationales et de promotion des solutions locales pour une transition juste et inclusive du ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, à travers la Direction du Changement climatique, de la Transition Écologique et des Financements Verts. Cet événement vise aussi à renforcer l’implication du secteur privé dans l’action climatique et à créer un espace de dialogue stratégique entre institutions publiques, entreprises entrepreneurs verts et partenaires techniques, autour des enjeux climatiques et de transition écologique au Sénégal.
Concernant la Contribution déterminée nationale (Cdn) numéro 3 qui oblige tous les pays à partir de 2026, de mettre en place leurs nouveaux engagements face au changement climatique, comme le décline de l’accord de Paris, cette dernière de faire savoir que le Sénégal est en train de finaliser sa Cdn 3.0 avec différents partenaires qui l’accompagnent. « Nous avons fait une évaluation d’abord de la Cdn 2.0, qui était entre 2020 et 2025, pour apprendre de cette Cdn, et également pour voir réellement, de façon raisonnable, vers quoi le Sénégal peut aller en engagement entre 2026 à 2030, 2030-2035, au regard aussi de la vision actuelle du gouvernement du Sénégal », a-t-elle déclaré.
Prenant la parole, Taman Mhoumadi, Directrice de African Loop Consulting, un cabinet spécialisé dans la transition climatique du secteur privé et public, a fait savoir que cette activité qui en est à sa première édition, est un événement assez inédit dont l’ambition est de rassembler au sein d’un espace de dialogue, différents acteurs de la vie socioéconomique, afin de présenter tout d’abord les Cdn, les politiques climatiques nationales, avant d’enchaîner avec une masterclass sur les stratégies d’innovation climatique du secteur privé. Selon elle, le secteur privé doit à l’obligation de comprendre les risques physiques, sociaux, économiques qui pèsent sur les différentes industries et sur leurs propres organisations pour ensuite réussir à identifier les problèmes et mettre en place des solutions qui se structurent de différentes manières.
Par Idrissa NIASSY































