La mort de l’étudiant Abdoulaye BA ne restera pas impunie. C’est la promesse tenue ce mardi par le gouvernement, lors d’un point de presse tenu au Building Administratif.
« Nous ne tremblerons pas lorsqu’il s’agira de distribuer des sanctions, lorsque nous estimerons qu’il y a eu des faits qui procèdent du dépassement de la simple gestion de l’ordre public », a déclaré le ministre de l’Intérieur Ahmadou Bamba Cissé hier, lors du point de presse tenu par le gouvernement, suite au décès, ce lundi, de l’étudiant Abdoulaye Diallo à l’UCAD. Selon le ministre qui a exprimé sa peine aux familles et à toute la communauté estudiantine, « ce qui s’est passé hier (lundi) a fait l’objet d’une enquête qui va aboutir à des résultats et faire intervenir des sanctions ». Bamba Cisse de préciser que le fait que des étudiants ou des personnes qui se disent étudiants ne soient pas dans les formats normaux de la discipline, n’explique pas un certain nombre de comportements de la part des FDS.
La ministre de la justice Yassine Fall dans la même lancée assure que « tous les coupables seront traduits devant la justice ». « Nos campus ne doivent jamais devenir des espaces de violence. Je m’engage devant le peuple sénégalais à tirer cette affaire au clair », promet-elle.
Le ministre de l’Intérieure et de la sécurité publique a reconnu, par ailleurs, que ce qui s’est passé ce lundi (à l’UCAD) est une tragédie. « Ma conviction est que l’université doit rester un espace d’apprentissage, de dialogue et de construction, mais pas un espace de violence, pas un espace de peur », soutient-il.
« Loin de justifier les impaires, il y a lieu de faire remarquer que depuis quelques temps, un changement de stratégie, de méthodes et de tactique, dans le cadre du combat de certaines personnes établis à l’université », a révélé Me Bamba Cissé. Selon lui, les choses sont devenues « assez graves » et la situation de l’université est « alarmante » et « alerte ». « Ce changement de paradigme et de conduite a conduit à la nécessité de protéger les infrastructures à l’intérieur du campus jusqu’à ce que les affrontements surviennent ce lundi ». Toutefois, précise-t-il : « on n’est pas dans le cadre des franchises universitaires ».
« Les franchises universitaires n’ont jamais été violées »
« Nous avons reçu des renseignements précis montrant que certains allaient s’en prendre au campus social et un début de destruction du restaurant Self a été opéré hier et du restaurant central vers 7 heures du matin parce qu’ils devaient descendre sur le terrain à six heures, six heures trente pour opérer les destructions », renseigne-t-il.
Selon le ministre de l’Intérieure, les étudiants avaient décidé la veille de payer à manger et qu’ils allaient de force pénétrer les restaurants et s’emparer de la nourriture à défaut de quoi, les restaurants seront détruits et les infrastructures universitaires pillées. « En tant que responsable de la sécurité publique, nous avions le besoin impérieux d’anticiper sur ces événements-là, parce que ce sont des biens publics », assume-t-il, avant de justifier que la présence des FDS à l’aube s’inscrivait dans un souci de prévenir ces biens publics. « Sur le terrain, reconnait-il, il y a eu des actes de violence qu’on a constaté de part et d’autre et des actes qu’on a vus, émanant des Forces de Défense et de sécurité ». « En tant qu’autorité supérieur, c’est des actes que je ne peux pas cautionner. Je suis contre le principe des violences injustifiées. L’Etat étant certes dépositaire de la violence légitime, mais il faut que cette violence soit calculée, équilibrée et nécessaire », a laissé entendre l’homme de loi.
Auparavant, le ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom a déclaré que : « depuis deux ans, l’Etat n’a jamais violé les franchises universitaires parce que le campus social ne fait pas partie des franchises universitaires » (Loi 94 – 79, relative aux franchises universitaires).
Revenant sur les faits qui se sont déroulés lundi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Pr Ngom a dénoncé une influence extérieure sur certains dirigeants étudiants. « Il est également établi que certains dirigeants d’étudiants subissent des influences extérieures, plus particulièrement l’influence de la politique », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de préserver l’autonomie des universités et de garantir que les revendications étudiantes restent pacifiques et centrées sur leurs droits et besoins légitimes, loin de toute manipulation politique.
Au lendemain des incidents, la direction du COUD annonce la fermeture exceptionnelle du campus social à partir du mardi 10 février 2026 à 12h, et ce jusqu’à nouvel ordre.
La Direction du COUD a annoncé également la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’écoute psychologique pour les étudiants. « Les modalités pratiques relatives à ce soutien seront communiquées ultérieurement », indique-t-elle.
Dans son communiqué, la Direction exprime ses «sincères condoléances » à la famille de Monsieur Abdoulaye BA et à l’ensemble des étudiants affectés par cette tragédie. Elle réaffirme son engagement en faveur du dialogue et appelle à la « collaboration et à la sérénité» afin de permettre un retour à la paix sur le campus.
Par Dieynaba TANDIANG
































