Les polluants climatiques de courte durée, notamment le méthane, le carbone noir et l’ozone troposphérique, jouent un rôle majeur dans le réchauffement climatique à court terme et la dégradation de la qualité de l’air. Pour leur réduction, le ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique (Mete), à travers la Direction des Changements climatiques, de la Transition écologique et des Financements verts (Dcctefv), a lancé hier le processus d’élaboration du Plan national sur les polluants climatiques de courte durée (Slcp) et de la feuille de route nationale sur le méthane.
Par Idrissa NIASSY
Selon le Conseiller technique à la Direction du Changement climatique et Financements verts, Idy Niang, les polluants climatiques de courte durée de vie notamment le méthane, le carbone noir et l’ozone troposphérique sont reconnus comme des facteurs majeurs du réchauffement climatique à court terme et de la dégradation de la qualité de l’air. Pour lui, leur réduction représente une opportunité majeure pour des pays comme le Sénégal, confrontés à une croissance urbaine rapide et au développement soutenu de secteurs fortement émetteurs tels que l’agriculture, les déchets, l’énergie et les transports.
C’est pourquoi, dit-il, le Plan national des polluants de courte durée (Slpc) et de la feuille de route du Sénégal sont venus à une heure cruciale. « Cette initiative est d’une portée stratégique », a-t-il déclaré.
Le Conseiller technique à la Direction du Changement climatique et Financements verts s’exprimait en marge du lancement dudit Plan national des polluants de courte durée et de la feuille de route méthane du Sénégal. Le méthane est un gaz dont le pouvoir de réchauffement est jusqu’à 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone à court terme et qui serait responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique actuel. Pour lui, cette rencontre, tenue en présence de décideurs publics, d’experts nationaux et de Partenaires techniques et financiers, marque l’engagement du ministère de l’Environnement à renforcer son action climatique tout en améliorant la qualité de l’air, la santé publique et le cadre de vie des populations. « Ce projet s’inscrit pleinement dans la dynamique engagée par notre pays pour la mise en œuvre effective de sa Contribution déterminée au niveau national (Cdn), de la Vision Sénégal 2050 et de notre ambition de bâtir une transition écologique juste, souveraine et inclusive », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « le Plan national Slcp et la Feuille de route méthane visent à renforcer la coordination intersectorielle, améliorer l’intégration du méthane dans la planification climatique nationale et consolider l’accès aux financements climat et verts.
Le projet ambitionne également de positionner le Sénégal comme pays de référence en Afrique de l’Ouest dans la lutte contre les polluants climatiques de courte durée.
Selon les données scientifiques, une réduction de 30 % des émissions mondiales de méthane d’ici 2030 permettrait d’éviter plus de 0,2 °C de réchauffement à l’horizon 2050. Pour le Sénégal, où le méthane provient principalement de l’agriculture, de la gestion des déchets solides et liquides, ainsi que, de plus en plus, du secteur pétrolier et gazier, les marges de réduction sont importantes. « Ces émissions ne sont pas une fatalité », a insisté M. Niang, avant de rappeler l’existence de solutions éprouvées telles que la valorisation du biogaz, le captage du gaz de décharge, la réduction des fuites, la lutte contre le torchage et l’amélioration des pratiques agricoles.
Toutefois, le Sénégal a déjà posé des jalons importants, notamment avec l’interdiction du torchage inscrite dans le Code de l’environnement et la préparation d’un décret spécifique visant à encadrer plus strictement cette pratique. Le pays est également engagé dans plusieurs initiatives internationales majeures, dont la Climate and Clean Air Coalition (Ccac) et les initiatives pour le zéro torchage.
Pour Ngongan Wandi Danube, chercheur au Stockholm Environment Institute (Sei), et basé à Nairobi, au Kenya, la structure qu’il représente apportera un appui scientifique et technique déterminant à ce projet. Ce dernier a mis en avant l’importance d’une approche fondée sur les données. « Sans données fiables, il est impossible de comprendre précisément où se situent les émissions de méthane et sur quels leviers agir efficacement », a-t-il expliqué. Le Sei travaillera, selon lui, avec les institutions nationales pour collecter et analyser des données dans les secteurs clés, notamment l’énergie, les transports et surtout les déchets, identifiés comme fortement émetteurs. « J’appelle à une mobilisation collective des institutions publiques, des collectivités territoriales, du secteur privé, du monde de la recherche et de la société civile, pour la réussite de ce projet », a-t-il conclu.
































