La capitale sénégalaise, Dakar, a accueilli hier la 6ème édition de la Réunion régionale annuelle de la Communauté de pratique sur l’intégration de la Planification familiale du post-partum (Pfpp), de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (Smni) et de la nutrition. Cette rencontre qui se tient du 10 au 11 février 2026, a réuni des délégations de 15 pays d’Afrique de l’Ouest francophone et plus de 80 experts et décideurs du secteur de la santé.
« Passage à grande échelle de l’intégration de la Pfpp/Smni/Nutrition : Stratégies d’accélération pour l’atteinte des Odd de 2030 », tel est le thème de la Réunion régionale annuelle sur l’intégration de la santé maternelle et infantile qui se tient les 10 et 11 février 2026, dans la capitale sénégalaise, Dakar. Cette rencontre régionale, placée sous l’égide du ministère de la Santé, se tient dans un contexte marqué par l’ultime ligne droite vers l’échéance des Objectifs de développement durable (Odd) de 2030.
Selon le Dr Yao N’da Konan Michel, Représentant Résident de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) au Sénégal, a salué le leadership du Sénégal, « pays de la Teranga », pour l’accueil de cette rencontre stratégique et son engagement constant en faveur de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant. Il a fait part que malgré les progrès enregistrés ces dernières années, les défis demeurent considérables dans la région : une mortalité maternelle encore élevée (442 décès pour 100 000 naissances vivantes), une mortalité néonatale de 26 pour 1 000, des besoins non satisfaits en Planification familiale avoisinant 19 %, et une malnutrition chronique qui touche près d’un tiers des enfants.
Face à cette situation, le Représentant Résident de l’Oms réaffirme que l’intégration des services de planification familiale, de santé maternelle, néonatale et infantile et de nutrition n’est plus une option. « C’est une nécessité stratégique pour accélérer les progrès vers les Odd, notamment les cibles 3.1 et 3.2 relatives à la réduction de la mortalité maternelle et infantile », a-t-il fait valoir. Et de poursuivre : « les évidences scientifiques sont claires : la planification familiale joue un rôle déterminant non seulement dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, mais aussi dans la promotion de l’égalité des genres, de l’éducation et du développement économique ».
Pour lui, l’intégration des services, permettant une prise en charge holistique du couple mère-enfant à chaque point de contact avec le système de santé, contribue non seulement à réduire les occasions manquées, mais à optimiser les ressources et améliorer l’accès équitable à des soins de qualité. « Aujourd’hui, le défi n’est plus de démontrer l’efficacité de l’intégration, mais bien de réussir son passage à grande échelle », a insisté Dr Yao N’da Konan Michel, appelant à des financements durables, à un leadership gouvernemental renforcé et à une synergie accrue entre tous les acteurs.
Prenant la parole, le Dr Amadou Doukouré, Directeur de la santé de la mère et de l’enfant, a rappelé à cette occasion, que la stratégie de la planification familiale du post-partum a été introduite au Sénégal dès 2019, à partir du district sanitaire de Touba. Et en 6 ans (2019-2025), le pays est passé à 52 districts, avec pour objectif de couvrir l’ensemble des 119 districts sanitaires d’ici décembre 2026. « Cette progression illustre la volonté politique du Sénégal de faire de la santé maternelle, néonatale et infantile une priorité nationale », a-t-il déclaré lors de la Réunion régionale qui a réuni des délégations de 15 pays d’Afrique de l’Ouest francophone et plus de 80 experts et décideurs du secteur de la santé.
Selon lui, le succès du passage à l’échelle repose avant tout sur le financement domestique, soutenu par l’appui des Partenaires techniques et financiers, des collectivités territoriales et de la société civile. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du projet phare d’élimination des décès maternels, néonatals et infantiles évitables, pilier de la Couverture sanitaire universelle (Csu) et de la Vision Sénégal 2050, ajoute-t-il.
Abondant dans le même sens, le Directeur de cabinet du ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, de revenir sur les chiffres alarmants, où près de 99 % des décès maternels surviennent encore dans les pays en développement, dont plus de la moitié en Afrique subsaharienne. « À l’horizon 2030, la région pourrait encore enregistrer 390 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, bien loin de la cible mondiale fixée à 70 », préconise-t-il. Face à ces réalités, dit-il, l’intégration des services de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile, de planification familiale post-partum et de nutrition apparaît comme « l’approche la plus pertinente et la plus efficace ». Le véritable enjeu, selon lui, « réside désormais dans la capacité collective à lever les goulots d’étranglement, mutualiser les efforts et transformer les engagements politiques en résultats mesurables sur le terrain ».
Durant ces deux journées, les participants sont appelés à partager les bonnes pratiques, identifier les obstacles, à proposer des solutions innovantes et à formuler des recommandations concrètes, assorties d’une feuille de route régionale pragmatique pour accélérer le passage à grande échelle.
































