Le patron de Lansar Auto brise le silence, un an après son incarcération par le pool judiciaire financier pour blanchiment de capitaux. A travers sa cellule de communication, il livre sa part de vérité sur ce scandale qui a fait les choux gras de la presse.
Dane Sarr, plus connu sous le nom de Mahmadan Sarr administration du parc automobile Lansar Auto est sous les verrous depuis janvier 2025. Spécialisé dans la location de voitures de luxe, il avait été inculpé pour blanchiment de capitaux et placé sous mandat de dépôt par le Parquet du Pool Judiciaire Financier (PJF). M. Sarr est accusé d’avoir encaissé plus de 14 milliards de FCFA dans le cadre de contrats « douteux » pour la location de véhicules de luxe entre 2020 et 2023.
Après son arrestation, des sources médiatiques ont révélé que les autorités ont mis la main sur des Certificats nominatifs d’obligation (Cno)d’une valeur de 16,57 milliards de francs CFA, émis au nom de Lansar Auto. « Ces titres auraient été réglés le 29 mars 2024, soit cinq jours seulement après l’élection du président Bassirou Diomaye Faye », précisent les sources. Au cœur de cette affaire, Amadou Sall, le fils de l’ancien président Macky Sall, est cité.
Un an après son placement sous mandat de dépôt sans avoir encore été jugé, sa cellule de communication livre sa part de vérité. Selon ses services de communication, « pour permettre à la société Lansar Auto de recouvrer les créances relatives à plusieurs prestations de location et de vente de véhicules, après facturation certifiée, une convention de reconnaissance de dette et de titrisation a été formalisée, sous la supervision de l’agent judiciaire de l’Etat, pour un engagement initial de 14 984 658 725 FCFA, assorti de taux d’intérêt pondéré BCEAO : 6,85% à 12 mois ; 6,95% à 18 mois ; 7,05% à 24 mois ». « Les intérêts cumulés s’élèvent à 1 587 676 622 FCFA, portant le total actualisé à 16 572 335 337 FCFA », a souligné la source. La cellule de communication a expliqué que l’Etat s’est engagé à payer la dette en 24 mois en 4 échéances semestrielles, les échéances contractuelles sont fixées aux, 1ere échéance (26 décembre) ; 2e échéance (26 février 2025) ; 3e échéance (28 aout 2025) ; 4e échéance (26 juin 2026).
Des véhicules en cours d’utilisation au Ministère des Finances et du Budget
Malgré la notification d’un arrêté de suspension en date du 31 mars 2024, indique la cellule de com de M. Sarr, des véhicules de luxe demeurent encore en cours d’utilisations dans les directions du ministère des Finances et du Budget, notamment par le DGTCP Cheikh Tidiane Diop et au niveau de la direction générale du Budget (le DGB Maguette Niang, le DSI, DPB ; la Directrice de la Solde, le DAP Abdourahmane Ba qui a signé le contrat et certifié les factures avec la mention « services faits » et à autres responsables de structures au niveau du MFB).
« En outre, en plein Conseils ministres, le MBF a demandé aussi à la société Lansar Auto de livrer 20 véhicules au niveau du ministère de la justice (Ismaïla Madior Fall) et dix autres au niveau de la primature », indique la source.
Ageroute : 79 532 000 FCFA
La société a confié avoir acquis le marché avec l’Ageroute par Appel d’offre (marché numéro F/161/AGR portant sur l’acquisition de véhicules. « Livraison et attente toujours de règlement relatif à ce marché », dit la source.
ONAS : 1 116 000 000
« S’agissant de l’ONAS, 20 pick-up flambants neufs appartenant à Lansar Auto ont été mis à disposition , depuis le mois d’aout 2023, à la suite d’une demande formelle sanctionnée par un bon de commande », déclaré la source. Cette dernière déplore que malgré « l’usage continue de ces véhicules, aucun encaissement n’a été effectué à ce jour, alors que la situation est portée à la connaissance des responsables compétents, notamment le DAF », explique-t-elle.
Globalement indique la cellule de com de Mahmadane Sarr, après plusieurs relances officielles, ces structures n’ont émises aucune réaction jusqu’à présent, des factures ont été arrêtées au 31 12 2025.
Par conséquent, souligne la source, il importe de noter que plus de 60 vehicules en cours d’utilisation seront factures à la fin de chaque mois (soit plus de 200 millions de FCFA par mois), ce qui va s’ajouter à l’endettement antérieur. « De même, la facturation se poursuivra tant que les vehicules ne seront pas restitués à la société Lansar Auto ».
Préjudices subis par Lansar Auto
La source n’a pas manqué de noter les préjudices portés à la société Lansar Auto. « Il faut sans nul doute souligner les conséquences sociales, morales et financières subies par l’entreprise et son administrateur. Au-delà des dommages et préjudices moraux liés à la mise à l’arrêt de l’administrateur M. Sarr, depuis janvier 2025, des saisies de véhicules et des réquisitions ont été opérées ; ce qui a conduit à une baisse drastique de l’activité de l’ordre de 95% », affirme la cellule de communication de M. Sarr ».
Cas particulier de l’ONRAC
Selon la source, plus de 100 vehicules de luxe de la société Lansar Auto ont fait l’objet de saisie de l’ONRAC dont certaines ont déjà été vendus aux enchères et d’autres auraient été à la disposition de l’Etat. « L’ensemble des vehicules saisies par l’ONRAC sont estimes a plus de 10 milliards de FCFA », affirme-t-elle, avant d’ajouter que « Des réquisitions bancaires de saisies estimées à des centaines de millions ont été effectuées sur des comptes de la structure d’Industrie du Mali (BCI) représentée par BCI du Senegal, sur la base de recommandation de ses conseillers financiers ».
« Au regard de la nature des opérations effectuées pour permettre à la société de respecter ses engagements auprès de ses fournisseurs et de ses partenaires, il s’avère incompréhensible de penser à une accusation de détournement compte tenu du fait que l’Etat n’a honoré aucune des échéances et n’a subi aucun préjudice », clame Dane Sarr à travers son service de communication.
Cependant, souligne la source, en dépit de tous ces efforts consentis par M. Sarr, il lui reste encore des engagements non honores estimés à 6, 8 milliards de FCFA avec des banques de la place et d’autres institutions financières locales.
Par Ibrahima DIOP

































