La crise universitaire, le scandale des homosexuels et de transmission volontaire du VIH, était au cœur du face à face Gouvernement – parlementaire. Contexte oblige, le Premier Ministre a répondu aux interpellations des députés sur ces questions-là.
Revenant sur les événements qui se sont passés au campus universitaire de l’UCAD, ayant entraînés la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, Ousmane Sonko assume entièrement sa part de responsabilité devant le parlement. « J’ai donné l’ordre de prendre les dispositions nécessaires, et si c’était à refaire, je n’hésiterais pas. Je ne les laisserai pas tout détruire », a déclaré le Chef du gouvernement qui s’est prêté ce lundi aux questions d’actualité des députés. Il s’explique : «Nous avions des informations selon lesquelles, certains voulaient brûler les restaurants, la bibliothèque et prendre les provisions pour préparer le Ramadan ». A en croire le Chef du gouvernement, avant l’arrivée des FDS, « des restaurants avaient déjà commencé à être saccagés ».
Reprenant les paroles du ministre de l’Enseignement Supérieur, Ousmane Sonko a soutenu que le campus social ne fait pas partie des franchises universitaires. « Il constitue un quartier à part entière de Dakar », dit-il pour justifier l’intervention des forces de l’ordre au sein du campus social.
Cependant, le Premier Ministre relativise. En effet, dit-il, il ne cautionne pas la violence dont les FDS ont fait usage à l’endroit des étudiants. « Nous n’allons jamais utiliser les pouvoirs contre les Sénégalais », assure-t-il. « Nous avons profondément mal pour ce qui est arrivé à l’université, surtout avec la mort d’un étudiant. Le lien fort qui me lie à la jeunesse et aux étudiants est connu», a affirmé M. Sonko, avant de déclarer : « Nous n’acceptons pas l’usage disproportionné de la force. Un étudiant désarmé malmené par des policiers, des biens matériels comme des motos détruits, ce sont des abus inadmissibles », dit-il assurant qu’il ne s’agit pas de jeter le bébé avec l’eau du bain en couvrant d’opprobre la police et la gendarmerie.
Un commissariat au sein de l’université
Dans la même lancée, le Premier Ministre a annoncé des mesures fortes pour sauver l’Enseignement Supérieur. « J’ai instruit le ministre de l’Intérieur de mener une étude sur l’implantation d’un commissariat de police au cœur même de l’espace universitaire », a-t-il fait savoir. Ousmane Sonko estime que cette mesure se justifie par la nature même du campus social, qu’il considère comme un quartier comme tous les quartiers. Ce projet a pour seul objectif d’instaurer un dispositif sécuritaire permanent pour prévenir les débordements et protéger les infrastructures, indique le chef du gouvernement.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, c’est la question de la surpopulation qui est dans le viseur du gouvernement. Ousmane Sonko a jeté un pavé dans la mare en évoquant une possible restructuration de l’espace :
Evoquant la question de la surpopulation à l’université, il fait part : « nous envisageons de délocaliser l’université ou une partie. 2 500 étudiants ne peuvent plus être parqués ici ». Histoire de rompre avec le modèle actuel pour offrir un cadre plus humain et propice à l’excellence académique.
Selon le PM, cette transformation s’accompagne d’une réflexion stratégique menée conjointement par les ministères de l’Économie et de l’Enseignement supérieur. « Le gouvernement réfléchi sur des modèles qui feront que l’université soit performante. Ceux qui cherchent à apprendre pendant des années seront garantis par l’État dans les meilleures conditions », assure Sonko.
Par Dieynaba TANDIANG





























