La renégociation des contrats miniers est sur la bonne voie, si l’on en croit les déclarations faites ce jeudi par le Premier Ministre Ousmane Sonko. Lors d’un point de presse tenu hier, le chef du gouvernement a annoncé que plusieurs concessions de blocs gaziers et pétroliers ont été résiliées depuis leur arrivée au pouvoir.
Le bloc gazier Yakaar-Teranga, un gisement « 100 % sénégalais » ; « particulièrement prometteur », selon le Premier Ministre Ousmane Sonko a été repris par l’État du Sénégal. L’annonce a été faite hier par le chef du gouvernement, lors d’un point de presse. Il a annoncé que l’exploitation du projet gazier Yakaar-Teranga va redémarrer « dans les prochaines semaines ». « L’Etat ne déboursera même pas un seul franc », assure-t-il. Il s’agit d’une mesure prise en guise de représailles contre une entreprise prenant part à son exploitation sur la base d’un contrat portant préjudice au Sénégal, d’après lui. Il s’agit là de l’une de prouesses accomplies par le gouvernement dans le cadre de la renégociation des contrats miniers.
En effet, Ousmane Sonko a aussi révélé que plusieurs concessions de blocs gaziers et pétroliers ont été résiliées depuis leur arrivée au pouvoir. Parmi les blocs concernés figurent notamment le bloc de Diender, Djifer Offshore, Cayar Offshore profond (Yakaar-Teranga), Cayar Offshore peu profond, Saint-Louis Offshore peu profond ainsi que Rufisque Offshore. « Tous ces blocs ont été résiliés depuis que nous sommes là », a affirmé le Premier Ministre.
Toujours allant dans ce sens, Ousmane Sonko a évoqué l’opération visant à demander au projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) d’approvisionner le marché local sénégalais en gaz. « Cette initiative pourrait générer un gain projeté de 940 milliards de FCFA sur la période 2025-2040, en plus de recettes fiscales évaluées à 1 090 milliards de FCFA », a confié le chef du gouvernement.
Ce dernier a rappelé qu’un comité a été constitué au sein de la Primature pour examiner et renégocier plusieurs contrats et conventions signés par le Sénégal a relevé des manquements à l’origine d’importants préjudices financiers causés à l’État. D’après lui, les membres de ce comité ont commencé par examiner des contrats et conventions relatifs à trois secteurs prioritaires pour le gouvernement, à savoir les télécommunications, l’hydraulique et le secteur minier, a-t-il précisé lors d’un point de presse. « Des secteurs à problèmes », selon le PM. Le comité réunissant des fonctionnaires de plusieurs ministères a pour mission d’examiner les contrats et conventions signés surtout à des moments critiques.
Toutefois, souligne Ousmane Sonko, le gouvernement a décidé d’orienter la renégociation des contrats et conventions en question dans le sens de la préservation des intérêts stratégiques de l’État du Sénégal.
Un manque à gagner de 1 075 milliards de francs CFA dans le secteur minier
A l’en croire, plusieurs contrats et conventions ont été signés dans une grande « opacité » et au « détriment » des intérêts du Sénégal. « Les conclusions du comité présentent des similitudes avec celles formulées par certains corps de contrôle, l’Inspection générale d’État notamment », a signalé le Premier ministre, avant d’ajouter que le Sénégal a été lésé pendant toute la durée d’exécution de ces contrats.
Le Premier Ministre a rappelé que les membres du comité ont relevé des manques à gagner liés au non-paiement de taxes et de redevances par les parties ayant contracté avec l’État. « Dans le secteur minier par exemple, le préjudice est estimé à 1 075 milliards de F CFA », a révélé le Premier Ministre.
Résiliation de plusieurs contrats
Après que le comité placé sous la tutelle du Premier ministre a relevé ces manquements, l’État a pris des mesures conservatoires, dont le blocage de comptes appartenant aux entreprises concernées et la décision de ne pas renouveler certains contrats, a-t-il signalé.
L’État a résilié plusieurs contrats signés par les ex-dirigeants du pays en vue de l’exploitation de gisements pétroliers ou gaziers situés dans les régions de Fatick (centre), Dakar, Thiès (ouest) et Saint-Louis (nord), a annoncé M. Sonko. Les contrats en question portent également préjudice au Sénégal, selon lui.
Le contrat relatif au projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, un gisement appartenant au Sénégal et à la Mauritanie, fera l’objet d’une renégociation qui devrait permettre de satisfaire les besoins du pays en combustibles et de générer 1 900 milliards de francs CFA, a-t-il déclaré.
L’Etat a décidé de ne pas renouveler les concessions minières détenues par les indiens…
Concernant les Industries chimiques du Sénégal, le Premier ministre a annoncé une « reprise des actifs » du Sénégal, ce qui, selon lui, permettra au pays de décider lui-même de l’usage qu’il fera de son phosphate. « L’Etat a décidé de ne pas renouveler les concessions minières détenues par les indiens et de reprendre l’ensemble des actifs de l’entreprise », a en effet déclaré Sonko. « Par cette mesure, le Sénégal va utiliser les engrais produits par les ICS pour satisfaire ses propres besoins et en vendre dans des pays voisins », indique Ousmane Sonko.
Pour les cimenteries, le Premier ministre estime que le Sénégal a subi un préjudice estimé à 4 milliards de F CFA, d’après Ousmane Sonko. « Le Sénégal a opté pour le redimensionnement de certains blocs. Le ministère concerné travaille à leur mise en conformité avec les standards internationaux », a ajouté M. Sonko, concernant ce sous-secteur de l’industrie minière. A l’en croire, « ce qui a été fait est particulièrement grave ». « Il faut que les responsabilités soient situées », a-t-il martelé, promettant de mettre à la disposition de l’Assemblée nationale les informations nécessaires, afin que des enquêtes parlementaires soient menées.
En ce qui concerne le dessalement de l’eau de mer, la renégociation d’un contrat a permis au Sénégal d’obtenir du partenaire un engagement à construire dans le pays un institut de formation à cette technique de transformation de l’eau salée en eau douce. Pour lui, « ce n’était pas prévu dans le contrat initial ».
Le Premier Ministre a rappelé que l’État accorde beaucoup d’importance à l’aspect juridique de la renégociation des contrats, avant d’assurer que le gouvernement va éviter les contentieux longs et coûteux susceptibles d’en découler. « Nous nous donnerons les moyens de répondre. Nous avons du répondant et nous travaillons de manière méthodique », a-t-il affirmé.
Par Dieynaba TANDIANG































