Thierno Alassane Sall ne lâche pas l’affaire Aser et ses efforts seraient en train d’être payés. En effet, dans une déclaration, il a fait savoir que la plainte déposée contre AEE Power EPC et contre X a été acceptée par les autorités espagnoles.
La Plainte déposée par la République des Valeurs en Espagne contre AEE Power EPC et contre X a été acceptée par les juridictions espagnoles, et une procédure intitulée « Diligencias Previas 140/2026 » a été ouverte le 24 février 2026 à Madrid. Dans une déclaration publiée ce week-end, suite à la sortie du Premier Ministre sur la renégociation des contrats, Thierno Alassane Sall a fait savoir que les autorités judiciaires espagnoles « ont clairement indiqué les actions entreprises, les délais applicables ainsi que les procédures de saisine prévues, notamment l’envoi d’un courrier officiel à AEE Power EPC afin qu’elle fournisse, dans un délai de dix jours à compter de sa réception, des informations sur l’utilisation des fonds reçus dans le cadre du contrat ; l’envoi d’un courrier officiel à Banco Santander S.A. afin qu’elle fournisse au tribunal, dans un délai de dix jours à compter de sa réception, les informations dont elle dispose sur la destination des fonds reçus par AEE Power EPC.
« Les menaces, les calomnies et les tentatives de diversion ne nous ébranlent pas. Lorsqu’un message dérange, certains préfèrent s’en prendre au messager plutôt que de répondre au fond », a-t-il lancé à ses détracteurs. Et de poursuivre : « pour notre part, notre démarche est simple : défendre les ressources du peuple sénégalais. Car la véritable souveraineté commence par-là : protéger l’argent public et exiger la transparence dans chaque partenariat international ». Pour TAS, le Sénégal est un pays ouvert. « Il peut et doit travailler avec ses partenaires internationaux. Mais ces partenariats doivent toujours se faire dans la transparence et dans l’intérêt exclusif du peuple sénégalais », souligne-t-il.
Revenant sur la sortie du Premier Ministre Ousmane Sonko au sujet des contrats renégociés, le leader de la République des valeurs signale que le chef du gouvernement a évoqué d’éventuels progrès dans le dossier ASER – AEE Power EPC, « sans jamais dire où sont passés les 37 milliards de francs CFA ». « Il accuse d’éventuels fauteurs, mais n’établit pas la responsabilité claire de leur régime dans la disparition de ces ressources », relève-t-il.
Pour Thierno Alassane Sall, « il est désormais établi, et cela ne fait plus l’objet d’aucun doute sérieux, que les 37 milliards de francs CFA versés à l’entreprise AEE Power EPC ne se traduisent par aucune exécution significative et visible du projet sur le terrain. Autrement dit, des ressources publiques considérables ont été décaissées, mais les Sénégalais ne voient rien ». Ainsi, face au risque de perte définitive de ces ressources publiques, « nous avons, dès le début, alerté l’opinion nationale ainsi que les autorités compétentes ».
Et, dit-il : « C’est dans cet esprit que nous avons déposé une plainte le 16 octobre 2025 auprès du Pool judiciaire financier, plainte dont les investigations ont été confiées à la Section de recherches de la Gendarmerie. Cette démarche aurait dû être celle du Gouvernement. Or celui-ci n’a ni expliqué le sort des 37 milliards décaissés, ni mis en demeure l’entreprise défaillante, ni engagé de poursuites, ni activé la garantie de la SONAC. Au lieu de constater l’absence d’exécution du projet et d’en tirer les conséquences, les autorités ont préféré masquer l’absence de démarrage des travaux ».
Pour Thierno Alassane Sall, dans un État qui se réclame de la rupture et de la transparence, les Sénégalais étaient pourtant en droit d’attendre des explications claires. Mais, dans ce dossier comme dans d’autres, c’est l’opacité qui a malheureusement prévalu. « Cette situation est d’autant plus incompréhensible que la banque financeuse, Santander, avait elle-même exprimé ses inquiétudes dès septembre 2024, inquiétudes rappelées dans une ordonnance de la Cour suprême », rappelle-t-il.
Malgré ces alertes et l’absence manifeste d’activité sur le terrain, indique le leader de la République des Valeurs, ce contrat semble « pourtant bénéficier d’un quitus pour le moins incompréhensible de la part du Gouvernement ».
« Depuis le dépôt de notre plainte, déplore-t-il, près de six mois se sont écoulés sans qu’aucune information officielle ne nous soit communiquée sur les diligences entreprises dans ce dossier. Dans le même temps, chaque prise de parole du Premier ministre sur cette affaire donne l’impression que tout se déroule normalement ». Pour TAS, manifestement, « le Gouvernement a un problème avec l’affaire ASER et semble prêt à tout pour faire oublier ce scandale ». Car ; dit-il, depuis que cette affaire a été portée sur la place publique, la réaction du Gouvernement s’inscrit essentiellement dans un registre de déni et de diversion. « Il a fallu attendre le communiqué du Conseil des ministres du 11 mars 2026 pour voir apparaître ce qui ressemble à la première allusion officielle du Gouvernement à ce dossier.
Dans ce communiqué, le Premier ministre évoque le «projet d’électrification rurale porté par l’ASER ». Cette formulation reste pour le moins imprécise, car l’ASER ne porte évidemment pas un seul projet. Tout porte à croire qu’il s’agit bien du projet liant l’ASER à AEE Power EPC, d’un montant de plus de 91 milliards de francs CFA, soit environ 140 millions d’euros. « Pour expliquer une situation où près de 40 % du montant du projet ont été décaissés, plus de 50 % du délai contractuel ont été consommés et moins de 1,5 % des travaux ont été exécutés, le Gouvernement semble aujourd’hui chercher des boucs émissaires, pointant du doigt le ministère des Finances et l’administration des Douanes. Quoi qu’il en soit, les 37 milliards de francs CFA déjà décaissés restent, à ce jour, sans justification claire et sans aucune réalisation visible sur le terrain », regrette Thierno Alassane Sall.
Par Dieynaba TANDIANG





























