La maîtrise des statistiques sensibles au genre devient de plus en plus essentielle dans le traitement de l’information. Pour améliorer la qualité des contenus médiatiques et renforcer la compréhension des inégalités entre les femmes et les hommes, des journalistes ont été invités à mieux s’approprier les mots, les concepts et les chiffres liés au genre afin de produire des articles d’actualité plus précis et mieux documentés.
Par Idrissa NIASSY
Lors d’une session de renforcement de capacités organisée hier par l’Association des professionnels de l’information pour le genre (Apig), avec l’appui d’Onu Femmes et du programme Women Count, sous l’égide du ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités, sur le rôle stratégique des médias dans la promotion de la redevabilité genre, les participants ont été sensibilisés à l’importance d’utiliser des données fiables et des indicateurs pertinents dans la production d’informations.
Cette activité qui entre dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes 2026 et placée sous le thème : « Droits, justice, action, pour TOUTES les femmes et les filles », est une occasion pour la présidente de l’Apig, Adama Diouf Ly, Journaliste à l’Agence de presse sénégalaise (Aps), d’inviter les journalistes, dans l’exercice de leur métier au quotidien, à maîtriser les mots et les chiffres dans la production de leurs articles. « Dans l’exercice de votre métier au quotidien, je vous invite à maîtriser les statistiques genre dans votre production d’articles d’actualité et vos activités médiatiques », a-t-elle déclaré.
Avant d’ajouter : « les mots et les chiffres doivent être manipulés pas au sens péjoratif où on fait ce qu’on veut pour induire en erreur, mais manipuler l’outil de communication comme le ferait un médecin avec ses outils d’intervention dans son bloc opératoire, pour le bien-être de son patient ». Selon Mme Ly, les chiffres permettent de donner « du poids aux informations » traitées par les médias. « Bien interprétées et contextualisées, les statistiques aident les journalistes à mieux éclairer l’opinion publique sur des problématiques telles que l’accès à l’emploi, l’éducation, la santé ou encore la participation des femmes à la vie économique et politique », a-t-elle dit.
Cette activité qui pour objectif de renforcer les capacités des journalistes membres de l’Apig à utiliser les statistiques de genre pour informer en temps opportun, attirer l’attention sur les inégalités d’accès à la justice notamment en matière de Vbg, tout en contribuant à la redevabilité genre à travers des productions médiatiques fondées sur des données probantes, est une occasion pour la présidente de rappeler le rôle crucial de ces derniers en tant que vecteur d’informations. Même si les journalistes membres de l’Apig ont pu bénéficier de nombreuses formations de la part de l’Onu Femmes et de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) et d’autres entités, la présidente réclame plus de formations pour ses membres pour être des acteurs dynamiques.
Ndeye Seynabou Sarr, Représentante de l’Onu Femmes à cette rencontre, a fait savoir que malgré les avancées remarquables enregistrées dans le cadre de l’égalité de genre au Sénégal, des défis restent à relever, notamment le mariage précoce, les violences basées sur le genre, la méconnaissance des lois, la stigmatisation des victimes et la crainte des représailles, auxquels s’ajoutent des normes sociales et culturelles patriarcales, perpétuent les inégalités. C’est pourquoi, elle appelle les hommes de médias à jouer pleinement leur rôle dans ce combat pour l’égalité de genre. « Vous êtes les passeurs, les traducteurs entre les chiffres et les réalités humaines qui se cachent derrière. Donc, je vous exhorte à jouer votre partition dans ce noble combat », a-t-elle déclaré.
Pour la Représentante de l’Onu Femmes, cet atelier conçu avec l’Apig, n’est pas un simple événement de commémoration. « C’est un investissement stratégique dans les capacités des médias sénégalais à être de véritables acteurs de la redevabilité genre », a-t-elle conclu.































