Dans les confins du Sénégal, là où les routes se font rares et les structures de santé quasi inexistantes, se soigner relève souvent du parcours du combattant. Des kilomètres à parcourir, des coûts de transport prohibitifs, des délais interminables : pour des milliers de citoyens, l’accès aux soins reste un luxe. Mais une innovation simple et efficace est en train de rebattre les cartes : la clinique mobile.
Par Idrissa NIASSY
Face à l’urgence sanitaire dans les zones enclavées, le Sénégal vient de se doter d’une clinique médicale itinérante qui va désormais sillonner villages et hameaux reculés. D’un coût global de 235 000 dollars Us, soit à peu près 126 millions F Cfa, ce véhicule médicalisé offert par trois Agences onusiennes (Unfpa, Onu-Femmes et Unicef) a pour mission d’apporter des soins là où il n’y a ni hôpital, ni médecin permanent. Selon le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, le Dr Ibrahima Sy, c’est une révolution silencieuse qui transforme le quotidien des populations les plus vulnérables, surtout celles des zones du Diéry et du Ferlo. « Aujourd’hui, avec ce camion mobile, on va vers les populations, parce qu’avant, ce sont les populations qui se déplaçaient pour venir vers les structures de santé. Et si ces structures de santé n’existent pas à proximité, ces femmes ne sont pas très disponibles à faire ces visites prénatales, dans le cadre de l’accès à des services de santé reproductive de qualité », a-t-il expliqué. Avant de poursuivre : « ce sera un dispositif sous forme de stratégies médicales avancées, où il y aura gynécologues, sages-femmes et infirmiers qui vont sillonner des localités avec un agenda bien déterminé et qui vont aller à la rencontre de ces femmes qui ont besoin de ces services-là pour les aider à avoir des grossesses sécurisées, avoir aussi après des accouchements sécurisés ».
Pour lui, ces spécialistes de la santé pourront orienter souvent les grossesses à risque vers des structures de santé adaptées pour pouvoir les prendre en charge. Le ministre de la Santé s’exprimait en marge de la cérémonie de remise d’une clinique mobile tout-terrain le jeudi dernier, destinée aux populations de la région de Matam et de Saint-Louis. Ces camions mobiles sont, d’après lui, un moyen de lutter contre les déserts médicaux. Et ce premier qui servira de projet pilote pour le Sénégal, sa réussite permettra de convaincre d’autres bailleurs ou l’État du Sénégal d’intégrer dans sa stratégie de lutte contre les déserts médicaux des camions mobiles qui pourront être positionnés dans certaines zones pour prendre en charge les besoins des femmes en matière de santé reproductive.
Prenant la Andrew Saberton, Directeur exécutif adjoint de l’Unfpa, a fait savoir que cette clinique mobile permettra à des populations d’avoir accès à des soins de santé, de qualité. « Dans cette clinique, il y a la possibilité pour les femmes d’avoir des accouchements en toute sécurité et des soins de santé en toute sécurité pour des gens qui normalement n’ont pas accès à des centres de santé fixes », a-t-il déclaré.
Abondant dans le même sens, Aminata Maïga, Coordonnatrice-Résidente du Système des Nations Unies au Sénégal, parlant au nom de ces trois Agences onusiennes, a fait savoir qu’offrir une telle unité mobile permettait aux populations les plus éloignées, et dans l’esprit des Nations Unies, de ne laisser personne pour compte, « d’avoir accès à la santé, santé reproductive et plusieurs autres domaines de santé. « Cette clinique a également un caractère écologique avec des panneaux solaires. Cela permet d’assurer l’autonomie des services, avec un générateur qui permet de faire qu’on peut s’assurer que lorsqu’elle se met sur un site, le plus loin possible, d’être tout à fait fonctionnelle », explique-t-elle.
Pour Dr Seynabou Ndiaye, Directrice régionale de la santé de Saint-Louis, c’est une planification qui date de 2017, et nous avons fait un grand plaidoyer avec notre partenaire, qui a fait un Fundraising, qui est allé chercher d’autres partenaires au niveau du système des Nations Unies, pour nous permettre aujourd’hui d’avoir ce joyau. « C’est une première au niveau du Sénégal, et qui a été demandée par la région de Saint-Louis pour le département de Podor, pour pouvoir satisfaire une demande d’offre de services », explique-t-elle.
Durant cette même matinée, le ministre de la Santé, dans le cadre de la transformation du système de santé et de la mise en œuvre des orientations stratégiques de l’État, a procédé à la signature d’une convention-cadre de partenariat avec la société Wave Digital Finance. Cette initiative vise à renforcer la gouvernance financière des structures sanitaires à travers la digitalisation des paiements afin de d’améliorer la transparence et la traçabilité des transactions, de sécuriser les recettes des établissements de santé et d’offrir des services plus accessibles, fiables et adaptés à leurs besoins.





























