Le ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique, El Hadji Abdourahmane Diouf, a procédé hier mardi 17 février 2026, à la remise d’équipements et d’inauguration de places publiques aménagées dans les communes de Hann/Bel-Air et de Dalifort-Foirail. Cette initiative entre dans le cadre du Projet de gestion de la santé environnementale et de la pollution en Afrique (Pgsenpa) financé par la Banque mondiale.
Par Idrissa NIASSY
Selon le ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique, le Dr Abdourahmane Diouf, cette initiative s’inscrit dans une dynamique nationale de réduction de l’exposition des populations aux Polluants organiques persistants non intentionnels (Popni), des substances toxiques issues principalement des activités industrielles, des procédés de combustion non maîtrisés et du brûlage à l’air libre des déchets. Il a profité de cette occasion pour rappeler la gravité des risques sanitaires associés aux Polluants organiques persistants non intentionnels, classés parmi les substances chimiques les plus dangereuses au monde. « Ces polluants s’accumulent dans les tissus adipeux et se transmettent par l’air, l’eau et l’alimentation. Les femmes enceintes peuvent les transmettre au fœtus, et les mères allaitantes à leurs nourrissons », a expliqué le ministre.
Cancers, troubles neurologiques, perturbations endocriniennes, malformations congénitales : les conséquences sont scientifiquement établies. « Face à cette réalité, l’inaction n’est pas une option », a martelé le ministre. Pour lui, la commune de Hann/Bel-Air présente une vulnérabilité particulière. Son tissu industriel dense, la proximité du Port autonome de Dakar, la pression du trafic routier et la présence de zones humides lacs et bassins de rétention en font un territoire fortement exposé aux risques de pollution.
Il présidait hier la cérémonie de remise d’équipements et d’inauguration de places publiques aménagées dans les communes de Hann/Bel-Air et de Dalifort-Foirail. Ces équipements de nettoiement sont destinés aux points de regroupement normalisés et aux points de collecte des ordures. Du matériel logistique et informatique a également été octroyé aux Réseaux des acteurs locaux pour la santé environnementale (Ralsen), afin de consolider leurs capacités d’intervention et de sensibilisation. Au-delà des équipements remis, le ministre a évoqué un « tournant stratégique » vers une gouvernance environnementale plus participative, responsable et durable. « L’éradication des dépôts sauvages, la fin du brûlage à l’air libre des déchets et l’adoption de comportements responsables doivent devenir des réflexes collectifs », a-t-il lancé à l’endroit des élus locaux et des populations. « Ensemble, nous pouvons bâtir des villes plus propres, plus sûres et plus résilientes », a conclu Dr Diouf.
Au total, l’appui représente un investissement de plus de 290 millions F Cfa. Selon Mme Arame Tall Diop, représentante du Groupe de la Banque mondiale, partenaire financier du Projet aux côtés du Fonds pour l’environnement mondial (Fem), ces équipements conteneurs, matériel de nettoiement, motos et outils informatiques sont « mis au service direct des populations ». Elle a insisté sur le rôle stratégique des Ralsen, véritables relais communautaires entre politiques publiques et réalités de terrain. « Les réponses efficaces reposent sur des investissements structurants et sur l’implication active des acteurs locaux », a-t-elle affirmé. Le Sénégal, signataire des grandes conventions internationales sur la gestion des produits chimiques et des déchets dangereux notamment la Convention de Stockholm, la Convention de Minamata, la Convention de Bâle et la Convention de Rotterdam s’est engagé à réduire progressivement les émissions de polluants organiques persistants. Au-delà des équipements remis, le ministre a évoqué un « tournant stratégique » vers une gouvernance environnementale plus participative, responsable et durable.
Pour les autorités comme pour les partenaires techniques et financiers, l’enjeu s’agit d’inscrire la transition écologique au cœur du développement urbain, comme levier de justice sociale et de prospérité durable.






























