La société INTERMAQ 2012 S.A., titulaire du marché N°T0520/22 conclu en mars 2022 avec le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage (MASAE) du Sénégal dément, « avec la plus grande fermeté » les accusations de surfacturation estimée à 12 milliards de F CFA, proférées publiquement par le Ministre Mabouba Diagne lors de l’émission diffusée sur la chaîne TFM le 9 mars 2026.
Dans un communiqué dont copie nous est parvenue ce jeudi, INTERMAQ 2012 S.A. qualifie ces déclarations de « mensongères », « infondées » et « dangereusement irresponsables ».
La société a, cependant tenu à rétablir les faits sur la base des documents officiels.
Un marché validé à tous les niveaux de l’État sénégalais
D’après la source, contrairement aux insinuations du Ministre, « le marché T0520/22 n’a pas été attribué de manière opaque ou arbitraire. Il s’agit d’une offre spontanée qui a suivi un processus de validation rigoureux et multi-institutionnel : l’offre a été soumise à une évaluation par un expert indépendant désigné par l’ARCOP, qui en a confirmé la justesse des prix et la pertinence technique ». Le communiqué poursuit : « L’offre a été approuvée par la Direction Centrale des Marchés Publics (DCMP), autorité de régulation compétente. Le marché a été approuvé par le Ministère des Finances et du Budget du Sénégal, garant de la régularité budgétaire ».
Toujours selon le document, en 2021, « Banco Santander S.A. d’Espagne a accordé un financement export d’un montant de 127,97 millions d’euros (environ 83,9 milliards FCFA), assorti d’une couverture de la CESCE, pour la réalisation dudit projet — une banque internationale de premier rang n’accorde pas un tel financement sans procéder à une due diligence rigoureuse des prix et conditions du marché ».
Le ministre Mabouba Diagne lui-même a confirmé les prix en signant l’avenant en mai 2025
A en croire la source, le ministre Mabouba Diagne lui-même a confirmé les prix en signant l’avenant en mai 2025. « Le fait le plus accablant pour la crédibilité des accusations ministérielles réside dans la signature par le Ministre Mabouba Diagne lui-même, en mai 2025, d’un avenant sans incidence financière au marché T0520/22. Cet avenant, dont le procès-verbal de la réunion de révision a été signé le 14 avril 2025 dans les locaux du MASAE, en présence des représentants de la Direction de la Modernisation de l’Équipement Rural (DMER), avait pour objet la modification des désignations et quantités de certains équipements agricoles, à la demande expresse du Ministère, pour mieux répondre aux besoins réels des agriculteurs sénégalais — sans modifier le montant global du contrat (130 355 369 euros) ».
Ainsi, souligne-t-on dans le document, en apposant sa signature sur cet avenant, le Ministre Diagne a formellement et officiellement confirmé et validé les prix du marché T0520/22. « Accuser aujourd’hui INTERMAQ de surfacturer les mêmes prix qu’il a lui-même avalisés constitue une contradiction flagrante et inexplicable », estime la société INTERMAQ.
Un projet exécuté à plus de 70% : aucune mise en demeure n’a jamais été adressée à INTERMAQ
Toujours, précise le communiqué, le marché T0520/22 affiche un taux d’exécution supérieur à 70% en ce qui concerne la fourniture des équipements agricoles. « Des centaines de tracteurs, moissonneuses-batteuses, systèmes d’irrigation et autres équipements ont été livrés aux agriculteurs sénégalais ». « Fait révélateur : à ce jour, le Ministère de l’Agriculture n’a jamais adressé à INTERMAQ 2012 S.A. la moindre mise en demeure, ni même une simple notification signalant un quelconque manquement à ses obligations contractuelles. Si les prix avaient réellement été surfacturés, une telle démarche aurait été la première obligation légale du Ministère », ajoute-t-on dans le communiqué.
La vérité inversée : c’est INTERMAQ qui réclame le respect des obligations contractuelles par le Ministère
Selon le communiqué, la réalité que le Ministre omet délibérément de mentionner est que c’est le titulaire du marché qui, depuis 2024, multiplie les correspondances pour réclamer au Ministère le respect de ses propres obligations contractuelles. L’article 5 du marché T0520/22 impose clairement au MAERSA la mise à disposition des terrains pour la construction des 120 entrepôts frigorifiques, obligation toujours non honorée à ce jour, malgré l’engagement pris lors de la réunion du 8 août 2024 de fournir les 20 sites nécessaires ; l’obtention des titres d’exonération douanière, carence administrative ayant conduit au blocage des équipements importés au Port Autonome de Dakar pendant de longs mois, générant des centaines de millions de FCFA de frais de surestaries et de magasinage à la charge exclusive d’INTERMAQ.
« C’est précisément cette inaction du Ministère qui a empêché la construction des entrepôts réfrigérés, entrepôts qui auraient aujourd’hui permis d’éviter les pertes post-récoltes catastrophiques auxquelles les producteurs des Niayes font face. Le Ministre se plaint d’un problème dont son propre Ministère est le premier responsable », ajoute le document.
La preuve irréfutable : le Ministre Diagne a lui-même demandé une réduction illégale des prix de plus de 50%
D’après le communiqué, le document le plus révélateur dans ce dossier est la lettre confidentielle N°00108/MASAE/DMER, datée du 12 septembre 2025, adressée personnellement par le Ministre Dr Mabouba Diagne à M. Fernando Marco Blanco, Titulaire du marché INTERMAQ 2012 S.A. Dans cette lettre officielle, signée et tamponnée du cachet du Ministère, le Ministre sollicite expressément : « Afin de garantir la poursuite du projet, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir envisager une réduction de 40% des prix des infrastructures de stockage et de 50% des coûts de l’atelier et des pièces de rechange. »
« Lettre N°00108/MASAE/DMER du 12 septembre 2025, signée Dr Mabouba Diagne, Ministre »
Cette demande de réduction unilatérale des prix contractuels de plus de 50% est formellement contraire aux articles 23 et 24 du Code des Marchés Publics du Sénégal, qui interdisent toute modification substantielle des conditions économiques d’un marché public en cours d’exécution. INTERMAQ 2012 S.A. a fermement et légalement rejeté cette demande par courrier officiel en date du 18 septembre 2025, rappelant au Ministre les dispositions légales applicables et réaffirmant sa stricte adhésion aux prix contractuels.
La séquence des faits est donc sans équivoque : le Ministère tente d’imposer une baisse illégale des prix de plus de 50% → INTERMAQ refuse légitimement → le Ministre se retourne contre INTERMAQ en l’accusant publiquement de surfacturation. Il s’agit d’une instrumentalisation médiatique inacceptable, qui ne saurait masquer les manquements répétés du Ministère à ses propres obligations contractuelles.
Un préjudice grave pour l’image du Sénégal et les investisseurs étrangers
« Ces accusations publiques, non étayées par le moindre élément de preuve, constituent une atteinte grave à la réputation d’une entreprise espagnole qui a respecté ses obligations contractuelles depuis 2022. Elles sont de nature à dissuader les investisseurs étrangers et les partenaires commerciaux de s’engager dans des projets avec l’État du Sénégal, lorsqu’ils peuvent craindre d’être publiquement diffamés sans recours », lit-on dans le communiqué.
Toutefois, INTERMAQ 2012 S.A. rappelle que la créance impayée de plus de 8 083 244 euros au titre des dernières livraisons d’équipements demeure à ce jour sans règlement de la part du MASAE, malgré de multiples relances.
Par conséquent, INTERMAQ 2012 S.A. exige du Ministre Mabouba Diagne un démenti public immédiat des accusations de surfacturation proférées sur la TFM le 9 mars 2026, et se réserve le droit d’engager toutes les voies de recours juridiques disponibles au Sénégal comme en Espagne pour défendre son honneur et obtenir réparation du préjudice subi.
Par Ibrahima DIOP

































