L’Agence nationale des Affaires maritimes (Anam), organise pour deux jours (le jeudi 26 et vendredi 27 mars 2026) un atelier national sur le renforcement de la surveillance maritime et fluviale. Ceci rentre dans le cadre du renforcement de la surveillance maritime et fluviale, priorité stratégique de l’action de l’Etat en mer, face aux défis croissants liés aux activités maritimes et portuaires. Et l’Anam opte pour une riposte stratégique, collective, coordonnée.
M. Bécaye Diop, directeur général de l’Agence nationale des Affaires maritimes (Anam), a souligné : « Ne nous y trompons pas. Ce qui nous rassemble aujourd’hui dépasse le cadre d’un simple séminaire technique. Nous sommes ici pour répondre à une exigence vitale, pour dessiner l’architecture de notre souveraineté future. La Vision Sénégal 2050, qui guide nos pas, nous assigne une mission claire : faire de notre façade maritime et de nos fleuves un sanctuaire inviolable ».
Et le directeur général de l’Anam de poursuivre : « Nos eaux sont le poumon de notre économie, le garde-manger de notre peuple et, désormais, le coffre-fort de nos ressources énergétiques. Mais cette richesse attire les convoitises et nourrit les périls. Piraterie, trafics illicites, pillage halieutique, péril migratoire, pollutions… La menace est protéiforme, elle est mobile, elle est insidieuse ». Il estime que nos plateformes offshores sont des organes vitaux de la nation qu’il nous faut protéger avec une vigilance de chaque instant.
M. Bécaye Diop de renchérir : « Il nous faut une riposte stratégique. Cette riposte tient en un mot : SYNERGIE. Fini le temps des actions isolées. Marine nationale, Armée de l’air, Gendarmerie, Police, Douanes, ANAM, acteurs de l’environnement : Nous ne sommes pas des entités distinctes, nous sommes les doigts d’une même main. Notre défi est de transformer cette main en un poing serré, capable de frapper ou de protéger avec précision. Nous devons briser les cloisonnements pour bâtir une approche intégrée, où l’information circule à la vitesse de la lumière et où la réaction est foudroyante ».
Selon le directeur général de l’Anam, l’ambition sans moyens est une illusion. « C’est pourquoi nous devons embrasser l’audace technologique. Satellites, intelligence artificielle, drones, radars côtiers : l’innovation doit être notre alliée pour voir plus loin, pour savoir plus vite. Cependant, la technologie n’est rien sans l’humain et sans le cadre qui la régit. Il nous faut des lois agiles, une finance verte innovante et des hommes formés à l’excellence. Nous avons déjà prouvé notre détermination. L’acquisition du patrouilleur de haute mer « FOULADOU » n’était pas un achat, c’était un acte de souveraineté. La formation de 4 000 capitaines n’était pas de la pédagogie, c’était de la consolidation citoyenne ».
L’ambition d’une Académie nationale maritime pour former l’élite de demain
« Nous portons l’ambition d’une Académie nationale maritime pour former l’élite de demain. Nous travaillons à un système de veille côtière révolutionnaire et au renforcement de notre maîtrise hydrographique. Nous ne voulons pas seulement naviguer sur nos eaux, nous voulons les connaître, les comprendre et les maîtriser totalement. Soyez les architectes d’un dispositif de surveillance résilient, capable de traverser les tempêtes du siècle à venir. Car au bout du compte, ce n’est pas seulement de la mer dont nous parlons, mais de l’héritage que nous laisserons à nos enfants. Renforcer notre surveillance, c’est affirmer haut et fort que le Sénégal est maître de son destin maritime », conclut le Directeur général de l’Anam.
Quant au Colonel Yoro THIAM, Conseiller Défense, représentant Madame le Ministre des Pêches et de l’Économie maritime, il avance : « Je voudrais, tout d’abord, saluer et féliciter l’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM), pour l’initiative de cette rencontre, dont la pertinence s’inscrit pleinement dans les priorités stratégiques de l’État du Sénégal. En effet, dans un contexte marqué par l’essor des activités maritimes et fluviales, le développement des échanges portuaires, l’exploitation pétrolière et gazière offshore, ainsi que la montée de risques multiformes sur nos espaces maritimes, la question de la surveillance revêt une importance toute particulière ».
Selon le Colonel Thiam, nos espaces maritimes et fluviaux constituent des zones stratégiques pour la souveraineté nationale, la sécurité des personnes et des biens, la protection de l’environnement marin et côtier, ainsi que le développement de notre économie bleue. Il souligne qu’ils sont aujourd’hui confrontés à des défis croissants : pêche illicite, trafics illicites, migration irrégulière, pollution marine, insécurité des activités en mer, mais également nouveaux enjeux liés à la protection des installations offshore et à la cohabitation harmonieuse entre les différents usages de la mer. « Face à ces défis, la réponse ne peut être que collective, coordonnée et résolument tournée vers l’efficacité. C’est tout le sens de cet atelier, qui offre un cadre privilégié de concertation entre les différentes institutions engagées dans l’Action de l’État en mer, afin de renforcer la synergie des interventions, d’améliorer le partage d’informations, d’optimiser l’utilisation des moyens disponibles et de faire émerger des solutions concrètes et opérationnelles », dira Colonel Thiam.
Il souligne que le Gouvernement attache une importance particulière à la consolidation de la gouvernance maritime, à la modernisation des dispositifs de surveillance et à la préservation durable de nos ressources et de nos espaces maritimes et fluviaux. Et cette ambition s’inscrit dans une vision plus large de souveraineté, de sécurité et de valorisation durable de notre potentiel maritime, en cohérence avec les orientations nationales de transformation structurelle de notre pays.
Par Massaër DIA.
































