C’est encore le flou total dans le dossier de « l’ASERGATE ». La sortie du DG de l’Agence de l’électrification rurale a laissé les questions en suspens encore une fois lors de sa sortie médiatique hier.
Jean Michel Sene a certainement raté une occasion de clore la polémique sur le scandale de « l’Asergate ». Attendu un certain nombre de questions, le Directeur Général de l’ASER est passé à côté de la plaque lors de sa conférence de presse de ce mercredi 1er avril 2026. A l’écouter hier, nous sommes restés sur notre faim par rapport à la question sur les 37 milliards, sur la sommation interpellative de son prédécesseur.
Cette sortie plutôt que d’éclairer la lanterne des Sénégalais embrouille davantage les esprits. Ce que l’opinion aimerait savoir à quoi ont servi les 37 milliards débloqués pour le projet ? Pourquoi il n’a pas répondu à la sommation interpellative de son prédécesseur et c’était l’occasion rêvée pour JMS de répondre mais il ne l’a pas fait mais, il a préféré annoncer une plainte contre celui-là.
Le Dg de l’ASER n’a pas été entendu sur la lettre d’exonération des droits de taxes sur le marché numéro T0296/24_ASER-AEE Power EPC, conclu en février 2024. Pourquoi a-t-il accordé cette exonération de taxes à la société espagnole au moment où le gouvernement dénonce des conventions privilégiées avec des entreprises nationales. Pourquoi n’a-t-il pas évoqué les espagnoles qui sont censés se charger de ce programme.
Jean-Michel Sène, en conférence de presse a déclaré qu’« il n’y a rien à cacher dans ce dossier, mais beaucoup de choses à clarifier ». Selon lui, plusieurs anomalies ont été relevées dès le départ. « Un projet non inscrit au budget, des procédures internes non respectées, des incohérences dans les montants (entre 36 et 37 milliards de FCFA) et une avance financière accordée sans base solide. La moindre des choses, avant tout paiement, c’est de vérifier la conformité à tous les niveaux. Cela n’a pas été fait », a-t-il fait savoir.
Parlant des conditions d’octroi de l’avance financière, il indique « qu’une avance sur dépenses engagées doit être strictement encadrée. Là, nous avons constaté des manquements graves à la procédure », dit-il sans nommer ces manquements. Cette situation a conduit à une réaction institutionnelle. En effet, martèle-t-il : « nous avons déposé une plainte contre X, parce que la responsabilité doit être située ».
Face aux irrégularités, l’ASER a décidé de suspendre le marché, une décision contestée devant la justice. « Nous avons saisi la Cour suprême, qui a rendu sa décision le 21 janvier 2026. Cette décision confirme nos prérogatives en tant qu’autorité contractante », a expliqué Jean-Michel Sène. « Il s’agit d’un programme de 91 milliards de FCFA visant à électrifier au moins 1 740 localités. Nous avons l’obligation de le préserver ». Mais, il alerte également sur les risques : « À ce rythme, les 37 milliards pourraient être consommés rapidement sans impact réel sur le terrain ». Jean Michel Séné a soulevé l’absence d’études environnementales préalables. « Les études d’impact environnemental n’ont pas été faites dans les règles », a-t-il déploré.
Jean-Michel Sène annonce d’autres sorties : « Ce n’est qu’une première étape. Nous reviendrons pour exposer d’autres problèmes liés à ce marché ».
Espérons qu’à cette énième occasion, il ne ratera pas le coche pour clore enfin ce débat qui peine à connaître son épilogue.
Avec Ibrahima DIOP






























