Le ministre de l’Agriculture Mabouba Diagne rejette tout lien avec le marché Intermaq et pointe les retards accusés par la société dans l’exécution dudit marché. A son tour, Intermaq dément et exige des excuses publiques.
Suite et pas fin de l’affaire Intermaq. Le ministre de l’Agriculture Mabouba Diagne, invité ce jeudi sur la matinale de la TFM ce jeudi déclare sur l’honneur qu’il n’est, à aucun moment, mêlé au marché lié à Intermaq et qui date de 2018. Le ministre affirme qu’il n’a jamais eu connaissance de la circulaire datant du mois de septembre 2024 informant les gouverneurs de région, les informant d’un compte bancaire de la LBA où les bénéficiaires devraient effectuer le versement.
Revenant sur les faits, il a expliqué que Intermaq a contacté un marché de 85 milliards dont l’Etat a payé les 65 milliards et Intermaq n’a livré que 17 milliards de matériels. « Il reste encore 15 milliards qui sont dans la nature et jusqu’à présent nous n’arrivons pas à mettre la main sur le matériel. Nous les avons appelés plusieurs fois pour échanger, en vain », a-t-il laissé entendre.
Intermaq 2012 S.L. s’inscrit en faux
Dans un communiqué, publié suite à cette sortie du ministre, Intermaq 2012 S.L. se dit particulièrement étonnée d’entendre le Ministre Mabouba Diagne « avancer publiquement, sur les ondes de la TFM, des chiffres totalement faux et invérifiables, lorsqu’il affirme que notre société aurait été payée à hauteur de 65 milliards de F CFA pour des livraisons d’équipements de 17 milliards de F CFA seulement ». « Une telle affirmation est grave, mensongère et préjudiciable à notre réputation », lit-on dans le document.
Il précise que : « les chiffres exacts, vérifiables sur la base des factures et titres de paiement, sont les suivants : Montant total facturé au MASAE (volet fourniture d’équipements et volet construction de l’atelier) : 52 236 000 euros ; Montant effectivement perçu d’Intermaq 2012 S.L. : 42 348 000 euros ; Solde dû par le MASAE à Intermaq 2012 S.L. : 9 888 000 euros ». « Ce solde correspond au montant de notre dernière facture impayée depuis décembre 2024 ainsi qu’au reliquat de 5 % retenu sur les équipements déjà expédiés et livrés. C’est donc bien le Ministère qui demeure débiteur à l’égard d’Intermaq 2012 S.L., et non l’inverse », précise Intermaq.
Par ailleurs, ajoute la source : « le volet fourniture d’équipements agricoles du marché est exécuté à hauteur de 70 %, ce qui témoigne sans équivoque de la qualité et de la diligence de nos prestations. N’eût été le non-respect par le Ministère de l’Agriculture de ses propres obligations contractuelles au premier rang desquelles la délivrance des titres d’exonération douanière, la mise à disposition des sites pour la construction des entrepôts et la régularisation de l’avenant signé en mai 2025, ce volet aurait été exécuté à 100 % ».
La vérité sur les équipements bloqués au Port de Dakar
« Le Ministre a également annoncé publiquement son intention de « réquisitionner » les équipements en souffrance au Port Autonome de Dakar afin d’en faire bénéficier les agriculteurs. Cette présentation est une contrevérité qui occulte la réalité des faits. Ces équipements sont demeurés bloqués au port depuis 2024 en raison de l’incapacité du Ministère à délivrer les titres d’exonération douanière prévus à l’article 5 de l’Acte d’Engagement du marché T0520/22, lequel stipule expressément que « Le MAER s’engage à s’occuper de toutes les démarches administratives pour l’obtention des titres d’exonération des impôts, droits et taxes pour toutes les dépenses effectuées dans le cadre de ce projet », explique-t-on dans le communiqué.
Face à cette carence administrative prolongée, « Intermaq 2012 S.L. a été contrainte de supporter, sur ses propres deniers, plus de 450 millions FCFA de frais de surestaries et de magasinage, et a dû négocier à titre exceptionnel auprès de l’administration douanière sénégalaise une dérogation pour sortir les équipements sous le régime des Admissions Temporaires Exceptionnelles (ATE), dans l’attente de la régularisation de l’avenant sans incidence financière signé par le Ministre lui-même au mois de mai 2025. A ce jour, sur les 21 conteneurs expédiés au Port de Dakar, les 17 ont pu être livrés sur le site de notre prestataire pour l’assemblage des équipements ».
Et d’affirmer : « il est donc parfaitement inexact et déloyal de présenter comme une mesure de souveraineté ce qui relève en réalité d’équipements déjà expédiés, non payés, et dont le Ministère est lui-même responsable du blocage prolongé. Toute idée de réquisition de ces équipements, qui demeurent juridiquement la propriété d’Intermaq jusqu’à la levée des formalités douanières et au paiement intégral, serait contraire au droit et exposerait l’État du Sénégal à des conséquences juridiques et financières considérables, tant au plan national qu’international.
Mise au point finale et réserve de droits
Selon le communiqué, Intermaq 2012 S.L. a toujours fait preuve de loyauté, de transparence et de patriotisme à l’égard de l’État du Sénégal depuis le début du projet en 2022. « Malgré les difficultés considérables rencontrées du fait des manquements du Ministère, notre société a maintenu ses livraisons, assuré la formation des agriculteurs, fourni gratuitement les pièces de rechange et le service après-vente, et même pris en charge les frais d’hébergement, de carburant et de per diem des agents du Ministère lors de missions de terrain », renseigne le document.
Par conséquence, Intermaq 2012 S.L. « dément formellement et catégoriquement l’intégralité des affirmations tenues par le Ministre Mabouba Diagne lors de l’émission Matinale de la TFM. Elle exige un démenti public immédiat de la part du Ministre, dans les mêmes conditions de diffusion que les déclarations initiales.
En outre, Intermaq invite le ministère à honorer, sans délai, ses obligations contractuelles, notamment la régularisation de l’avenant signé en mai 2025, la délivrance des titres d’exonération, la mise à disposition des sites pour la construction des entrepôts et le règlement de la facture impayée depuis décembre 2024.
Toutefois, la société se réserve « expressément » le droit d’engager toutes les voies de recours juridiques disponibles, au Sénégal comme en Espagne, pour défendre son honneur, sa réputation commerciale et l’ensemble de ses droits contractuels et financiers.
INTERMAQ 2012 S.L. se dit disponible pour tout dialogue constructif avec les autorités sénégalaises, dans le respect des engagements contractuels mutuels et des principes de bonne gouvernance, en vue de la réussite de ce projet structurant pour la souveraineté alimentaire du Sénégal.
Par Ibrahima DIOP































