Afin de faire entendre la voix des enfants et favoriser le dialogue entre enfants et parlementaires, une rencontre s’est tenue hier à Dakar. Organisée par le Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement, la Commission développement durable et transition écologique de l’Assemblée nationale, en partenariat avec l’Unicef et la Conafe, cette rencontre d’échanges entre députés et membres des Conseils municipaux des enfants (Cme) est une occasion pour ces derniers de soumettre leurs doléances aux parlementaires.
Par Idrissa NIASSY
La voix des enfants franchit un nouveau cap dans l’espace institutionnel sénégalais. Réunis dans la capitale sénégalaise, Dakar, 77 maires et mairesses issus des Conseils municipaux d’enfants (Cme) des régions de Tambacounda, Kédougou, Kolda, Sédhiou, Dakar, Thiès et Saint-Louis, ont formulé hier un plaidoyer commun destiné à être porté devant l’Assemblée nationale du Sénégal, marquant ainsi une étape importante dans la participation citoyenne des plus jeunes.
Âgés de 8 à 18 ans, ces jeunes élus locaux, venus de plusieurs régions du pays, ont pris part à une rencontre nationale de trois jours (23 au 25 mars 2026) organisée à Dakar. Objectif : structurer leur réseau et faire entendre leurs préoccupations auprès des décideurs publics. Après ces jours d’échanges, de débats et de partage d’expériences, ils ont élaboré un message commun regroupant leurs principales doléances. Cette plateforme revendicative a été transmise aux députés afin d’influencer les politiques publiques en faveur de l’enfance.
Venu représenter le président de l’Assemblée nationale à cette rencontre, l’honorable député Samba Dang, 5ème vice-président de l’Assemblée, et président du Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement, a d’abord salué cette initiative, avant de féliciter l’Unicef et la Coalition nationale des associations et Ong en faveur de l’enfant (Conafe). Pour lui, les doléances des 77 maires et mairesses ont été entendues et seront remises à qui de droit. « Nous sommes obligés de prendre en compte les doléances des enfants parce qu’une société est toujours déterminée par l’éducation qu’on donne à ses enfants », s’est-il justifié. Et de poursuivre : « On est aussi obligé de les accompagner par rapport à l’initiative de l’Unicef. C’est pourquoi, nous sommes là au nom du président de l’Assemblée Nationale, El Malick Ndiaye, et nous avons entendu les doléances, surtout les plus importantes ».
Ce dernier a profité de cette occasion pour faire savoir que les parlementaires ne ménageront aucun effort pour la réussite de mission. « Nous allons nous battre du côté de la législation pour que le Conseil municipal des enfants soit reconnu au niveau local », a-t-il déclaré. Avant de faire part qu’ils battront également pour la mise en place du Parlement des enfants.
Abondant dans le même sens, Jacques Boyer, représentant de l’Unicef au Sénégal d’indiquer : « le Conseil municipal des enfants entre dans le cadre de la promotion des droits de l’enfant, droit à la santé, à l’éducation, à la protection, mais également le droit à la participation, qui est tout aussi important que les droits que je viens de citer ». Selon lui, le rôle principal de ces Cme est de pouvoir analyser la situation de leur municipalité, de leur commune, par rapport à leurs droits, et également de proposer des actions à mener justement pour promouvoir et garantir ces droits. « Notre objectif aujourd’hui était de pouvoir susciter ce dialogue entre ces représentants des conseils municipaux d’enfants et les élus de la Nation, les membres de l’Assemblée Nationale, pour que non seulement ils puissent présenter leurs propositions, mais surtout soient écoutés par l’Assemblée Nationale.
« À l’issu de ces trois jours d’atelier, nous attendons maintenant l’adoption du code de l’enfant », a-t-il plaidé. « Nos attentes, c’est d’adopter ce code pour que chaque enfant puisse jouer de ses droits et de ses devoirs. On veut aussi avoir un parlement national des enfants », a-t-il conclu. Pour Justine Laison, Secrétaire exécutive de la Conafe, reconnaître les Cme, « c’est donner encore plus de place aux enfants », surtout dans le cadre du suivi des engagements qui sont pris par l’État du Sénégal au niveau local.


































