À l’occasion de la Journée internationale du zéro déchet, qui sera célébrée ce lundi 30 mars 2026, les chiffres interpellent : la majorité du gaspillage alimentaire se produit au sein même des foyers. Une réalité qui appelle à un changement urgent des comportements, notamment dans les pays en développement où les pertes aggravent l’insécurité alimentaire.
Par Idrissa NIASSY
Le gaspillage alimentaire atteint des proportions vertigineuses dans le monde. Chaque année, nous jetons environ 1 milliard de tonnes de nourriture comestible, soit près d’un cinquième (1/5) de toute la nourriture mise à la disposition des consommateurs. Cela a des répercussions tant sur les personnes que sur l’environnement. Selon les dernières estimations, près de 60 % du gaspillage alimentaire mondial se produit dans les ménages, suivis par la restauration (28 %) et le commerce de détail (12 %). Ce constat met en lumière une responsabilité souvent sous-estimée : celle des consommateurs. Entre achats excessifs, mauvaise conservation des aliments et habitudes de consommation peu durables, les pertes alimentaires s’accumulent chaque jour dans les cuisines.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle contraste avec les défis liés à la faim et à la malnutrition dans plusieurs régions du monde, notamment en Afrique. Le gaspillage alimentaire ne se limite pas à une perte de nourriture. Il entraîne également un gaspillage de ressources précieuses : eau, énergie, terres agricoles. À cela s’ajoute une contribution significative aux émissions de gaz à effet de serre, aggravant ainsi les effets du changement climatique. Pour s’attaquer à ce problème, il faut repenser ces systèmes et opérer une transition vers une approche plus durable et circulaire, fondée sur l’efficacité, la résilience et la durabilité.
La place des gouvernants, des entreprises et des consommateurs
Cependant, pour que cette transition soit couronnée de succès, les gouvernements peuvent faire progresser la prévention du gaspillage alimentaire par le biais de plans en faveur du climat et de la biodiversité, ainsi que de politiques nationales sur l’économie circulaire, les déchets, les systèmes alimentaires, l’agriculture et le développement urbain, et encourager la mesure et le suivi ; renforcer les partenariats public-privé ; et faire preuve de leadership et passer à l’action en rejoignant l’initiative « Food Waste Breakthrough ». Concernant les entreprises, elles peuvent fixer des objectifs mesurables de réduction du gaspillage alimentaire et les intégrer dans leurs engagements existants en matière de développement durable, innover pour passer à des systèmes alimentaires circulaires et améliorer l’efficacité tout au long des chaînes d’approvisionnement, ce qui leur permettra de rejoindre le « Food Waste Breakthrough » pour déployer des solutions à grande échelle et partager les progrès réalisés. Les consommateurs peuvent, à leur tour, planifier, acheter, conserver et préparer leurs aliments de manière réfléchie afin de réduire le gaspillage et d’économiser les ressources, tout en soutenant les initiatives de récupération, de redistribution et de compostage des aliments, et en contribuant à rendre le gaspillage alimentaire socialement inacceptable par leurs actions quotidiennes.
Changer les habitudes pour inverser la tendance
Face à ce constat, la Journée internationale du zéro déchet se veut un appel à l’action. Les experts recommandent des gestes simples mais efficaces : planifier les repas, mieux conserver les aliments, valoriser les restes. Autant de pratiques qui peuvent réduire significativement le gaspillage au niveau domestique. Si les ménages sont en première ligne, la lutte contre le gaspillage alimentaire nécessite une mobilisation collective. États, collectivités, entreprises et Organisations de la société civile doivent conjuguer leurs efforts pour sensibiliser, éduquer et mettre en place des politiques publiques adaptées.
Réduire à moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2030, comme le prévoit l’Agenda des Nations Unies, reste un objectif ambitieux mais atteignable. À condition que chaque acteur, à commencer par les ménages, prenne conscience de son rôle et agisse au quotidien.


































