Le Collectif des avocats qui assurent la défense des sociétés AEE Power Sénégal S.A. et Intermaq, dirigées par l’homme d’affaires sénégalais Saïdou Kane, a fait face à la presse ce Mardi 05 Mai 2026 pour apporter des clarifications dans le dossier ASER.
Représenté par le Bâtonnier Me Pape Leyti Ndiaye, boubacar Koita, Me Abdou Diali Kane entre autres, le collectif des avocats de Saïdou Kane, a jugé nécessaire d’apporter sa part de vérité, afin d’éclairer l’opinion publique national et international sur la réalité des faits, suite aux accusations portées contre leur client, et des entités AEE Power Sénégal, Passant, ainsi que Intermaq.
Me Pape Leyti Ndiaye a présenté Seydou Kane comme un ressortissant Sénégalais établi en Espagne depuis plusieurs années, pays où il a développé des activités économiques prospères. Un homme animé par la volonté de contribuer au développement de son pays, d’origine et qui a initié un projet structurant destiné à accompagner l’Etat du Sénégal dans sa politique d’électrification rurale, puis deux autres projets dans les deux domaines que j’ais indiqués plus haut.
Il est initiateur et administrateur général de la société AEE Power Sénégal, porteuse d’un projet visant l’électrification de 928 localités, porté ensuite à 1600 localités, répartis notamment dans les régions de Kaffrine, Louga, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou dans le respect des dispositions du code des marchés publics du Sénégal relatives aux offres spontanés. Et c’est dans ce cadre, qu’il a assuré un rôle déterminant dans la conception globale du projet, la structuration du dossier technique et financier, la coordination avec les autorités administratives compétentes, la prise en charge des expertises requises, notamment celles diligentées sous l’égide de l’ASER, enfin la mobilisation des partenaires financiers.
L’avocat est revenu en détail sur l’affaire ASER, en commençant de la mise en place du financement et du partenariat international. Selon lui, le porteur du projet devait assurer l’intégralité de son financement. Et ce, conformément aux exigences applicables aux offres spontanés. C’est d’ailleurs, la raison pour laquelle le sieur Saidou Kane a engagé des démarches auprès de la banque Espagnol, Santander avec l’appui des autorités diplomatiques Sénégalaises en Espagne, afin d’obtenir le financement nécessaire à la réalisation du projet. Son rôle a été d’ailleurs reconnu par le directeur exécutif Afrique de la banque Santander, dans une correspondance en date du 26 Décembre 2024, adressée au secrétariat général du gouvernement du Sénégal.
Toutefois, les conditions de financement imposées par les partenaires Espagnols, exigeaient l’implication d’une entreprise de droit espagnole. C’est dans ce contexte qu’un partenariat a été conclu avec la société AEE Power APC Espagne.
Evoquant le cadre contractuel qui est la répartition des rôles, ce dernier fait savoir que ce partenariat s’est matérialisé par un protocole d’entente en date du 16 Novembre 2023, confirmant la collaboration entre les entités sénégalaises et espagnoles. Un engagement tripartite du 25 Novembre 2023 signé entre l’ASER, AEE Power EPC et AEE Power Sénégal, donnant l’exclusivité de la construction et de l’acquisition des poteaux en béton armé à AEE Power Sénégal et ensuite, un contrat opérationnel définissant la répartition des tâches.
Au terme de ces accords, AEE Power Sénégal devait assurer 60% des travaux d’électrification rurale. CE Niveau d’intervention excède largement le seuil de 40% prévu par l’article 48 du des marchés publics. Ce qui atteste de son rôle central et incontestable dans l’exécution du projet.
M. Ndiaye a expliqué que le projet d’un coût global de 140 Millions d’Euros, prévoyait notamment le versement d’une avance de démarrage de 40%, laquelle devait être versée par les autorités sénégalaises via l’ASER, transférée à la société espagnole pour rétrocéder à AEE Power Sénégal à hauteur de 40 Millions d’Euros, donc partiellement rétrocédé à AEE Power Sénégal.
Et par lettre en date du 22 Mars 2024, l’ASER a autorisé le paiement d’un montant total de 36 733 592 000 FCA. Dès réception des fonds, la société espagnole a adopté une attitude dilatoire, cessant progressivement toute collaboration effective avec son partenaire Sénégalais. Face à cette situation, AEE Power Sénégal a adressé une mise en demeure le 18 Juin 2024 afin d’obtenir le versement de sa quote-part contractuelle.
Les avocats de Saidou Kane révèlent qu’après cette mise en demeure, la société espagnole a notifié une résiliation unilatérale par lettre en date du 21 Juin 2021. Et c’est à partir de là que les hostilités ont commencé laissant place à une campagne de dénigrement médiatique et de pression juridique, visant directement M. Kane et ses structures. Ce qui, selon eux, a fait apparaître une stratégie manifeste, visant à évincer le partenaire sénégalais du projet, à se soustraire à ses obligations contractuelles et à détourner les bénéfices du financement obtenus.
L’affaire INTERMAQ
Les avocats de Saidou Kane réfutent toute accusation de surfacturation, de détournement de fonds et de mauvaise gestion contre leur client et dénoncent des allégations infondées, fallacieuses fantaisistes. Selon eux, la société INTERMAQ Sénégal dont Saidou Kane est actionnaire majoritaire, n’est pas signataire du contrat de marché N20520/22. Ce marché public conclu en Mars 2022 avec le ministère de l’Agriculture, de l’équipement rural et de la souveraineté alimentaire pour un montant de 130.355369 Euros, soit 85,5 Milliards de FCFA, a été signé exclusivement par la société de droit Espagnol Intermaq 2012 SL. Celle titulaire du marché est celle contractante de l’Etat du Sénégal.
Abondant dans le même sens, la défense affirme que M. Kane n’a jamais perçu ni directement ni indirectement à quelque titre que ce soit, une quelconque rémunération de la part de l’Etat du Sénégal. L’Etat sénégalais, règle directement Intermaq 2012SL, titulaire du marché après des vérifications successives par le Ministère de l’Agriculture, la direction de l’ordonnancement de la dépense publique et la banque Santander, partenaire financier du projet. Aucun flux financier n’a transité, ni ne pouvait transiter vers Monsieur Saidou Kane à titre personnel.
Apportant des éclaircissements sur le fond du dossier, ils ont fait savoir que le marché public T0520/22, conclu en Mars 2022 pour un montant de 85,5 Milliards, repose sur une offre validée par la DSLB et confirmée par une expertise indépendante et qu’il a été question d’un avenant N 1 qui ne modifie aucun prix et qu’il répond à des ajustements techniques demandés par l’administration sénégalaise.
L’affaire PASSANT
Le collectif a tenu aussi à éclairer l’opinion nationale et internationale par rapport au dossier PASSANT, dont Saidou Kane n’est ni dirigeant opérationnel ni gestionnaire. Ils ont fait savoir que la chaine de paiement qui va du ministère à la DRODP, à la banque Santander est intégralement sécurisée, donc, exclut de toute hypothèse de détournement. Pour eux, les accusations relèvent d’une construction de la société impliquée et la participation de Monsieur Saidou Kane s’élève à 20% du capital et n’a aucun pouvoir de gestion et il n’a aucun contrôle opérationnel.
Le contractant principal, est la société étrangère LITEYCA SL qui est le seul responsable de l’exécution. Le taux d’exécution qui s’élève à 42,34%, révèle une défaillance imputable exclusivement à cette société. Monsieur Saidou Kane a contribué personnellement à hauteur de 237.100.875 FCFA, pour préserver les emplois et les activités.
En définitive, ils dénoncent un schéma préoccupant de transfert artificiel de responsabilités vers l’acteur local qui se trouve être Monsieur Kane et se pose une question essentielle : Où est passé l’avance de démarrage dans le premier dossier ?
Monsieur Kane et ses avocats confient le dossier attendent que les juridictions compétentes soient saisies et statuent sur les responsabilités respectives des parties et que la vérité sur cette affaire soit rétablie.
Accusations de faux, « une argumentation incohérente »
Face aux accusations de « faux et usage de faux », les avocats dénoncent une argumentation incohérente. Ils soulignent que le marché bénéficiait d’une exonération fiscale : « Comment peut-on réclamer des frais d’enregistrement dans un projet exonéré d’impôts ? ». De plus, ils affirment n’avoir jamais reçu de preuves tangibles des quittances prétendument falsifiées, malgré leurs interpellations répétées devant les juridictions. Pour Me Dior Diagne et ses confrères, ces accusations ne seraient qu’un prétexte pour justifier l’éviction de la partie sénégalaise et prendre le contrôle des ressources financières. « S’il y avait réellement faux, la justice aurait déjà tranché », a rappelé l’avocate, réitérant sa confiance dans la rigueur des tribunaux sénégalais.
Pour Me Dior Diagne, il n’y a pas de résiliation du contrat d’AEE Power par l’État du Sénégal. « C’est juridiquement impossible », affirme-t-elle. D’après l’avocate, AEE Power Sénégal n’a jamais été en relation contractuelle directe avec l’État. « On ne peut pas résilier un contrat auquel on n’est pas partie », a-t-elle tranché, recadrant ainsi un débat qu’elle estime biaisé dès le départ.
Selon Me Dior Diagne, L’ASER n’est pas exempte de reproches. « L’ASER est le maître d’œuvre de tout ce processus », affirme-t-elle. En effet souligne-t-elle, en tant qu’organe chargé de la politique d’électrification rurale, elle supervise et contrôle l’exécution des projets. « Tout se fait sous son autorité. Elle ne peut pas dire qu’elle a les mains blanches », insiste l’avocate, rappelant que l’agence s’est déjà exprimée publiquement pour mettre en cause certains acteurs.

































