La bataille contre les violences machistes ne pourra être gagnée durablement sans l’engagement des jeunes générations. C’est le message fort lancé par Safietou Diop, présidente du Réseau Siggil Jigeen, qui estime que les jeunes filles et les jeunes garçons doivent devenir les principaux acteurs du changement pour faire reculer ce fléau qui continue de briser des vies.
Par Idrissa NIASSY
S’exprimant lors de la 4ème édition du Forum international sur les violences machistes et l’égalité de genre au Sénégal, Mme Diop, présidente du Réseau Siggil Jigeen, a souligné que les comportements discriminatoires et les violences faites aux femmes trouvent souvent leurs racines dans des normes sociales et culturelles profondément ancrées. Pour elle, il est donc essentiel d’agir dès le plus jeune âge afin de promouvoir des relations fondées sur le respect, l’égalité et la non-violence. « La lutte ne peut être durable que si elle est portée par les jeunes filles et les jeunes garçons », a-t-elle affirmé, plaidant pour une plus grande implication de la jeunesse dans les initiatives de sensibilisation et d’éducation aux droits humains.
Selon la présidente du Réseau Siggil Jigeen, les jeunes constituent de puissants vecteurs de changement capables de remettre en question les stéréotypes de genre et de construire une société plus juste. Elle a également insisté sur la nécessité d’intégrer davantage l’éducation à l’égalité entre les sexes dans les programmes scolaires, mais aussi dans les espaces communautaires et familiaux. Face à la persistance des violences machistes, qui continuent d’affecter des milliers de femmes et de filles, Safietou Diop a appelé les pouvoirs publics, les organisations de la société civile, les leaders communautaires et les partenaires techniques et financiers, les médias, à renforcer leurs efforts pour accompagner les initiatives portées par les jeunes. Cet événement de haute portée sociale et politique qui se tient du 18 au 19 juin 2026, à Dakar, est axé sous le thème : « Contribuer à la réduction de l’écart entre le cadre légal et les réalités communautaires et sociopolitiques.
Placé sous le slogan mobilisateur « NU WAXATI » (Parlons-en à nouveau), ce forum veut briser définitivement le silence autour des violences basées sur le genre (Vbg) et de rapprocher les avancées législatives du Sénégal des réalités vécues au sein des communautés. Pour Mme Diop, la prévention demeure l’un des leviers les plus efficaces pour combattre durablement ce fléau. « En donnant aux jeunes les outils nécessaires pour comprendre, dénoncer et prévenir les violences, il devient possible de faire émerger une nouvelle génération engagée en faveur de l’égalité et du respect des droits des femmes et des filles à participer pleinement à la vie publique et exercer leurs droits dans la dignité », a-t-elle conclu.
Venue présider la cérémonie d’ouverture de ce Forum international, Mme Rokhaya Diakhaté Directrice de la Famille au ministère de la Famille, de l’Action Sociale et des Solidarités, a fait savoir qu’il existe une déconnexion profonde, une fracture persistante entre notre arsenal juridique national et son application concrète au niveau communautaire, qu’il faut corriger. Pour elle, les violences machistes ne sont pas une fatalité culturelle. « Elles s’appuient trop souvent sur un discours de dénigrement systématique des capacités des femmes, soutenu par des barrières socioculturelles ou des expressions populaires qui agissent comme des sentences d’exclusion », a-t-elle déclaré.
Cette rencontre est organisée en partenariat avec l’Institut des Inégalités et l’Agence catalane de coopération au développement et du gouvernement de Catalogne au Sénégal.

































