La Semaine nationale de sensibilisation et de mobilisation contre l’abus et le trafic illicite des drogues a été lancée hier à l’hôpital Fann, plus précisément au Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cpiad). Cette cérémonie est une occasion pour les ministres de la Santé et de l’Hygiène Publique et celui de l’Intérieur et de la Sécurité Publique d’unir leurs forces pour barrer la route aux réseaux de trafic et à la criminalité.
Par Idrissa NIASSY
Le gouvernement serre la vis contre le fléau de la drogue. À l’occasion du lancement, le vendredi dernier, de la Semaine nationale de sensibilisation et de mobilisation contre l’abus et le trafic illicite des drogues, les ministres de la Santé et de l’Hygiène Publique, ainsi que de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, ont affiché un front commun pour enrayer un phénomène qui menace de plus en plus la jeunesse sénégalaise.
Face à la progression des addictions et à la sophistication des réseaux criminels, les deux départements ministériels ont décidé d’unir leurs forces autour d’une stratégie articulée autour de la prévention, de la prise en charge sanitaire et de la répression du trafic. À travers cette synergie entre les deux départements ministériels, l’État entend renforcer son dispositif de riposte et rappeler que la lutte contre la drogue est l’affaire de tous.
Familles, enseignants, leaders religieux, organisations de la société civile et collectivités territoriales sont appelés à se joindre à cet effort collectif pour protéger la jeunesse et barrer définitivement la route aux réseaux de trafic. Un signal fort envoyé aux trafiquants, mais aussi aux familles confrontées aux ravages de la consommation de stupéfiants. « La lutte contre la drogue ne relève pas uniquement de la sécurité ; elle constitue également un enjeu majeur de santé publique », a rappelé le ministre de la Santé, le Dr Ibrahima Sy, soulignant les conséquences dramatiques de l’usage des drogues sur la santé mentale, la réussite scolaire, la cohésion familiale et la stabilité sociale.
Selon lui, les signaux sont préoccupants sur le terrain, du fait que les structures de prise en charge, comme le Cpiad accueille à lui seul plus de 5 000 usagers de drogues. Et ces chiffres ne concernent que la capitale sénégalaise, Dakar. Il a profité de cette occasion pour inviter ses pairs à mettre l’accent sur la sensibilisation, le dépistage précoce et l’accompagnement des personnes en situation de dépendance. Le ministre insiste également sur la nécessité de considérer les usagers de drogues comme des personnes ayant besoin d’un soutien médical et psychosocial, tout en luttant sans relâche contre les trafiquants qui tirent profit de leur vulnérabilité.
Pour le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, l’heure est à la fermeté. « Les forces de défense et de sécurité poursuivront leurs opérations de démantèlement des réseaux de trafic et de saisie des substances illicites », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « l’objectif est de couper les circuits d’approvisionnement qui alimentent la consommation, notamment chez les jeunes ». Selon lui, cette initiative traduit l’engagement constant de l’état du Sénégal à protéger sa population, particulièrement sa jeunesse, contre l’un des fléaux les plus dévastateurs de notre époque. Il a fait part, par ailleurs, que les ravages de la drogue sur les populations sont considérables avec des conséquences sanitaires dramatiques, comme la dépendance, troubles psychiatriques, décès prématurés et détérioration profonde de la qualité de vie. « L’apparition des drogues synthétiques a rendu le tableau encore plus sombre. Au-delà des individus, ce sont des familles, des communautés et les sociétés entières qui subissent les conséquences de ce phénomène », a-t-il conclu.
Durant toute la semaine, des activités de sensibilisation seront organisées à travers le pays : campagnes dans les écoles, causeries communautaires, conférences, émissions radiophoniques et télévisées, ainsi que des actions de proximité destinées à informer les populations sur les dangers liés à la consommation de drogues. Cette mobilisation nationale intervient dans un contexte marqué par l’inquiétude croissante des professionnels de santé et des acteurs de la lutte contre les addictions, qui alertent régulièrement sur l’âge de plus en plus précoce des premières consommations.































