Deux jours après le rejet du projet de loi de finances rectificative en commission, le Premier ministre a défendu le texte face à la presse et appelé les députés à déposer leurs amendements.
Deux jours après le rejet du budget rectificatif en commission par la majorité parlementaire, le chef du gouvernement a répondu directement aux députés de Pastef. Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a tenu une conférence de presse ce dimanche 25 octobre 2026 au Building administratif Président Mamadou Dia. Il a déploré la méthode des députés, qualifiant leur posture d’« obstruction ». « Il y a une nuance profonde entre obstruction du travail gouvernemental et amendement d’une Assemblée Nationale », précise-t-il en opposant le travail d’amendement, légitime à ses yeux, au blocage qu’il reproche au groupe majoritaire, il a lancé : « Ne punissez pas le peuple. Présentez vos amendements ». Il a appelé les députés à présenter des amendements écrits et précis, en s’appuyant sur l’article 82 de la Constitution.
Un enjeu de crédibilité auprès du FMI
Pour l’exécutif, ce réajustement conditionne la crédibilité du pays auprès du FMI, avec qui un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars est en cours de finalisation. Le Premier ministre a aussi renvoyé la majorité à ses responsabilités : « cette LFR découle de la loi de finances initiale élaborée par Ousmane Sonko lorsqu’il dirigeait le gouvernement ».
Le baril et les reports de dépenses
Sur les hypothèses budgétaires, Al Aminou Lô affirme que le budget initial reposait sur un baril à 61 dollars, alors que son cours dépasse désormais 100 dollars, et que 540 milliards ont déjà été mobilisés. Concernant les 295 milliards de FCFA de dépenses reportées, il les attribue à des moins-values de recettes sur le PRES, et non à un abandon des investissements publics.
Réponse aux préalables de Pastef
Face aux cinq préalables du groupe parlementaire, le Premier ministre a défendu la hausse des bourses de sécurité familiale de 35 à 70 milliards de FCFA en 2026, avec un objectif de 140 milliards en 2027. Sur les financements d’urgence de la Banque mondiale (120 milliards de FCFA), il a expliqué qu’ils aident les États à faire face à des chocs importants. Pour les 19 entités susceptibles d’être réorganisées, le gouvernement poursuivra le travail sans se précipiter. Il a justifié ses choix par un contexte économique qui impose d’arbitrer entre investissements publics et dépenses sociales.
Ce que prévoit le projet
Le projet ramène les recettes de l’État de 6 188,8 à 5 848,7 milliards de FCFA, porte le déficit à 7,6 % du PIB et fait passer les subventions énergétiques de 250 à 790,3 milliards.
Vers la plénière de mardi
Pastef, qui détient 130 des 165 sièges, réclame une révision des coupes touchant la santé, l’éducation, les infrastructures et l’eau, ainsi que la protection du pouvoir d’achat. Le groupe Takku Wallu Sénégal s’est abstenu en commission. La veille, le Premier ministre avait écarté un débat public avec Ousmane Sonko, jugeant que la discussion devait se tenir au Parlement.
Par Dieynaba TANDIANG


































