La bataille autour de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 s’est déplacée sur le terrain de la communication. Quelques minutes après la conférence de presse du gouvernement, Pastef a tenu son point de presse à la Résidence Serigne Abass Sall, alors que la rencontre devait d’abord avoir lieu à son siège.
Quelques minutes après la sortie du Premier Ministre, le député Amadou Ba a répondu lors du point de presse du Pastef. Selon lui, Mouhamed Al Aminou Lo devrait se concentrer sur l’essentiel, estimant que « la question de l’ouverture du micro ne le concernant pas », faisant allusion à la déclaration du Premier Ministre les invitant à s’ouvrir aux questions des journalistes. Le parlementaire a aussi déploré des propos du Premier ministre laissant entendre que les députés de Pastef ne comprendraient pas le français.
L’élu a demandé au Premier ministre de cesser ses menaces et de rendre public tout dossier qu’il détiendrait contre Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et de Pastef. Il a également dénoncé des propos laissant entendre, selon lui, que les députés de la majorité ne comprenaient pas le français.
Le projet de loi porte le déficit à 7,6 % du PIB et conditionne un programme de 2,2 milliards de dollars négocié avec le Fonds monétaire international (FMI). Vendredi, la majorité, qui détient 130 des 165 sièges, l’a rejeté en commission, avec deux amendements de l’exécutif. Le vice-président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, a comparé le texte à un ajustement structurel.
Le gouvernement affirme avoir remis aux députés un dossier d’une trentaine de pages répondant point par point aux cinq préoccupations de Pastef, et annonce la publication prochaine de la liste des projets financés. Dès le 19 octobre, M. Sonko avait, pour sa part, indiqué que son parti ne voterait pas le texte en l’état, jugeant qu’il ne répondait pas à l’Agenda national de transformation.
Le président du Groupe parlementaire majoritaire Ayib Daffé assure que les députés de Pastef n’ont aucun intérêt à bloquer l’action gouvernementale et ne refusent pas le dialogue. Selon lui, leur opposition porte plutôt sur des choix budgétaires dont les conséquences pourraient, selon lui, peser sur les populations.
Ayib Daffé reconnaît la pertinence des bourses de sécurité familiale destinées à soutenir les Sénégalais confrontés aux difficultés économiques. Il estime toutefois que l’aide financière ne saurait se substituer aux investissements indispensables dans les services publics. « Donner de l’argent aux Sénégalais pour les soulager est une bonne idée, mais leur donner cet argent sans avoir d’écoles pour apprendre, d’hôpitaux pour se soigner et de routes pour se déplacer n’est pas pertinent », soutient-il en substance.
C’est précisément sur cette hiérarchisation des priorités que se cristallise le désaccord entre le gouvernement et les députés de Pastef. Au-delà des transferts sociaux, ces derniers plaident pour le maintien des investissements structurants dans l’éducation, la santé et les infrastructures, qu’ils jugent indispensables à l’amélioration durable des conditions de vie des Sénégalais.
L’examen en séance plénière est fixé à mardi 27 octobre, à 10 heures.
Par Ibrahima DIOP (avec seneweb.com)


































