M. Babacar Mbaye Ndiaye, PDG du Groupe Géo-Prestige International, société africaine de prestation de services dans les secteurs du BTP, de l’immobilier, de l’hôtellerie, de la sécurité, de l’événementiel, du voyage, du numérique et de l’extension de réseaux, estime, dans une interview accordée à Lii Quotidien, que, malgré les difficultés, les entrepreneurs du BTP ne doivent pas baisser les bras et doivent trouver des alternatives. Il est revenu sur le projet de construction du marché de Gueule-Tapée, à Dakar, qu’il compte livrer à la mi-décembre 2026.
Lii Quotidien : Pouvez-vous nous parler de la création de Géo-Prestige ?
Babacar Mbaye Ndiaye : J’étais en France, où je travaillais dans une grande entreprise. À un moment donné, j’ai eu très envie de rentrer au Sénégal pour participer au développement de notre pays et apporter ma pierre à l’édifice.
C’est ce qui m’a poussé à venir tâter le terrain au Sénégal et à créer le groupe Géo-Prestige. Je voulais créer une société et aider beaucoup de jeunes en faisant travailler le maximum d’entre eux. D’ailleurs, cela fait partie de notre slogan : « Travailler et faire travailler le maximum de jeunes possible en Afrique ».
Nous avons commencé par deux volets : l’hôtellerie-restauration et le BTP. Je suis diplômé de Sénégal Hôtel Conseil, en gestion et marketing hôtelier, ce qui m’a conduit au Cap Skirring, au Maroc, puis en France, à l’hôtel Mercure.
Fondé en février 2014, le Groupe Géo-Prestige International s’est fixé pour premier objectif de participer au développement de l’Afrique et à l’emploi des jeunes dans plusieurs domaines.
Dans le BTP, Géo-Prestige a réalisé plus d’une centaine d’ouvrages publics et privés à travers le Sénégal et la sous-région, notamment la rénovation du sanctuaire marial de Popenguine, la gare routière et le Trésor public de Kaffrine, ainsi que deux plateformes industrielles à Diamniadio.
Aujourd’hui, comment appréciez-vous la situation du secteur du BTP au Sénégal ?
Les gens disent qu’effectivement il y a des difficultés. Tout le monde le constate, mais, pour moi, c’est normal. Il y a eu un changement de régime, et cela suit son cours. Aujourd’hui, tout le monde sait aussi qu’avec le blocage du FMI et des institutions financières internationales, nous avons pu mieux comprendre la situation que vit l’État. L’État ne peut pas tout faire.
Personnellement, je me suis dit que ce n’est pas parce qu’il y a des difficultés dans le BTP qu’on doit baisser les bras : il faut chercher d’autres opportunités et d’autres alternatives.
J’avais des partenaires étrangers qui voulaient investir au Sénégal, mais, le pays ayant été placé sur la liste rouge au vu des données du FMI, ils sont finalement allés investir ailleurs. Je les ai toutefois poursuivis jusqu’en Centrafrique. Ce que je gagnerai avec eux, quel qu’en soit le montant, je reviendrai l’investir au Sénégal.
C’est ce que fait Géo-Prestige, qui n’a pas trop ressenti ces difficultés parce que nous ne sommes pas présents qu’au Sénégal, mais dans toute la sous-région. Je suis panafricain : je suis au Mali, au Burkina, en Guinée… Ce sont des pays africains, surtout d’Afrique de l’Ouest, et nous devons nous donner la main et travailler ensemble en parfaite harmonie. C’est ce qui m’a poussé à m’y installer. Nous y avons des bureaux, un directeur et toute une équipe, et nous y réalisons des projets.
Nous sommes constamment à la recherche d’opportunités. C’est de là qu’est née l’idée du programme de construction de marchés modernes au Sénégal, après la construction du marché de Bissau, sur l’avenue Amiral Cabral. C’est ce qui m’a donné l’idée de venir au Sénégal reconstruire les marchés. J’en ai discuté avec les autorités et leur ai présenté le projet. Elles y ont adhéré, car, aujourd’hui, le Sénégal doit moderniser ses marchés.
Nous ne sommes pas là simplement pour travailler et attendre que l’État nous paie. Nous investissons pour construire des marchés, puis les cantines sont revendues aux commerçants, qui paient sur une longue durée, ce qui leur évite de ressentir le poids du prix.
Aujourd’hui, vous entamez de grands chantiers, notamment le marché de Gueule-Tapée. Où en êtes-vous ?
Sur le marché de Gueule-Tapée, c’est très simple. Il y a beaucoup de bruits et de versions, mais je vous dis clairement que nous n’avons rien à cacher.
J’ai été contacté par l’avocat de Kerely Building SA, Me Papa Alioune Diagne, qui m’a dit, après le lancement de notre projet de construction de marchés modernes, qu’il souhaitait que je rencontre le PDG du groupe Kerely, lequel avait des difficultés financières pour terminer le marché.
Il est venu me voir et nous avons discuté, mais nous ne sommes pas tombés d’accord. Au mois de novembre, il est revenu à la charge pour me demander de reprendre le marché. Au départ, il voulait que nous nous associions, mais j’ai répondu que je ne m’associais avec personne. Il voulait ensuite que nous travaillions en collaboration, chacun prenant une partie du marché, ce que j’ai également refusé : si je prends le marché, je prends tout et je l’exécute. Dans le cas contraire, je préférais laisser tomber, car j’avais déjà d’autres propositions et d’autres marchés en cours.
Nous nous sommes ensuite entendus sur tout, nous avons signé la convention et repris le marché de Gueule-Tapée pour le terminer.
Malheureusement, l’esprit du projet a été vraiment gâché. 1 140 personnes ont déjà acheté des cantines : elles ont payé une partie du prix et il reste une seconde partie à régler. Le projet date de 2018 et devait s’achever avant 2024 ; or nous sommes en 2026 et nous en sommes au deuxième étage.
À notre arrivée, nous avons dit que nous allions accélérer les travaux et les réaliser en deux phases. La première comprend le rez-de-chaussée, le premier étage et le deuxième étage, plus l’extension où seront installés les tabliers. Nous finaliserons tout cela fin novembre ou mi-décembre, et nous livrerons avant le 15 décembre 2026. Ce sont des engagements que nous avons pris auprès des autorités et des clients.
Propos recueillis par Massaër DIA



































