La cohérence institutionnelle voudrait que le Président de la République envisage de différer la dissolution de l’Assemblée nationale jusqu’à l’issue de la session budgétaire, d’autant qu’il s’est ménagé la possibilité d’organiser le renouvellement des conseillers territoriaux avant la fin de l’année.
Toutefois, les initiatives de plus en plus offensives et les blocages récurrents au sein de la majorité parlementaire viennent complexifier cette perspective.
Le spectacle auquel nous assistons à l’hémicycle ne donne-t-il pas déjà les signes d’une pré-campagne électorale, au risque de reléguer au second plan les urgences nationales ?
Dès lors, quelles options s’offrent au pays ?
En cas d’adoption d’une motion de censure, faudrait-il procéder à la reconduction immédiate du Gouvernement ou envisager la formation d’un gouvernement d’union nationale, comme le préconisent certains acteurs politiques, aussi bien dans l’opposition que dans la mouvance présidentielle ?
Par ailleurs, l’hypothèse d’un couplage des législatives anticipées avec les élections municipales et départementales demeure-t-elle réaliste au regard des impératifs du redressement national et de la conjoncture économique actuelle ?
Autant de questions qui méritent un débat dépassionné, tant les choix qui seront opérés pourraient avoir des conséquences importantes sur la stabilité institutionnelle et la conduite des affaires publiques.
Malgré l’intensité de la lutte de pouvoir en cours, nous formons, en toute responsabilité, le vœu que ce duel ne finisse pas par altérer la nature de notre régime politique ni, surtout, par porter atteinte à la place et à la valeur constitutionnelle de la représentation nationale, consacrées par l’article 3 de notre Constitution.
Il est désormais temps que les médiateurs sociaux reprennent pleinement leur rôle et s’activent, comme ils ont su le faire par le passé, avec responsabilité, neutralité et sans aucun présupposé.
Au-delà du bras de fer entre les acteurs politiques, nous ne devrions pas perdre de vue les véritables enjeux : le fonctionnement régulier des institutions, la responsabilité des majorités, le respect des échéances électorales et la nécessité d’un dialogue préventif.
La préservation de nos institutions, la continuité de l’État et la stabilité de notre démocratie doivent transcender les rivalités politiques et les intérêts partisans.
Ndiaga SYLLA

































