Le secteur des énergies renouvelables au Sénégal franchit un palier décisif vers la professionnalisation. L’Agence Nationale pour les Énergies Renouvelables (ANER) a officiellement remis, ce mercredi, des accréditations à treize entreprises fournisseurs et installateurs. Un label de « confiance » qui vise à assainir un marché en pleine expansion mais confronté à des défis majeurs de qualité.
Est-ce le clap de fin pour les installations de fortune et les équipements solaires précaires ? La remise solennelle d’accréditations, hier à Dakar, par l’Agence Nationales pour les Energies Renouvelables (ANER) semble l’indiquer. Sur seize entreprises auditées, seules treize ont franchi le filtre de la rigueur imposé par l’agence.
Pour le Directeur général de l’ANER, le professeur Diouma Kobor, cette initiative marque une « rupture » nécessaire. Si le Sénégal affiche des ambitions fortes, le développement rapide du solaire a révélé des failles : matériels non conformes, absence de service après-vente et installations défaillantes. « Il ne peut y avoir de développement durable sans qualité, ni de confiance sans régulation », a-t-il déclaré, précisant que le choix des entreprises s’est fait sur la base du mérite technique et logistique.
Loin d’être une simple formalité, cette accréditation engage les récipiendaires. Dans les prochains jours, ces entreprises signeront des cahiers de charges stricts a indiqué le professeur Diouma Kobor. De ce fait, elles vont devenir les partenaires privilégiés de l’État pour les projets de pompage solaire, de moulins et de décortiqueuses, essentiels à la transformation structurelle de l’économie rurale.
Le Dr El Hadj Ndiaye, représentant le ministre de l’Énergie, a rappelé l’urgence de cette structuration. Avec plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an, le Sénégal dispose d’un avantage comparatif mondial. La capacité solaire installée a déjà atteint 277 MW, et les énergies renouvelables pèsent désormais pour près de 28 % dans le mix énergétique national.
Cependant, le défi reste le coût et l’équité territoriale. « Le prix moyen de l’électricité stagne autour de 129,2 FCFA, ce qui pose la question de notre compétitivité », a souligné le Dr Ndiaye. L’objectif de l’État est d’atteindre 40 % d’énergies renouvelables d’ici 2030 tout en garantissant que chaque watt produit serve au développement des usages productifs en zone rurale.
Partenaire historique, l’Allemagne à travers la GIZ et son Programme Énergies Durables (PED), a joué un rôle clé dans ce processus. Alexandre Mesnil, représentant de la GIZ, a salué une avancée majeure pour la durabilité des équipements. Pour la coopération allemande, la réussite de la transition énergétique au Sénégal, inscrite dans le cadre du Partenariat pour une Transition Énergétique Juste (JETP), repose sur un secteur privé fort et structuré.
Par Massaër DIA.






























