À l’heure où les financements internationaux s’essoufflent et où les besoins sanitaires explosent, le Sénégal veut reprendre le contrôle de son destin sanitaire. Parlementaires, élus territoriaux, Organisations de la société civile, ainsi que le ministère de la Santé, ont été fortement sensibilisés à Dakar sur l’urgence de mobiliser davantage de ressources domestiques pour soutenir durablement le système de santé.
Par Idrissa NIASSY
Le message est clair : l’avenir du financement sanitaire ne peut plus dépendre uniquement des bailleurs étrangers. Réunis autour d’un atelier de plaidoyer et d’information, parlementaires, élus locaux et les organisations de la société civile ont été appelés à devenir de véritables acteurs de la souveraineté sanitaire. Dans les échanges, un constat revient avec insistance : sans ressources domestiques solides, la couverture sanitaire universelle restera un objectif difficile à atteindre. « Nous avons réuni les collectivités territoriales et l’Assemblée nationale pour les conscientiser à jouer un rôle central dans le financement de la santé dans sa globalité », a déclaré Mme Aïssatou Mbaye Ndiaye, Responsable du Comité de suivi, de veille et d’alerte (Csva).
Dans un contexte particulièrement préoccupant, entre la hausse des maladies chroniques, les urgences épidémiques et les difficultés d’accès aux soins dans plusieurs zones rurales, sans oublier la raréfaction des ressources internationales, elle appelle à serrer les coudes pour pouvoir mobiliser les ressources androgènes qui vont permettre aux autorités sanitaires de maintenir les acquis. « Aujourd’hui, le vide que des partenaires, comme l’Usaid, ont créé, est un gap que nous devons résorber, en mobilisant ces ressources domestiques qui nous permettent vraiment de participer au financement de la santé », a-t-elle précisé lors de l’atelier de plaidoyer et d’information de deux jours (12 et 13 mai 2026) auprès des parlementaires, des élus locaux, des responsables du secteur privé, et d’Organisations de la société civile sur la mobilisation des ressources endogènes.
Cette rencontre organisée par le Comité de suivi, de veille et d’alerte, en partenariat avec Coalition Plus et Expertise France, est une opportunité stratégique pour renforcer l’engagement parlementaire en faveur de l’augmentation et de la pérennisation des financements domestiques dédiés à la santé, et en particulier à la lutte contre le paludisme, le Vih et la Tb dans ce contexte actuel où l’allocation du fonds mondial alloué au Sénégal, a connu une baisse de plus de 30 % pour le Gc8 allant de la période de 2027 à 2029. « Quand on participe au financement de la santé, on participe au bien-être des communautés, au bien-être de la famille », ajoute-t-elle. Raison pour laquelle, la Responsable du Comité de suivi, de veille et d’alerte invite les députés à bien défendre ce projet, quand ils seront devant les ministres, leurs collègues, à défendre non seulement le renforcement du budget alloué à la santé, mais à mobiliser les ressources endogènes, tout en légiférant dans ce sens pour permettre demain que « la santé ne soit plus dépendante des financements extérieurs ». « Pour les collectivités territoriales aussi, il faudrait qu’on légifère par rapport à la nomenclature budgétaire », a-t-elle conclu.
Venu présider la cérémonie d’ouverture de cet atelier de plaidoyer et d’information, le Dr Cheikhou Sakho, Responsable à la Direction générale de la santé (Dgs), a souligné la nécessité de développer des mécanismes endogènes de financement permettant de soutenir durablement les politiques sanitaires. « Aujourd’hui, il devient nécessaire de développer des mécanismes internes capables de soutenir de manière durable les politiques sanitaires en termes de lutte contre le paludisme, le Vih, la tuberculose et la promotion de la santé de la mère et de l’enfant », déclare-t-il.
Saluant le leadership de la société civile dans la mise en œuvre d’une telle initiative permettant une importante participation de parlementaires et d’élus territoriaux, ce dernier de faire savoir : « si nous sommes unis, il n’y a pas quelque chose qui peut nous résister ». Par ailleurs, il a insisté sur l’importance de promouvoir une approche multisectorielle dans la recherche de moyens financiers. « Chaque Département ministériel doit jouer sa partition pour améliorer la santé des populations », a-t-il conclu.
































