L’Amicale des médecins-chefs de district du Sénégal (Amcds) a organisé les 8, 9 et 10 mai 2026 à l’hôtel Baobab de Somone (Mbour-Ouest) la deuxième édition de ses Journées scientifiques. Cette rencontre est une occasion pour le président de l’Amicale, le Dr Nien Seck, de revenir sur la problématique des urgences au niveau des districts sanitaires.
Par Idrissa NIASSY
La prise en charge des urgences au niveau des districts sanitaires demeure l’un des maillons les plus fragiles du système de santé sénégalais. C’est le constat dressé par le président de l’Amicale des médecins-chefs de district du Sénégal (Amcds), le Dr Nien Seck, qui alerte sur les difficultés quotidiennes rencontrées dans les structures sanitaires de proximité. Selon lui, les urgences médicales constituent une véritable course contre la montre dans plusieurs localités du pays, où le manque d’équipements, l’insuffisance de ressources humaines qualifiées et les difficultés de transfert des patients compliquent considérablement la prise en charge.
Les zones éloignées des grands centres hospitaliers restent particulièrement exposées. « C’est une problématique que nous vivons au quotidien, que ce soit les urgences gynéco-obstétricales, médico-chirurgicales, mais surtout les urgences de santé publique », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de clôture de la 2ème édition des Journées scientifiques de l’Amicale des médecins-chefs de district du Sénégal qui s’est tenue à Somone dans la Petite-Côte (Mbour-Ouest), les 08, 09 et 10 mai 2026, sous le thème « L’apport des districts de santé dans la prise en charge des urgences ».
Cette rencontre scientifique constitue un cadre d’échanges, de partage d’expériences et de réflexion sur les stratégies de renforcement de la prise en charge des urgences au niveau opérationnel. Il a profité de cette occasion pour rappeler au ministre de la santé que les acteurs sont aussi parmi les victimes de ces drames, comme c’est le cas du Dr Evrad Kabou, un vaillant soldat tombé les armes à la main lors de la riposte contre la covid-19, et Dr Philomène Diouf qui a perdu la vie en donnant la vie.
Malgré les multiples défis, les contraintes financières ce dernier reste convaincu qu’ensemble « nous pouvons contribuer à bâtir un SS efficace, pérenne et résilient pour améliorer le bien-être de nos communautés » et à l’atteinte des objectifs de la stratégie nationale de transformation du Sénégal d’ici 2050. Cela passera inéluctablement, selon lui, par le repositionnement et le renforcement du district levier essentiel de la mise en œuvre des politiques de santé. Il demande, ainsi, au ministre de changer de paradigme et de renverser la tendance et en investissant massivement dans le district. « En le faisant, vous aller écrire l’histoire et cela fera de vous le champion de la transformation du système de santé au Sénégal », a-t-il indiqué. S’adressant à ses collègues, Dr Seck de préciser : « les efforts et énormes sacrifices que vous ne cessez de fournir au quotidien, votre sens du devoir, vos qualités managériales, vous permettent de mener à bien la mise en œuvre des politiques de santé ».
Le ministre de la Santé, le Dr Ibrahima Sy, prenant part à cette rencontre, a annoncé la création de centres de santé de niveau 3, capables d’abriter des spécialités médicales réservées aux hôpitaux. L’objectif pour lui, c’est d’avoir au moins un centre de santé de qualité et de proximité dans chaque arrondissement ou commune. « La gestion des urgences ne relève pas uniquement du niveau hospitalier. Elle concerne aussi le poste de santé et le centre de santé », a-t-il fait valoir, tout en annonçant la mise sur pied d’une nouvelle carte sanitaire. Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité de renforcer l’adaptabilité des structures d’accueil, l’équipement, le personnel et surtout la disponibilité des médicaments d’urgence, dans un contexte marqué par la multiplication des accidents, la montée des maladies non transmissibles et l’émergence de pathologies comme la fièvre de la Vallée du Rift.


































