La première édition des Assises de la Médiation et de l’Éducation Financières se tient présentement à Dakar pour deux jours, (4-5 juin 2026). La cérémonie d’ouverture de cet important évènement organisé pour la première fois depuis 16 ans par l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF) est tenue le jeudi 4 Juin 2026. En 16 ans, l’institution a traité 4 360 dossiers de médiation, obtenu un taux de réussite de 90 à 94 % selon les secteurs, et fait économiser plus de 7,7 milliards de FCFA en litiges aux citoyens sénégalais.
M. Amadou Kane Diallo, médiateur du secteur des assurances et des courtiers, avance : «Au Sénégal, la médiation financière a permis à des citoyens, à des entreprises et à des familles de récupérer près de 7 milliards de francs CFA qui auraient pu être perdus dans des litiges non résolus. Près de 5000 dossiers ont été traités. Je voudrais que nous prenions un instant pour mesurer ce que représentent réellement ces chiffres. Derrière ces 7 milliards de francs CFA, il y a des agriculteurs qui ont obtenu réparation. Des assurés qui ont finalement été indemnisés. Des épargnants qui ont récupéré leurs avoirs. Des entrepreneurs qui ont trouvé une solution à leurs différends. Des familles qui ont retrouvé confiance dans les institutions financières. Voilà la véritable portée de la médiation ».
Il poursuit : « Les résultats observés sont remarquables. En 2025 seulement, 475 nouveaux dossiers litigieux ont été traités contre 379 l’année précédente, soit une progression de près de 25 %. Dans le secteur bancaire, de la microfinance et des établissements financiers, 357 dossiers ont été enregistrés. Dans les assurances, 118 dossiers ont été traités contre 71 en 2024, soit une hausse de 66 %. Mais le plus impressionnant reste sans doute le taux de résolution. Près de 90 % des dossiers financiers trouvent une solution amiable et gratuite. La médiation n’est pas un coût pour le système financier. Elle est un investissement dans la confiance. Elle réduit les contentieux. Elle préserve la relation client ».
Selon M. Diallo, les 7 milliards de francs CFA récupérés grâce à la médiation financière ne représentent pas seulement de l’argent restitué. Et Iis représentent 7 milliards de francs CFA de confiance rendus aux citoyens.
« La médiation et l’éducation financières sont souvent perçues comme des sujets secondaires. Elles ne le sont pas », précise-t-il.
M. Mor Diouf, représentant du Ministre des Finances et du Budget, conseiller technique, il estime : «Notre écosystème financier traverse une phase de mutation sans précédent. La digitalisation accélérée des services, l’émergence des FinTech et l’expansion des produits financiers numériques ont permis de bancariser des millions de personnes qui étaient autrefois exclues du système mais également de transformer profondément le quotidien de nos concitoyens et le tissu de nos PME. Cependant, cette dynamique de modernisation ne peut porter ses fruits que si elle repose sur un socle indestructible : la confiance. Sans confiance des usagers envers les institutions financières, il n’y a pas d’inclusion financière durable. Et sans inclusion, il n’y a pas de croissance économique partagée ».
Il souligne que le renforcement de l’inclusion financière se fera par le développement de la culture financière des populations.
Quant à M. Moma Diop, Président du Conseil d’orientation, il avance : « Le constat qui a guidé la création de ces Assises est simple : l’accès aux services financiers a progressé de manière spectaculaire, mais la maturité financière de nos usagers n’a pas suivi le même rythme. Notre ambition à travers ces premières Assises n’est pas seulement de réguler, elle est de rééquilibrer la relation financière. Nous voulons passer d’une finance de guichet à une finance de confiance ».
Il conclut : « Ces Assises doivent être le lieu d’un dialogue franc, sans langue de bois. Nous devons identifier les goulots d’étranglement, fluidifier les canaux de saisine du médiateur et déployer des programmes d’éducation financière innovants, capables de toucher aussi bien l’étudiant branché sur son smartphone que le commerçant ou l’agriculteur en milieu rural ».
Par Massaër DIA



































