Les rideaux du 1er Congrès international de l’Afems sur la santé de la femme africaine sont tombés le vendredi dernier. L’occasion a été saisie par le Pr Ndeye Maréme Sougou pour faire la synthèse de cette activité.
Par Idrissa NIASSY
Les femmes restent sous-représentées dans l’entrepreneuriat sanitaire au Sénégal. Elles soignent, mais dirigent encore trop peu. Malgré leur forte présence dans les professions médicales et paramédicales, elles restent minoritaires à la tête des établissements privés de santé au Sénégal. Selon le Pr Ndeye Maréme Sougou, qui faisait la synthèse du 1er Congrès international de l’Afems sur la santé de la femme africaine, les chiffres de la cartographie nationale du secteur privé de la santé révèlent en effet que sur les 2 754 structures privées de santé recensées à travers le pays, seules 30 % appartiennent à des femmes.
Cette réalité met en lumière un déséquilibre persistant dans un secteur où les femmes constituent pourtant l’essentiel des effectifs dans plusieurs métiers liés aux soins. Si elles sont nombreuses dans les hôpitaux, cliniques, cabinets médicaux et pharmacies, leur accès à la propriété et aux postes de décision demeure limité. « Quand on parle de couverture sanitaire universelle, on parle également de l’offre de couverture de santé dans tout le territoire sénégalais pour une équité des soins et un accès universel aux soins de santé. Aujourd’hui, la part des femmes est encore importante dans cet ordre sanitaire, surtout au niveau privé », a-t-elle déclaré.
Parlant de la santé mentale, cette dernière de faire savoir que c’est une crise silencieuse qui frappe les femmes de plein fouet. Et qu’au Sénégal, 45 % des femmes souffrent de dépression, soit près d’une femme sur deux touchée. Concernant la dépression post-partum, jusqu’à 35 % de femmes sont touchées dans certaines régions du pays, révélant l’ampleur d’un mal souvent méconnu, sous-diagnostiqué et insuffisamment pris en charge.
Les travaux ont également montré que 77,7 % des prestataires femmes rapportent une fatigue mentale. Parlant des violences basées sur le genre, 45 % des femmes vivant en ville, sont en situation d’échec thérapeutique et souvent ont subi une violence. C’est pourquoi, Pr Sougou appelle pour qu’il y ait une interconnexion entre les différents secteurs qui s’occupent des violences basées sur le genre. Concernant les maladies non transmissibles (Mnt) et des cancers féminins, sur 1 197 femmes suivies en communauté via la plateforme PresiCare, 19,3 % sont hypertendues. « L’État doit cautionner le dépistage de proximité, la prise en charge précoce, tout en favorisant la réduction des prix des coûts de soins liés aux maladies non transmissibles afin qu’elle soit effective pour toutes les femmes », a-t-elle souligné lors de cette synthèse où six sessions ont été tenues 50 communications orales rapportées par 228 auteurs et co-auteurs, dont 98 % ont été faites par des femmes. Près de 500 participants venus de 15pays d’Afrique ont pris part à ce Congrès international.
Venu présider la cérémonie de clôture du 1er Congrès international sur la santé de la femme africaine, le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Le Pr Ibrahima Sy, a d’abord salué la mobilisation exceptionnelle qu’il a suscité, avant de prendre des engagements phares qui prennent en compte dans l’axe 2 de la Vision 2050 et de la Stratégie nationale de développement 2025-2029. « Cette stratégie consiste à mettre en place un mécanisme catalytique permettant d’enrôler des femmes en âge de procréer pour la protection financière de la Couverture Sanitaire Universelle, de structurer un partenariat porté par les femmes médecins de notre pays, d’intégrer la santé mentale dans les soins primaires et dans le suivi de la santé maternelle, et renforcer le dépistage communautaire des maladies non transmissibles », a-t-il déclaré.































