La qualité des politiques de santé est directement liée à la fiabilité des données. Pourtant, au Sénégal, la rétention prolongée des informations sanitaires continue de fragiliser le système national d’information.
Par Idrissa NIASSY
Selon la Directrice de cabinet du ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Dr Ndeye Maguette Ndiaye, la rétention prolongée des données sanitaires fait partie des facteurs compromettant la qualité de notre système d’information sanitaire. C’est un dysfonctionnement, constate-t-elle, qui compromet la surveillance épidémiologique, la planification des interventions et la prise de décision. « Parfois, les informations relatives aux activités courantes ne parviennent au système national avec des délais inacceptables avec beaucoup de retard, parfois plusieurs mois, parfois jamais », déplore-t-elle. Avant d’ajouter : « ces dysfonctionnements faussent les analyses, massent les émissions de faillite pour une désespérance d’orientation pratique, déprimant exclusivement les populations ». Dr Ndeye Maguette Ndiaye présidait hier, à Dakar, la cérémonie d’ouverture de la Journée nationale de partage des performances en matière de gestion des données sanitaires.
Cette rencontre a pour objectif de promouvoir l’amélioration continue des performances des districts sanitaires en renforçant le partage des résultats et des expériences. Pour elle, la transmission régulière de données sanitaires est non seulement un impératif républicain, mais une obligation légale et une responsabilité éthique à l’égard de chaque citoyen et de chaque citoyenne de notre pays. « Sans données fiables, complètes et transmises à temps, il devient difficile de mesurer l’évolution des maladies, d’anticiper les crises sanitaires ou encore d’allouer efficacement les ressources disponibles », précise-t-elle.
Au-delà de la simple collecte de statistiques, les données sanitaires constituent aujourd’hui un véritable outil de gouvernance. Elles orientent les politiques publiques, permettent d’évaluer les performances des programmes de santé et facilitent les réponses aux urgences épidémiques. « Leur rétention ou leur transmission tardive prive ainsi les décideurs d’informations essentielles au moment où elles sont le plus nécessaires », renseigne-t-elle. La Directrice de cabinet du ministre de la Santé a fait part, par ailleurs, que la disponibilité, à temps réel, la qualité et l’utilisation effective des données sanitaires ne sont pas de simples exigences administratives et techniques. Elles constituent le centre fondamental à chaque échelon de notre pyramide sanitaire.
« Sans données fiables, la clarification relève de la conjoncture. Avec des données de qualité, la gouvernance devient une science exactes permettra d’allouer nos précieuses ressources de manière équitable, efficiente et inclusive », a-t-elle fait savoir. La mise en place d’une plateforme digitale a permis aujourd’hui d’avoir une visibilité transversale sur l’ensemble de des 14 Directions régionales de la santé et des districts sanitaires. Ce que confirme d’ailleurs, l’analyse judicieuse des données collectées entre 2022 et le 1er semestre de cette année 2026. Cette analyse révèle des progrès substantiels dans plusieurs districts sanitaires du Sénégal. Selon Dr Ndeye Maguette Ndiaye, ces résultats encourageants sont le fruit du travail primordial et souvent silencieux de nos personnels de santé et de nos gestionnaires de données. Toutefois, alerte-t-elle, la redevabilité nous impose à avoir de la critique sur la gestion des données. Les disparités persistantes consistent d’une région à une autre.
Prenant la parole au nom des Partenaires techniques et financiers (Ptf), Dr Michel N’da Konan Yao, a d’abord félicité le gouvernement du Sénégal du Sénégal pour les efforts soutenus qu’il déploie en faveur du renforcement du système de santé et de la transformation de l’assurance publique, tout en saluant le leadership du ministère de la Santé. Qui appelle à faire du système d’information sanitaire un levier stratégique de performance, de redevabilité et d’amélioration continue des services de santé.
Selon lui, le Sénégal, à travers cet exercice de partage des expériences, réaffirme son engagement en faveur d’une « culture de la transparence, de l’apprentissage collectif et de la prise de décisions fondées sur des évidences ». « La disponibilité de données de qualité, complètes, fiables, accessibles à temps, utilisables et utilisées à temps, constitue un impératif », a-t-il déclaré. Selon lui, ces données ne représentent pas un point de chiffre ou des indicateurs de suivi. « Elles constituent un véritable outil de gouvernance, permettent d’identifier les besoins de la population, de mesurer le progrès, de détecter les inégalités territoriales, de nouer plus efficacement les ressources et d’orienter les politiques publiques vers les résultats les plus porteurs d’impact », a-t-il conclu.




































