« Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre d’année », serait-on tenté d’attribuer au tout nouveau ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Alpha Thiam. Sauf que, lui, n’a pas choisi la facilité. Au lieu de s’approprier de l’héritage bâtit par son père, un homme politique qui fut proche du pouvoir d’Abdoulaye Wade, il décide de tracer son propre chemin. Un travail qui a porté ses fruits aujourd’hui. Allié de la coalition présidentielle, Alpha Thiam entre dans le nouveau gouvernement du Président Basssirou Diomaye Faye, après avoir fait ses preuves à l’ADPME.
Portrait…
Alpha Thiam ! Ce nom avait décoré les murs de la capitale sénégalaise durant la période de déclaration des candidatures à l’élection présidentielle de 2024. Encore méconnu du grand public, son nom était déjà sur toutes les lèvres. Grâce à la magie des réseaux sociaux, il cristallise l’attention. Mais cela ne suffira pas pour atteindre le nombre de parrains requis pour valider sa candidature à la présidentielle.
Ayant certainement eu le bon flaire, il rejoint la coalition Diomaye Président. Un choix qui le propulse dans l’administration étatique sans se targuer d’être le « fils de ». Car, oui, Alpha Thiam est le fils d’un ancien ministre du régime Wade, notamment Khouraichi Thiam.
Alpha Thiam lui, a décidé de tracer son propre chemin en créant le parti « Force Nouvelle ». Ses efforts seront concluants, car il sera nommé directeur général de l’ADPME dès septembre 2025. Environ neuf (9) mois plus tard, il remplace Amadou Ba au ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme dans le gouvernement Ahmad Al Aminou Mohamed Lo.
Une nouvelle mission au département de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme
Pour cette nouvelle mission, le ministre Alpha Thiam a un objectif clair : « Notre ambition est de faire du Sénégal une puissance africaine et internationale en matière de tourisme, d’industries culturelles et créatives dynamiques, et d’artisanat compétitif, innovant et créateur d’emplois », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de passation de service au ministère de l’Artisanat et du Tourisme. Selon lui, Cette ambition ne sera possible que « si nous avançons ensemble, avec méthode, avec rigueur et avec une vision partagée ».
Sa méthode reposera quatre mots : « Écouter. Co-construire. Agir. Évaluer. ».
Pour ce qui concerne l’écoute M. Thiam dira que « qu’elle ne sera pas une formalité institutionnelle ». « Elle sera le fondement même de notre gouvernance », affirme-t-il. En effet, indique le ministre, aucune transformation durable ne peut être réussie sans l’adhésion de ceux qui en sont les premiers acteurs. « Les concertations, les cadres de dialogue et les États généraux de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme devront ainsi constituer le point de départ d’un nouveau pacte entre l’État et les acteurs de nos secteurs », a-t-il déclaré. Mais, soutient M. Thiam, « l’écoute n’a de valeur que si elle débouche sur des décisions, des actions concrètes et des résultats mesurables ».
Ensuite dit-il, les défis qui les attendent, notamment Moderniser l’offre touristique, professionnaliser les industries culturelles et créatives, structurer l’artisanat, améliorer l’accès au financement, développer les infrastructures, valoriser notre patrimoine, renforcer la formation, intégrer le numérique et répondre aux enjeux environnementaux ; exigent une mobilisation collective. « L’État seul ne pourra pas les relever. Le secteur privé seul ne pourra pas les relever. Les collectivités territoriales seules ne pourront pas les relever. La réussite passera par une alliance forte entre les pouvoirs publics, les territoires, les professionnels, les investisseurs, les partenaires techniques et financiers, la diaspora et l’ensemble des forces vives de la Nation », a-t-il indiqué.
« Notre boussole sera simple : des résultats visibles, des impacts durables, une transformation réelle »
Pour « agir, avec méthode et rigueur », Alpha Thiam estime que le temps de la planification doit désormais se traduire par le temps de l’exécution. « Nous voulons développer des destinations touristiques compétitives, attractives et durables. Nous voulons faire émerger des pôles territoriaux intégrés associant tourisme, culture, artisanat, patrimoine, gastronomie, numérique et économie créative. Nous voulons renforcer les infrastructures culturelles, soutenir la création artistique, encourager l’innovation et faciliter la diffusion des œuvres. Nous voulons faire de l’artisanat sénégalais un secteur moderne, structuré, formalisé et pleinement intégré aux chaînes de valeur nationales et internationales. Nous voulons favoriser l’investissement privé, les partenariats public-privé et les mécanismes innovants de financement. Nous voulons accélérer la digitalisation des services et la modernisation de la gouvernance sectorielle. Nous voulons surtout créer davantage d’opportunités pour les jeunes et les femmes dans l’ensemble de nos filières », a-t-il fait savoir expliquant que derrière chaque politique publique, il y a des vies à transformer, des emplois à créer, des territoires à développer et des talents à révéler.
Enfin, déclare le nouveau ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme : « nous devons inscrire notre action dans une culture de la performance, de la transparence et de la redevabilité ». Il souligne que chaque programme devra avoir des objectifs clairs ; chaque action devra être suivie ; chaque investissement devra produire un impact mesurable ; chaque acteur devra pouvoir apprécier les résultats obtenus.
« Notre boussole sera simple : des résultats visibles, des impacts durables, une transformation réelle », a laissé entendre le ministre Alpha Thiam.
Alpha Thiam est juriste de formation et spécialiste du management des ressources humaines. Il a effectué l’essentiel de sa carrière dans le secteur des télécommunications avant de rejoindre l’administration publique.
Parcours professionnel
Juriste de formation, Alpha Thiam a auparavant travaillé en tant que juriste et contrôleur de gestion dans plusieurs projets avant d’intégrer le groupe Sonatel Orange en 2004. Il a été en détachement au Bénin chez l’opérateur national SBIN. Il est connu comme est expert en Ressources Humaines International, fiscaliste. Alpha Thiam a également eu à fréquenter en France l’universités Panthéon Sorbonne.
Par Dieynaba TANDIANG
































