Monsieur le Président Bassirou Diomaye Faye l’a dit à Accra, avec la clarté et la hauteur de vue qui caractérisent son engagement : « La justice réparatrice ne doit pas être perçue comme une démarche tournée contre quiconque. Elle participe, au contraire, à la construction d’un ordre international plus juste, plus équilibré, plus humain ».
Cette phrase résume l’âme de la position sénégalaise. Nous ne venons pas au Ghana pour accuser, pour diviser, pour raviver les fractures. Nous venons pour réparer ce qui peut l’être, pour reconstruire les ponts durablement fragilisés par l’histoire. Parce que, comme l’a rappelé le Président, « il ne s’agit pas de raviver les fractures du passé mais d’empêcher qu’elles ne continuent silencieusement à produire leur effet dans le présent » .
Le Sénégal, artisan de la résolution historique de l’ONU
Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution historique qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage racialisé des Africains de « crime le plus grave contre l’humanité » . Cette résolution, portée par le Ghana, a été activement co-parrainée par le Sénégal, qui a joué un rôle déterminant dans son adoption. 123 pays ont voté pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 se sont abstenus.
Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué cette « avancée majeure pour la conscience universelle ». Mais il a immédiatement posé le véritable enjeu : « Cette résolution ne doit pas demeurer un symbole, elle doit ouvrir une nouvelle étape fondée sur la vérité, la mémoire, la justice et la responsabilité partagée ».
À Accra, le Sénégal plaide pour des actes concrets
La Conférence consultative de haut niveau d’Accra, qui se tient du 17 au 19 juin 2026, marque donc une étape cruciale : celle du passage de la reconnaissance symbolique à l’action concrète. Le Président Bassirou Diomaye Faye y est l’avocat de cette justice réparatrice. Il porte la voix du Sénégal et de l’Afrique pour exiger que la résolution de mars 2026 ne reste pas une promesse, mais ouvre la voie à des mécanismes opérationnels.
Car notre responsabilité aujourd’hui, a martelé le Chef de l’État, est de « faire vivre cette mémoire à travers des actions concrètes, des actions qui raccrochent les peuples, des actions qui parlent à la jeunesse, aux artistes, aux intellectuels et à la société civile ». Le temps des déclarations est révolu. Place aux actes.
Pour le Sénégal, la question des réparations ne saurait se réduire à une dimension économique. Elle comporte des dimensions historiques, humaines, culturelles et mémorielles. Elle implique, comme l’a souligné le Président, « la reconnaissance des vérités historiques, la restauration des dignités, la restitution des biens culturels africains et la transmission fidèle de cette mémoire aux jeunes générations ».
L’approche sénégalaise est donc claire : une exigence de vérité historique, une lucidité sur les complexités du passé, et une détermination à transformer la reconnaissance en actions concrètes. Nous ne fabriquons pas des innocences collectives, nous ne cédons ni aux postures victimaire ni au symbolisme vide. Nous portons une vision : celle d’un ordre international rééquilibré, plus juste, plus humain.
Monsieur le Président a conclu son propos sur une note d’espérance : la conférence d’Accra doit marquer « une étape dans notre voyage collectif vers la justice, la dignité et un avenir partagé » . Le Sénégal sera à ce rendez-vous de l’histoire. Fidèle à sa tradition d’enracinement dans l’ouverture. Ferme sur ses principes. Lucide sur les défis. Et résolu à agir.
Abdoulaye TINE
Ministre Conseiller
Porte-parole de la Présidence de la République.

































