Lors d’une conférence de presse, le parti de Macky Sall dénonce la « faillite » du régime et appelle l’opposition à s’unir et envisager l’après Pastef.
L’Alliance pour la République (APR) a ouvert la voie à l’après Pastef. Réunie ce mercredi en conférence de presse sur la situation nationale, la formation de Macky Sall a dressé un réquisitoire contre la gestion du pays, tout en appelant l’opposition à bâtir « un puissant bloc » pour « combattre, puis battre le pouvoir ». Selon elle, « pendant que le pouvoir se dispute, le pays attend ».
L’APR a d’abord pointé les relations heurtées entre l’Exécutif et le Législatif, qu’elle fait remonter à l’installation controversée d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale. Pour le parti de Macky Sall, l’examen de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 en a été la preuve : rejeté en commission, le projet a été renvoyé le 27 octobre devant la Commission des finances, à la demande du Gouvernement.
Tout en reconnaissant au Parlement le droit d’amender ou de rejeter un texte, le parti s’étonne que ces divergences opposent des responsables « qui ont porté ensemble le même projet politique ». Il reproche au Pastef de contester des orientations budgétaires dont son chef serait lui-même l’auteur, à travers la loi de finances initiale et le Plan de redressement économique et social (PRES). « L’indignation d’aujourd’hui ne saurait effacer les responsabilités d’hier », a-t-il martelé.
Des chiffres jugés « alarmants »
Sur le plan économique, l’APR s’appuie sur les données de la LFR :
– des recettes revues à la baisse de 340,1 milliards de FCFA ;
– des dépenses en hausse de 150 milliards ;
– un déficit budgétaire passant de 5,4 % à 7,6 % du PIB ;
– une croissance ramenée de 5 % à 2,7 % ;
– des investissements publics réduits de 555 milliards ;
– des subventions énergétiques passant de 250 à 790,3 milliards.
Le parti y voit une remise en cause de la crédibilité du PRES, dont il avait déjà contesté les hypothèses.
Il s’inquiète aussi de la dette intérieure, évaluée par le Gouvernement à près de 1 956 milliards de FCFA d’arriérés, dont 300 milliards doivent être apurés, et réclame un calendrier crédible de paiement, notamment pour les PME.
Sur le FMI, l’APR « prend acte » des avancées, mais rappelle qu’un accord au niveau des services n’équivaut pas à un programme approuvé.
Le parti a aussi évoqué les coupures d’électricité, les perturbations dans la distribution des produits pétroliers et la hausse des prix des carburants en août 2026. Elle demande au Gouvernement d’expliciter sa stratégie de sécurisation de l’approvisionnement et le fonctionnement des subventions ciblées annoncées.
Sept exigences et l’hypothèse des urnes
L’APR a formulé sept demandes : la clarification de la trajectoire budgétaire et du programme avec le FMI, la protection du pouvoir d’achat, la sécurisation énergétique, un calendrier de règlement de la dette intérieure, le respect des accords sociaux, l’amélioration du fonctionnement des écoles et des structures sanitaires, et la publication d’un calendrier électoral transparent.
Sur le plan institutionnel, le parti estime que si les contradictions au sommet menaient à une « impasse durable », un retour aux urnes pourrait être examiné dans les conditions prévues par la Constitution, sans dispenser pour autant les autorités de répondre aux urgences économiques et sociales.
L’après Pastef en ligne de mire
Évoquant une « faillite totale du régime Pastef », l’APR a lancé un appel solennel à l’opposition et aux forces vives de la nation. Elle a réaffirmé son soutien à la coalition Takku Wallu Sénégal et son engagement envers le FDR, et salué les forces qui, à l’image d’Idrissa Seck, se mobilisent contre le pouvoir.
Sous le leadership de Macky Sall, le parti poursuit sa réorganisation et dit préparer une alternative crédible pour 2029, fondée sur un projet « rénové », son expérience gouvernementale et son ancrage territorial. « Le Sénégal mérite mieux que les querelles de ses dirigeants », a conclu l’APR.
Par Dieynaba TANDIANG


































