« Respect aux citoyens qui, quoique souvent déçus par ceux qu’ils élisent, ne renoncent jamais pour autant à l’exercice de leur droit de suffrage. »
Le peuple sénégalais continuera-t-il, par espoir et par affection, à s’attacher aux régimes qu’il porte au pouvoir, avant de s’en détourner, ou saura-t-il davantage fonder ses choix sur des critères objectifs ? Serait-il condamné à choisir entre le duo du désespoir et les représentants du système, que l’on retrouve jusque dans les rangs de chaque camp politique ?
La véritable solution ne consiste pas simplement à se débarrasser d’un pouvoir usé, mais à rompre avec les pratiques qui ont conduit aux mêmes désillusions. L’enjeu est de promouvoir des patriotes sincères, compétents et désintéressés, capables de placer l’intérêt général au-dessus des ambitions personnelles et des calculs politiciens. Car l’alternance n’a véritablement de sens que si elle s’accompagne d’une véritable alternative.
Notre pays regorge de personnalités de valeur, issues de divers secteurs socioprofessionnels, qui disposent des compétences, de l’expérience et de l’intégrité nécessaires pour contribuer à sa transformation. Il serait donc regrettable de réduire le choix des futurs dirigeants à un cercle restreint de personnalités traditionnellement privilégiées en raison de leur formation, de leur parcours ou de leur position dans les sphères les plus favorisées de l’administration.
Le Sénégal a besoin de renouveler non seulement ses dirigeants, mais aussi les critères de sélection de ses élites politiques. La compétence ne se résume pas aux titres, l’expérience ne se mesure pas uniquement au rang occupé et le patriotisme ne se proclame pas : il se démontre par les actes, le sens du sacrifice et le respect de l’intérêt général.
Le véritable changement ne viendra donc pas nécessairement de ceux qui aspirent à remplacer les détenteurs du pouvoir, mais de celles et ceux qui sont capables de rompre avec les pratiques du passé pour bâtir un avenir différent.
Car le véritable enjeu démocratique n’est pas seulement de savoir qui le peuple choisit, mais aussi sur quels critères il fonde son choix. Une alternance qui reproduit les mêmes pratiques ne constitue qu’un changement de dirigeants, et non une transformation du système.
Ndiaga SYLLA
































