Le Collectif Rappel interpelle les autorités et le pôle judiciaire financier sur le sort du dossier de la subvention du matériel agricole. Dans un communiqué publié ce jeudi, l’organisation dit redouter que cette affaire soit reléguée au second plan, voire « rangée dans les tiroirs », alors que le rapport de la Cour des comptes y relève des manquements administratifs majeurs.
Une lettre circulaire et 2 milliards de FCFA au cœur des interrogations
Le Collectif estime que deux éléments sont à éclaircir : une lettre circulaire et une somme de 2 milliards de FCFA, citées dans le cadre de ce dossier de subvention. Il s’interroge sur les conditions dans lesquelles les fonds destinés au matériel agricole ont été logés dans un compte bancaire, plutôt que versés directement au Trésor public. Selon lui, cette situation appelle des explications précises sur le circuit financier, les procédures suivies et les éventuelles responsabilités.
Le Collectif juge « inacceptable » que des questions touchant à la gestion des deniers publics restent sans éclaircissement, alors que l’actualité nationale est régulièrement occupée par d’autres affaires. « La transparence et la reddition des comptes ne peuvent être sélectives », affirme-t-il, estimant qu’aucun dossier soulevant des interrogations sur l’usage de l’argent public ne doit échapper à l’examen des autorités compétentes.
Au-delà des sommes en jeu, l’organisation estime que c’est le respect des règles de gestion des finances publiques qui est en cause. Les observations de la Cour des comptes ne sauraient, selon elle, être traitées comme de simples formalités : elles doivent donner lieu à des vérifications approfondies, « dans le respect des procédures légales et des droits des personnes concernées ».
Le Collectif demande par conséquent aux autorités compétentes et au pôle judiciaire chargé des dossiers économiques et financiers de faire toute la lumière sur l’affaire et de préciser les suites réservées aux observations de la Cour des comptes ; de communiquer sur l’état d’avancement du dossier ; d’établir les responsabilités éventuelles et d’engager, le cas échéant, les suites prévues par la loi.
Le Collectif réclame enfin la garantie que le dossier ne fera l’objet « d’aucun traitement de faveur ni d’aucun enterrement silencieux ».
Alors ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, Mabouba Diagne avait assuré n’être mêlé ni de près ni de loin à ce dossier du programme agricole Intermaq. Il avait en effet, affirmé que ce programme aurait avant son arrivée dans ce département en 2024.
Il avait d’ailleurs menacé de porter plainte contre les médias qui avaient cité le pré-rapport de la Cour des comptes, qui affirmait que la convention entre La Banque agricole (Lba) et le ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural pour le financement du matériel agricole datait de 2018, et a été renouvelé par le nouveau ministre, en l’occurrence Mabouba Diagne, et Lba le 2 juillet 2024.
Les médias avaient fait état de la circulaire 01258, qui aurait été signée par le ministre Mabouba Diagne, en charge de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage, en date du 19 septembre 2024, et adressée aux gouverneurs. Dans ce document, le ministre auait écrit : «Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Intermaq 2012 SL, je vous informe que mon département a mis en place le Compte SNO48 01001 000111202401 67 désigné pour le versement de l’apport des bénéficiaires représentant la contrepartie de la subvention du matériel agricole ».
Par Ibrahima DIOP




































