C’est la question que pose le Collectif Sunu 37 Milliards à l’ancien directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Dans un communiqué, le Collectif s’étonne de voir Jean-Michel Sène monter «systématiquement » au créneau pour expliquer la position de l’entreprise espagnole AEE Power EPC, dont « José » est le patron, alors qu’elle est en conflit avec l’État du Sénégal.
Pour le Collectif, la responsabilité première de l’ancien patron de l’ASER était de protéger les intérêts du pays et de veiller à la bonne exécution du projet. Il s’interroge donc sur les motivations de cette posture, et demande quels intérêts expliqueraient que celui qui représentait l’État semble davantage préoccupé par ceux de l’entreprise.
Dans une déclaration publiée mardi, Jean-Michel Sène a affirmait que la plainte déposée en Espagne par Thierno Alassane Sall et ses collaborateurs avait été classée sans suite. Il soutenait que les 37 milliards de F CFA d’avance avaient bien été crédités sur le compte d’AEE Power EPC, qu’aucune irrégularité n’avait été relevée et qu’aucun élément ne caractérisait un détournement. Il ajoutait que ces avances étaient couvertes par des garanties financières permettant à l’État d’en obtenir le remboursement si nécessaire.
C’est précisément cette référence aux garanties que le Collectif retourne contre lui. Il en prend acte et demande à l’État d’exiger leur mobilisation, évoquant un montant de 40 milliards, afin de lancer enfin le programme d’électrification rurale. Il appelle aussi le Pôle judiciaire financier (PJF), qui avait annoncé une information judiciaire assortie d’une commission rogatoire internationale, à entendre toutes les personnes concernées et à retracer les flux financiers.
Par Ibrahima DIOP






































