Le Fonds de Développement de la microfinance islamique organise pour deux jours (les 14 et 15 Avril 2026) une session de formation sur la finance islamique à l’intention des membres du Collectif des Journalistes économiques du Sénégal.
Dr. Abdou Karim Diaw, administrateur général du Fonds de développement de la microfinance islamique (FDMI), souligne : « La tenue de cette session revêt un caractère particulier, car elle est organisée en prélude à la cérémonie de lancement officiel du FDMI, prévue le 21 avril 2026.Comme vous le savez, le FDMI est le premier fonds national dédié à la microfinance islamique en Afrique de l’Ouest. Sa mise en place marque une étape importante dans la structuration de l’écosystème de la finance islamique au Sénégal ».
Il estime que le FDMI assure désormais la gestion du Programme de Développement de la Microfinance islamique (PROMISE), fruit du partenariat stratégique entre l’État du Sénégal et la Banque Islamique de Développement. Selon lui, le FDMI se positionne comme un fonds public catalyseur, dont la vocation est de générer un impact socio-économique durable. Et il a pour mission de : mobiliser, structurer et orienter des ressources financières conformes à la finance islamique ; les canaliser vers des institutions de microfinance partenaires, chargées de la distribution, du suivi des financements et de la relation avec les bénéficiaires finaux, notamment les PME et les acteurs de l’économie sociale et solidaire.
« La Stratégie Nationale de Développement (SND) 2025-2030 a clairement identifié la finance islamique comme une finance innovante, appelée à : contribuer à la mobilisation de ressources ; renforcer l’inclusion financière et participer activement au financement de l’économie nationale. En tant que professionnels de l’information économique, vous êtes en effet les mieux placés pour : informer avec rigueur ; vulgariser les concepts ; et sensibiliser les populations sur les opportunités offertes par la finance islamique. Toutefois, cette mission exige une bonne maîtrise de ses principes distinctifs, de ses instruments et de son modèle d’affaires, d’où toute la pertinence de la session qui nous réunit aujourd’hui », souligne M. Diaw.
Il conclut : « Je voudrais, à cet instant, saluer le partenariat entre le FDMI et le Collectif des Journalistes Économiques du Sénégal (COJES), qui a permis l’organisation de cette importante activité. Je tiens également à renouveler les remerciements du FDMI à l’équipe dirigeante du COJES ainsi qu’à l’ensemble de ses membres, pour leur engagement et leur professionnalisme. Je forme le vœu que cette session soit pour vous une opportunité d’apprentissage, d’échanges et d’enrichissement mutuel, afin de mieux appréhender les enjeux et les mécanismes de la finance islamique ».
M. Dialigué Faye, coordonnateur du COJES, affirme : «Dans un contexte où le Sénégal cherche à renforcer l’inclusion financière et à diversifier ses instruments économiques, la compréhension de la finance islamique n’est plus un luxe : c’est une nécessité. La finance islamique n’est plus un sujet de niche. Au Sénégal, où plus de 95 % de la population est de confession musulmane, nous croyons savoir que cette finance éthique, fondée sur le partage des profits et des pertes, et l’interdiction du riba (intérêt), représente un levier stratégique pour l’inclusion financière ».
En tant que journalistes économiques, nous avons la responsabilité d’informer, d’éclairer et d’éduquer le public sur les modèles alternatifs qui contribuent à un développement plus juste, plus éthique et plus solidaire. Mais pour bien expliquer, il faut d’abord bien comprendre.
C’est tout l’intérêt de cette journée : nous donner les outils, les concepts et les repères nécessaires pour traiter ce sujet avec rigueur et pédagogie.
M. Cheikh Oumar Ndiaye du Fonds de développement de la microfinance islamique au Sénégal souligne : « Je pense qu’actuellement, si nous considérons l’évolution de la finance islamique sur le marché mondial, en Afrique et notamment au Sénégal, on se rend compte que toutes les opportunités ne sont pas encore exploitées à fond. Par voie de conséquence, il y a des enjeux. Le premier enjeu, c’est de faire en sorte que le dispositif ou le cadre réglementaire soit adapté afin d’attirer le maximum de capitaux ».
Et M. Ndiaye de rajouter : « La finance islamique c’est une technique de financement qui repose sur le droit musulman dans sa globalité. Ce droit met en relief certains principes qu’il faut respecter et inclure dans la rédaction des contrats de ces institutions, en l’occurrence le fait d’éviter toute incertitude, toute spéculation, le riba (intérêt), et de respecter certains secteurs jugés « illicites » ou ne rentrant pas dans le cadre des principes de la charia ».
Il conclut : « Le commerce électronique, quant à lui, apparaît d’abord comme un outil utilisable dans l’industrie de la finance islamique. Il constitue une opportunité pour optimiser les transactions commerciales. Aujourd’hui, on peut être à Dakar et interagir avec des partenaires en Chine, aux États-Unis, en Angleterre, etc. Cela permet d’optimiser les coûts et d’impacter positivement les marges. Par conséquent, le commerce électronique est une opportunité pour la finance islamique. Il permet à un acteur d’identifier un produit à distance, d’établir une relation de confiance avec son interlocuteur et de formaliser un contrat d’achat et de revente ».
Par Massaër DIA































