Près de 10 000 cas de violences sexuelles liées aux conflits ont été recensés dans le monde l’année dernière, soit plus du double du chiffre de l’année précédente, alors que le viol, l’esclavage sexuel et les enlèvements ont été utilisés comme armes de guerre en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe et dans les Caraïbes.
Par Idrissa NIASSY
Les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre continuent de prendre une ampleur alarmante à travers le monde. Selon le nouveau rapport des Nations Unies publiées il y a quelques jours, près de 10 000 cas de violences sexuelles liées aux conflits ont été enregistrés en 2025, un chiffre qui illustre l’aggravation d’une crise humanitaire souvent sous-documentée mais aux conséquences dévastatrices pour les victimes et les communautés entières.
Selon le rapport, en 2025, les cas documentés de violences sexuelles utilisées comme tactique de guerre, de torture, de terrorisme et de répression politique, caractérisés par une brutalité extrême et visant de manière écrasante les femmes et les filles, ont augmenté de manière spectaculaire. Ces deux couches demeurent les principales cibles de ces atrocités, représentant plus de 90 % des victimes recensées. Ce qui a poussé l’Onu à tirer la sonnette d’alarme sur l’augmentation inquiétante des violences commises contre les enfants, dont certains ne sont âgés que de quelques années. 9 788 cas de violences sexuelles liées aux conflits ont été recensés par le rapport en 2025. Toutefois, ce chiffre ne reflétait pas la réalité brutale, selon Mme Patten.
Parmi les pays les plus touchés figurent notamment la République démocratique du Congo (Rdc), la République centrafricaine, Haïti, la Somalie et le Soudan du Sud. Dans plusieurs de ces zones, les violences sexuelles sont utilisées de manière systématique pour terroriser les populations civiles, détruire le tissu social et renforcer le contrôle des groupes armés sur les territoires contestés.
Le document fait également état de viols, de viols collectifs, d’esclavage sexuel, de mariages forcés, de traite et d’enlèvements commis tant par des acteurs étatiques que non étatiques dans 21 pays touchés par des conflits. Les hommes et les garçons sont aussi victimes de violences sexuelles, souvent en détention et à titre de torture. Les personnes LGBTQI+ ont également été exposées à un risque accru de persécution et de harcèlement ciblés. Selon le rapport, l’âge des victimes allait de 1 à 70 ans dont des cas impliquant des personnes handicapées. Pour Mme Patten, Représentante spéciale de l’Onu, ces violences s’accompagnaient fréquemment de violences physiques extrêmes, notamment des meurtres après un viol et des cas de suicide parmi les survivants. « Au fond, ce rapport traite de la souffrance humaine de tous ces survivants et de ces communautés vivant dans l’ombre de la guerre », a-t-elle détaillé. L’enquête souligne que les groupes armés non étatiques, y compris les groupes criminels organisés, continuent de recourir à la violence sexuelle pour exercer leur contrôle sur les communautés et les territoires, notamment dans les zones riches en ressources naturelles. Les femmes et les filles déplacées ou réfugiées sont exposées à des risques accrus, en particulier dans les zones reculées et frontalières où les réseaux de soutien se sont effondrés.
Selon les conclusions du rapport, la disponibilité généralisée des armes légères continue également d’alimenter la violence sexuelle dans de nombreux conflits. Parallèlement, les restrictions à l’accès humanitaire, l’insécurité et le manque de financement rendaient plus difficile la documentation des abus et l’aide aux survivantes.

































